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RDC : Le GADHOP attire l’attention du Gouvernement sur la montée de l’insécurité dans le territoire de Lubero et ville de Butembo

Publié le : 27 July, 2017 à 12 h 14 min

(Monitoring de Juillet 2017) – Le Groupe d’Associations de Défenses des Droits de l’Homme et de la Paix (GADHOP) est préoccupé par la recrudescence de l’insécurité dans laquelle vit désespérément les populations du territoire de Lubero et la ville de Butembo.

En effet, le monitoring fait depuis le début de ce mois de juillet est alarmant et nécessite une intervention soutenue des autorités impliquées dans la prise en charge de cette question.

Tout part de Kipese, cette agglomération située au Sud Est du territoire de Lubero où commençait à se développer un certain dynamisme dans les activités économiques basées sur le secteur agricole qui se voient aujourd’hui freinées à cause de cette insécurité. C’est depuis le 1er juillet que des assaillants Maï Maï « Mazembe » commandés par un chef rebelle nommé Kilalo ont attaqué la cité en capturant le commandant de la Police Nationale Congolaise qui a été tué par la suite et dont le cachot a été ouvert pour évader les détenus y gardés.

Ces troubles ont commencé à déstabiliser Kipese d’autant plus que la population craignait déjà les représailles de la part des FARDC.

Quelques faits :

  • En date du 05 Juillet 2017, des attaques contre les Maï Maï ont commencé du côté des FARDC et toutes les activités ont été paralysées et la population a commencé à se déplacer vers des villages voisins. Cet état de chose a duré 12 jours jusqu’à ce que l’agglomération a été récupérée définitivement par les FARDC, qui ont réussi à repousser les Mazembe jusqu’à leurs base de Bianze située à 30 kms de Kipese sur une colline rocheuse.

            Nos sources renseignent :

  • Qu’actuellement 1/3 de la population est rentrée dans le village avec une attitude de peur et d’incertitude ;
  • Que le dimanche 09 Juillet 2017, 36 portes des boutiques ont été cassées par les FARDC et des biens ont été pillés et emportés ;
  • Plusieurs maisons du côté du camp FARDC dans le quartier Kinyondo ont été cassées et pillées par les militaires ;
  • Que 5 640 personnes déplacées sont en cité de Lubero dans des familles d’accueil sans aucune assistance en vivres et en médicaments. Des cas d’enfants malades et des femmes enceintes sont en danger, car le personnel soignant oblige de l’argent avant de soigner ces déplacés.

  • Au cours de la semaine du 17 au 21 Juillet, l’intensité des attaques s’est observée au Sud Ouest de Lubero, en villages Kasugho-Kagheri-Katoyo entre les deux groupes rivaux Maï Maï NDC-R et Mazembe. Ces derniers s’accusent mutuellement d’être à la base de la déstabilisation du grand Nord Kivu. La situation de la population reste délicate quant aux déplacements intempestifs dus à ces attaques.

  • Du 16 au 19 Juillet 2017, il a été signalé des attaques au Sud de Lubero dans les villages Miriki et Kyambuli (Quartier Général de Maï Maï Mazembe). Ces affrontements entre Mazembe et NDC-R ont produit un bilan de deux morts côté Mazembe et 2 blessés, puis 2 morts du côté NDC-R et 2 civils blessés aussi par balles.

  • Le 16 Juillet 2017, la triste nouvelle d’enlèvement de deux prêtres (Kipasa et Akilimali) à la paroisse de Bunyuka en chefferie Bashu par des hommes non autrement identifiés a davantage terrifié la population.

  • Le 19 Juillet 2017 vers 21 heures, le village Alimbongo, au Sud de Lubero sur la route Lubero –Kirumba a été attaqué par 3 éléments présumés Maï Maï contre une position FARDC dont un militaire a été tué et 3 personnes civiles atteintes par balles.

  • Le 20 Juillet 2017, deux corps sans vie ont été découverts autour de Bingi. Il s’est agit de celui de Paluku Kamuhereko Jean et de Kambale Mbuyiro. Le premier aurait été tué par des ravisseurs d’un otage dont la victime venait verser la rançon de libération. Visiblement les ravisseurs avaient reconnu la personne et auraient décidé de mettre fin à sa vie pour effacer les traces. La deuxième personne était aussi un otage chez les NDC-R. Personne ne sait à ce jour si ce sont ces miliciens qui l’avaient tué ou si la victime avaient été tuée dans sa fuite.

  • En Ville de Butembo, le banditisme à l’arme blanche appelé communément « KASUKU » sévit les quartiers Mukuna, Vubange, Base et Katwa. De l’Evêché à Ngingi, nombreux sont victimes des incursions nocturnes à répétition et la situation semble être loin de trouver solution. Car, la police n’arrive pas à venir à bout de cette situation pour sécuriser la population.

  • En prison de Kakwangura, les détenus sont dans une situation de précarité caractérisée par le manque de nourritures et des soins médicaux. Cette situation fait couver une tension au sein de la population carcérale.

Face à ce tableau alarmant, le GADHOP demande aux autorités locales, provinciales et gouvernementales, d’accorder une attention soutenue à la situation sécuritaire du Grand Nord   pour éviter la propension de cette insécurité qui se caractérise par un activisme intense des groupes armés semant la désolation au sein d’une population meurtrie.

 Par GADHOP

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