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RDC : Une manifestation pacifique violemment réprimée par la police à Rutshuru

Publié le : 13 February, 2016 à 15 h 40 min

(Rutshuru, le 12 février 2016) – Le Centre d’Observation des Droits de l’Homme et d’Assistance Sociale, en sigle CODHAS, s’inquiète de la manière dont l’autorité territoriale a géré une manifestation publique en violation des droits fondamentaux reconnus aux peuples congolais.  L’Administrateur du Territoire de Rutshuru a instruit la police pour réprimer une manifestation publique ce jeudi, 11 février à Rutshuru centre.

Ce jeudi 11 février 2016, une manifestation de quelques membres de la communauté hutu de Rutshuru, qui ont voulu suivre le communiqué du président national de cette communauté qui a demandé, d’observer jeudi dernier, une journée de deuil en mémoire des victimes de massacres  dans le sud de Lubero et dans le nord de Walikale dans le souci de compatir avec les familles des victimes.

A Rutshuru centre et dans les agglomérations environnantes comme à Kiwanja et Rubare  presque toutes les activités étaient paralysées et même certaines écoles ont préféré laisser les enfants à la maison.

A 07 heures un communiqué de l’administrateur du territoire de Rutshuru, Monsieur Justin Mukanya, que lui-même a préféré lire à la radio « Sauti ya Rutshuru », en réponse à la lettre d’information lui adressée en date du 9 février 2016 par la communauté Hutu de Rutshuru lui annonçant  la tenue de la marche pacifique.

Dans son communiqué, il dit: « il ne m’est pas possible d’autoriser la marche sollicitée par vous et ce pour des raisons d’ordre  sécuritaire, de concorde et de cohabitation pacifique entre les communautés qui peuplent le Territoire de Rutshuru. »  Avant de poursuivre que   la police nationale congolaise et les forces armées  sont instruites à  prendre toutes les dispositions  pour garantir la sécurité des personnes.

Pendant que les manifestants se déplaçaient pour se diriger vers le bureau du Territoire, ils ont été surpris par des bombes lacrymogènes larguées par la police nationale congolaise de l’unité de la LENI pour les disperser. Parmi les manifestants, 5 ont été interpellés, parmi eux 3 blessés. Ils ont été relâchés quelques heures après.

Le Centre d’Observation des Droits de l’Homme et d’Assistance Sociale considère que la décision de l’administrateur, visant à interdire une marche pacifique  viole non seulement les dispositions de la  constitution de la RDC notamment dans son article 26 qui dispose à son alinéa premier que : « la liberté de manifestation est garantie », mais aussi et celles de la déclaration universelle des droits de l’homme relatives aux libertés de manifestations.

Cette organisation rappelle également que le décret-loi n°196 du 29 janvier 1999 portant règlementation des manifestations et réunions publiques, à son article 8 « les forces de l’ordre n’interviennent pour disperser les manifestants qu’en cas de débordement ou de troubles graves »

« Nous déplorons le fait que les gens ont été brutalement dispersés alors qu’ils ne constituaient en rien une menace aux troubles à l’ordre public, ni à un débordement quelconque. Nous pensons que c’est une façon d’intimider les gens qui tenteraient d’user de ce moyen pacifique pour revendiquer leurs droits » a déclaré Hervé Nsabimana, coordonnateur du CODHAS.

Cette ONG des Droits de l’Homme demande au gouvernement congolais de veiller à la protection des droits et libertés fondamentaux des citoyens sans discrimination.

SYC

Ci – Joint : Une manifestation pacifique violemment réprimée par la police à Rutshuru

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