Newsletters | Instagram | Dernière mise à jour le 21/07/2019
Logo sauti ya congo

RDC : Traitement dégradant, torture et mort d’un civil au cachot des FARDC à Pinga, le CJDH exige une enquête immédiate

Publié le : 6 June, 2017 à 12 h 25 min

Walikale, le 06 Juin 2017 – Le Carrefour pour la Justice et les Droits Humains (CJDH) est préoccupé par la situation de violations de droits de l’homme commis dans las zone opérationnelle SOKOLA II et plus particulièrement dans la localité de Pinga territoire de territoire de Walikale par des éléments des groupes armés et des forces loyalistes. Le dernier cas en date est celui de traitements dégradants et tortures ayant causé la mort d’un civil au cachot du 3410em  régiment à Pinga.

En effet, le regretté Monsieur KIHESI HANGI Kambere agé de 35 ans, marié à NEEMA et père de cinq enfants, habitant du village Malemo de la chefferie Bashali-Mukoto dans le territoire de Masisi, a été méchamment pris, soumis à des traitements dégradants et tortures, le mercredi, 24 mai 2017 par des éléments FARDC du 3410 régiment.

Alors que son jeune frère se bagarrait avec un militaire dans un débit de boissons à Malemo, monsieur KIHESI HANGI Kambere est intervenu en ravissant l’arme que le militaire voulait utiliser pour commettre son forfait. Par la suite, KIHESI HANGI Kambere va apporter l’arme ravie au chef du village de Malemo pour sa remise au responsable militaire du lieu. Le propriétaire de l’arme exigera la présence physique de KIHESI HANGI Kambere pour la reprendre. De bonne foi, KIHESI HANGI Kambere va répondre favorablement à l’invitation lui adressée. A sa grande surprise, KIHESI HANGI Kambere sera pris au piège du propriétaire de l’arme et ses compagnons. Il sera torturé méchamment sans la peur de la loi,  jeté  au cachot sous menottes ; le jeudi 25 Mai 2017 le regretté amené à Pinga à l’Etat major du régiment dans des conditions infrahumaines et mis au cachot avec les blessures grave sans être conduit pour les soins ce  jeudi 25 mai 2017.

Dans le cachot à l’état major du régiment situé dans le quartier Bushimoo à pinga, KIHESI HANGI Kambere va rendre l’âme suite aux tortures, le soir du vendredi 26 mai 2017. Et pour effacer toutes traces sur les circonstances de sa mort, le corps du regretté sera amené au dispensaire militaire du même lieu pendant que l’hopitale général de référence de pinga est à 100m de distance. Le corps de KIHESI HANGI Kambere sera enterré par ses bourreaux, le même vendredi,  26 mai 2017 aux heures tardives loin des cimetières.

Le CJDH condamne cet acte odieux qui, du reste, est de nature à ternir l’image des forces armées de la République.

Le CJDH rappelle que plusieurs traités internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par la RDC dont les conventions de Genève obligeant la RDC à faire enquêter sur les allégations de violations du droit de l’homme, poursuivre judiciairement leurs auteurs et offrir une réparation aux victimes. Les traits fondamentaux de cette enquête sont fixés par les principes des Nations Unies relatifs aux exécutions extrajudiciaires et à la torture à savoir : la célérité, l’impartialité, l’exhaustivité, l’indépendance et le caractère officiel.

Le CJDH invite les instances judiciaires civiles et militaires à diligenter des enquêtes pour dénicher les présumés coupables, les juger et les condamner conformément à la loi. Les coupables devront réellement purger leur peine en vue de décourager et prévenir ce genre de comportement au sein des forces et services de sécurité en RDC.

CJDH

Articles Récents