Mise à jour le 18 October,19 à 9 h 27 min
Sauti Ya Congo > Nos actualités > Le CNRJ-RDC appelle les autorités tant civiles que militaires à traduire en justice les éléments militaires FARDC qui se sont ingérés dans le déguerpissent

RDC : Un mois plus tard, la mise en œuvre de l’accord de la Saint sylvestre a peu progressé !

Publié le : 1 February,17 à 21 h 29 min

Plus d’un mois après la signature d’un accord en République démocratique du Congo pour contrer la crise politique nationale, les progrès accomplis pour sa mise en œuvre ont été terriblement lents.

L’accord prévoit des élections en décembre 2017, ouvrant la voie au premier transfert de pouvoir démocratique dans ce pays. Toutefois, en dépit des efforts soutenus des évêques catholiques de la RD Congo, le délai du 28 janvier pour convenir les « arrangements particuliers » dont l’accord devrait être mis en place est passé en laissant de nombreuses questions sans réponse.

Le Président Joseph Kabila et l’élite politique du pays ont beaucoup à faire s’ils veulent sauver l’accord et convaincre la population de leur engagement à organiser des élections. Une réelle implication des partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo est également cruciale, en offrant notamment un soutien technique pendant les négociations et pour la planification des élections et en maintenant la pression sur Joseph Kabila pour qu’il appuie la mise en œuvre de l’accord et inverse le climat de répression.

L’un des principaux points de désaccord concerne la façon dont le nouveau premier ministre sera désigné. Nombreux du côté de l’opposition soutiennent que Joseph Kabila devrait nommer la personne choisie par le Rassemblement, coalition de l’opposition, invoquant des clauses de l’accord qui indiquent que le Rassemblement choisira le nouveau premier ministre. Les membres de la majorité présidentielle de Joseph Kabila affirment que le Président devrait avoir le choix entre plusieurs noms.

La composition du nouveau gouvernement reste également un point de discorde. Tandis que les délégués aux pourparlers se sont finalement entendus sur la taille du nouveau gouvernement et sur le nombre de positions ministérielles et vice-ministérielles que chaque coalition obtiendrait, aucun accord n’a été conclu sur les personnes qui seraient nommées à ces postes, en particulier aux positions les plus importantes telles que les ministères du Budget, de la Défense, de la Justice et de l’Intérieur. Des décisions ont été aussi prises au sujet de la structure du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA), mais des divergences persistent en ce qui concerne l’attribution des postes au sein du conseil.

Le rôle que devrait jouer l’Église catholique pendant la transition divise également les acteurs, avec l’opposition demandant aux évêques de continuer de participer activement jusqu’à la tenue d’élections et la majorité déclarant que le Président doit d’abord clarifier ce point.

Bien que le Premier ministre actuel, Samy Badibanga, n’ait pas encore signé l’accord, la plupart des autres personnes opposées ont désormais donné leur adhésion, et le 28 janvier, la majorité présidentielle a officiellement appuyé l’accord et retiré ses « réserves » initiales. Joseph Kabila, lui-même, n’a pas signé l’accord, bien qu’il aurait déclaré lors de réunions qu’il soutenait l’accord et autorisait ses représentants à le signer.

Or, tandis que les délégués étaient occupés à débattre de ces autres questions, aucun progrès n’a été fait sur l’établissement d’un nouveau calendrier électoral. Les avancées ont également été lentes en ce qui concerne la « décrispation » ou les mesures de confiance. Bien que certains prisonniers politiques et activistes aient été libérés, des dizaines d’autres sont encore maintenus en détention.

Moni Della du parti politique de l’opposition Conservateurs de la Nature et Démocrates (CONADE), l’un des sept cas « emblématiques » abordés pendant le dialogue, a été libéré provisoirement le 28 janvier, mais les charges contre lui n’ont pas été levées. Moni Della a été arrêté il y a plus de quatre mois et accusé d’avoir incité la population à piller pendant les manifestations à Kinshasa le 19 septembre. Roger Lumbala est revenu à Kinshasa après avoir été exilé, mais les cinq autres « cas emblématiques » n’ont été ni libérés ni officiellement acquittés, y compris Moïse Katumbi, Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala, Floribert Anzuluni et Antipas Mbusa Nyamwisi.

À Mbuji-Mayi, deux jeunes activistes de la LUCHA, Jean-Paul Mualaba Biaya et Nicolas Mbiya Kabeya, ont été acquittés mercredi. Ils devraient être libérés dans les prochains jours. Huit autres activistes pro-démocratie sont toujours en détention, notamment les quatre activistes de la LUCHA à Goma : Fabrice MutsirwaJacques Muhindo, Fiston Dunia et Glody Ntambwe ; l’activiste de la LUCHA à Kinshasa : Musasa Tshibanda ; et trois activistes de Compte à Rebours à Kinshasa : Chris Shematsi, John Ngandu et Samuel Bosasele. Ils étaient tous arrêtés avant la signature de l’accord.

Un autre activiste de Compte à Rebours, Bobo Mpolesha, a été arrêté à Kinshasa le 7 janvier et emmené dans une prison des services de renseignements militaires où il a été battu violemment. Libéré le 21 janvier, il récupère encore des blessures infligées au cours de sa détention.

L’un des organes de presse proches de l’opposition fermés arbitrairement, Canal Congo Télévision (CCTV), a pu émettre de nouveau. Toutefois, six autres chaînes restent bloquées : Radio Lisanga Télévision (RLTV), Radiotélévision Lubumbashi JUA (RTLJ), Nyota Télévision, Radiotélévision Mapendo, La Voix du Katanga et Congo News. Le signal de Radio France Internationale (RFI) est bloqué depuis près de trois mois maintenant à Kinshasa et dans la ville voisine de Brazzaville, en dépit des appels du gouvernement français et d’autres acteurs pour que la source d’actualités internationale la plus importante en RD Congo puisse émettre de nouveau.

De plus, justice n’a toujours pas été rendue pour les nombreuses personnes tuées l’année dernière par les forces de sécurité de l’État au cours des manifestations contre les tentatives de Joseph Kabila pour rester au pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat autorisé par la constitution, le 19 décembre.

Ida Sawyer

Directrice pour l’Afrique centrale

A lire aussi

Publié le : 25 November,16 à 18 h 05 min

RDC : Le pouvoir invité à mettre fin à toute entrave à l’exercice des libertés publiques

Publié le : 3 December,18 à 14 h 00 min

En RDC, deux experts des Nations-Unies sauvagement assassinés et le monde regarde ailleurs…

CONTACTEZ-NOUS

Courriel: sautiyacongo@gmail.com
Skype: sautiyacongo
Facebook: Sautiyacongo
Twitter: Sautiyacongo







Sauti ya Congo | Design By Le mak | Instagram