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RDC: le nouveau gouverneur de Kinshasa soupçonné dans les tueries de Yumbi

Publié le : 11 April, 2019 à 10 h 04 min

Bien que Kinshasa soit notoirement anti-Kabila, c’est un membre du PPRD, parti du « Président honoraire » qui a été largement élu, mercredi, gouverneur de la ville-province. De quoi provoquer la colère de l’UDPS, dont la capitale est une place-forte, mais dont le candidat a été évincé. Et celle des Banunu du Maï Ndombe, pour qui Gentiny Ngobila est impliqué dans les massacres dont ils ont été victimes en décembre dernier à Yumbi, ce qui y avait provoqué le report des élections.

Gentiny Ngobila, 54 ans, est un homme d’affaires qui a œuvré notamment dans la production musicale, la sécurité et le gardiennage en France puis au Congo. Rentré au pays après la chute de Mobutu, il a été, pour le parti kabiliste PPRD qu’il a co-fondé, conseiller de plusieurs cabinets ministériels. Il est aujourd’hui président d’un des clubs de foot les plus populaires de Kinshasa, le Daring Club Motema Pembe et, jusqu’ici, gouverneur du Maï Ndombe, province issue du démembrement, en 2015, du Bandundu.

535 personnes massacrées

C’est dans le Maï Ndombe que se trouve Yumbi, territoire qui a accédé à la notoriété à la fin de 2018, lorsque des massacres s’y sont produits, les 16 et 17 décembre: les Batende, minoritaires mais propriétaires de la terre, y ont massacré des Banunu, majoritaires, après leur avoir reproché l’enterrement d’un de leurs chefs dans une terre qui ne leur appartenait pas; le père de ce chef y avait pourtant été enterré sans problème par le passé.

On déplore au moins 535 morts – des Banunu, tués seulement parce qu’ils étaient des banunu – une centaine de blessés et un millier de bâtiments incendiés, dont de très nombreuses habitations. Des actes de barbaries ont été dénoncés par des enquêteurs de l’Onu, pour qui ces massacres pourraient consituer « des crimes contre l’humanité ».

Plainte devant l’auditorat militaire

Le 23 février dernier, plainte à été déposée auprès de l’auditeur général des FARC (procureur général dans le système judiciaire de l’armée) contre « M. Gentiny Ngobila et consorts » par des rescapés banunu. Ils accusent Gentiny Ngobila, d’ethnie tende, d’avoir préparé ces massacres « avec le concours de la population tende sur le terrain ». Trois autres personnes sont nommément accusées par cette plainte.

Pour l’Onu, « la responsabilité de l’Etat peut être engagée dans la mesure où l’enquête a permis d’établir que les autorités nationales et provinciales avaient été informées du risque élevé de violences mais n’ont pris aucune mesure préventive ».

Via : La Libre Afrique

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