RDC : CIDDHOPE appelle à la protection des pêcheurs du lac Edouard contre les exactions de l’armée ougandaise !

Lubero, le 9 juillet 2018 – Le CIDDHOPE a appelé les ministres de la Défense nationale et anciens combattants, de la Justice et garde des sceaux, des Droits humains ainsi que le gouverneur de la province du Nord-Kivu à ne ménager aucun effort pour protéger les pêcheurs congolais œuvrant sur le lac Edouard contre les exactions de l’armée ougandaise. Ces congolais sont victimes des meurtres sélectifs, arrestations arbitraires et détentions illégales, extorsions et autres exactions de l’armée ougandaise.

Dans un communiqué officiel, le CIDDHOPE exhorte le ministre des Affaires étrangères et coopération régionale à saisir les instances internationales afin qu’une enquête internationale prompte, indépendante et impartiale soit vite diligentée sur les lieux des crimes. Pour cette structure, les victimes et/ou leurs ayant-droits doivent trouver réparation à l’issue des mécanismes de résolution des conflits internationaux.

En ce qui concerne les recommandations, le CIDDHOPE invite les ministres de la Défense nationale de la RDC et le gouverneur du Nord-Kivu à agir urgemment pour avoir un entretien constructif avec leurs homologues ougandais en insistant sur le principe d’inviolabilité des frontières des États et exiger des garanties de non répétition.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale devrait, quant à lui, saisir les instances internationales afin qu’une enquête internationale prompte, indépendante et impartiale soit vite diligentée sur les lieux des crimes.

Le CIDDHOPE invite les populations riveraines à briser le silence au lieu de subir impuissamment les actes de vandalisme de porteurs d’armes ; et, à dénoncer sans cesse tous mouvements ou/et personnes suspectes auprès des autorités compétentes.

Revenant aux faits, cette organisation rapporte qu’en date du 5 juillet 2018, vers 9 heures du matin, des éléments de la marine ougandaise avaient franchi la frontière congolo-ougandaise, sans aucune autorisation préalable, aux larges du Lac Edouard et à plus ou moins 70 km de la frontière dans les eaux de la RDC non loin de la rivière ISHANGO.

Des militaires précités ont procédé aux arrestations massive des pêcheurs congolais. Il ont aussi  illégalement saisi des poissons, des pirogues et autres matériels de pêche appartenant aux pêcheurs congolais. Certains témoins de ces actes déplorables ont rapporté les faits aux militaires des FARDC basés dans le village de KYAVINYONGE.  C’est ainsi que ces derniers ont été saisi de la situation.

“Des militaires de la Force marine ougandaise qui se trouvaient à bord d’un canoë rapide et qui escortaient des pêcheurs congolais arrêtés ainsi que leurs matériels illégalement saisis vers les eaux territoriales ougandaises ont ouvert le feu sur les militaires des FARDC. En riposte, les FARDC ont lancé une roquette sur ce canoë rapide de la marine ougandaise. Le bilan provisoire fait état de deux blessés du coté congolais – dont un militaire et un civil qui les conduisaient. Du côté militaires Ougandais – il y aurait eu 7 morts et deux armes récupérées par les éléments des FARDC”, indique le CIDDHOPE.

Comme si cela ne suffisait pas, déplore la société civile, des militaires ougandais sont revenus, à deux reprises, au large du lac Edouard, dans les soirées du 6 et 7 juillet 2018. Et ils ont tiré, à balles réelles sur des congolais qui y pratiquaient la pêche. D’après des sources locales, au moins une dizaine de pécheurs congolais ont été tué avant de jeter leurs corps dans les eaux du lac.

Le CIDDHOPE se dit sidéré de constater que la sacro-sainte d’obligation de s’abstenir de diriger des attaques directes contre les civils sonne creux dans les oreilles des éléments de l’armée ougandaise. Les faits commis par eux pourraient constituer des crimes de guerre.

Les faits se sont passés au sud-est aux larges du lac Edouard dans une partie appelée KAGEZI dans les eaux territoriales de la RDC à environ de 15 km de la frontière congolo-ougandaise. Et ISHANGO est l’une des sous-station de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) située au nord-ouest du Lac Edouard en territoire de Beni.

Actuellement, insiste le CIDDHOPE, des pêcheurs œuvrant sur lac Edouard viennent de suspendre les activités de pêche sur le lac Edouard jusqu’à nouvel ordre craignant pour leurs vies.

SYC

RDC : CNRJ condamne les braquages et appelle les autorités à mieux protéger les populations de Masisi

Goma, le 29 Juin 2018 – Le CNRJ-RDC est consterné par la répétition de cas de braquage sur les différentes routes du Nord-Kivu en général et celles du territoire de Masisi en particulier, et regrette que rien ne soit entrepris par les autorités afin de mettre un terme à ce système qui empêche de plus en plus la libre circulation des personnes et des leurs biens.

Au moins deux ONG internationales ont été victimes du braquage en pleine mission dans le territoire de Masisi au cours de ce mois de juin. Il s’agit de MSF-Belgique, en date du 12 juin sur la route Loashi-Nyabiondo, et WHH/AAA (Welthungerhilfe/Agro Action Allemande), en date du 28 juin 2018 à Kimoka, plus ou moins 3 km de Sake.

Sur la route entre Kitshanga et Mweso, le CNRJ enregistre chaque semaine plusieurs cas de braquage notamment à Tebero, Rugarama et Karton.

« Nous étions à une distance de moins de 500m de Kitshanga, lorsque 4 hommes armés, ont arrêté le conducteur de notre moto, ils nous ont ensuite forcé de leur donner tout ce dont nous possédions, ils nous ont dépouillé de tout nos biens, puis ils ont dit au conducteur moto de continuer le voyage, depuis ce jour là, je suis devenu misérable », a déclaré à CRJ-RDC, un homme de 48 ans.

Les autorités tant administratives que sécuritaires devraient tout faire pour assurer aux populations la sécurité nécessaire afin que celles-ci puissent circuler librement à l’intérieur du pays.

D’après le président de cette structure, Jean Claude Buuma Mishiki, « les autorités devraient également traduire les auteurs du phénomène braquage devant la justice afin qu’ils répondent de leurs actes».

SYC

RDC : victime de 7 attaques en une année, MSF restreint ses services médicaux à Masisi !

Entre le 30 juin 2017 et 12 juin 2018, Médecins sans frontières (MSF) a été l’objet de 7 attaques sous formes de braquages, vol à mains armées et kidnapping dans le territoire de Masisi en province du Nord-Kivu. Cette insécurité a motivée sa décision de suspendre ses services médicaux offerts par MSF aux populations dans la Zone de santé de Masisi.

Cette mesure a été annoncée à l’Administrateur du territoire dans une lettre datée du 13 juin 2018. Elle fait exception aux activités de sauvetage et soins d’urgence à l’hôpital général de Masisi et à Nyabiondo.

« Nous voulons vous informer du caractère inacceptable pour notre organisation de ce type d’agression mettant en danger la vie de notre personnel médical et de secours. Comme vous pouvez l’imaginer, ces actes graves sont de nature à restreindre l’espace humanitaire, nous empêchant de fournir des soins aux populations dans le respect de nos principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance », déplore le MSF face à l’inquiétude croissance liée à ces multiples attaques.

C’est dans ce contexte que MSF s’est référé à l’autorité administrative afin de rendre compte de sa « décision grave, mais réfléchie », celle de de suspendre ses services dans cette partie de la province.

« Ce n’est en effet qu’à la condition impérative d’un constat de mobilisation ferme, et de garanties réelles et crédibles que nous pourrions considérer l’éventualité d’un redéploiement de nos programmes médicaux tels que menés depuis plus de 10 ans dans le territoire de Masisi pour le bénéfice des populations dans les besoins », indique le MSF dans sa lettre à l’Administrateur du territoire de Masisis.

Pas plus tard que le 2 et le 12 juin 2018 sur l’axe Masisi centre – Nyabiondo, des individus armés ont ouvert le feu sur les véhicules de MSF et dépouillé les équipes des biens personnels et du matériel d’investissement appartenant à l’organisation.

SYC