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RDC : Le CJDH exige une solution durable au conflit “creuseurs artisanaux-Alphamin” pour préserver la paix à Walikale

Publié le : 14 July, 2017 à 15 h 28 min

Walikale, le 14 Juillet 2017 – Pour préserver la paix en territoire de Walikale, le Carrefour pour la Justice, le Développement et les Droits humains (CJDH) recommande au Ministère national des Mines de convoquer, en toute urgence, une réunion qui va réunir toutes les parties prenantes impliquées au conflit pour évaluer la situation et trouver une solution définitive et durable protégeant les intérêts de tous. Et a la Société Alphamin et aux exploitants miniers artisanaux regroupés en coopératives, il les appelle à privilégier la voie pacifique et de ne pas être manipulés ou manipuler les groupes armés.

Dans un communiqué officiel, le CJDH lance la sonnette d’alarme et interpelle les autorités politico administratives de la RDC tant nationales que provinciales du Nord-Kivu sur le risque accru d’une éventuelle constitution d’une nouvelle milice armée suite à la mauvaise gestion du conflit entre les artisanaux et la société Alphamin tel que la crainte avait aussi été soulevée par le chef du secteur des Wanianga dans sa lettre n°5072/074/S.W/T.051/2017 du 03 mai 2017 portant transmission du rapport circonstancié sur la situation socio économique et sécuritaire qui prévaut dans le secteur des Wanianga.

“Certes, la situation qui prévaut actuellement sur le site de Bisie est plus que préoccupante. Il s’y observe une montée de tension sociale qui se caractérise par le recours à des méthodes violentes tendant au déguerpissement forcé des creuseurs sans aucune autre forme de procès, une identification forcée des creuseurs sur le site, des menaces d’arrestations contre les creuseurs et défenseurs des droits humains sur le site, destruction méchante du bureau et biens des coopératives sur le site. Cette situation appelle une intervention urgente des autorités congolaises”, interpelle le CJDH.

Cette ONGDH rappelle qu’à la suite de la visite sur terrain du Ministre provincial des mines du Nord Kivu en date du 12/07/2017, les militaires des FARDC lourdement armés qui l’accompagnaient se sont distingués par des actes de menace de déguerpissement forcé et intimidation envers les creuseurs, dirigeants de coopératives minières et acteurs de la société civile pour les contraindre à adhérer aux conclusions de la réunion du 30 mai au 1er juin 2017. Ces militaires accompagnés de quelques policiers se sont introduit par la force dans les bureaux de coopératives Cocabi, Comimpa et Comiala avant de procéder à la destruction de plusieurs documents.

« Les creuseurs PASI, BLONDE, MOISE, AMANI, TANDI, BAWILI et ATUYA ont été arrêtés et sont illégalement détenus jusqu’à ce jour, pour avoir refusé de se soumettre à l’identification forcée. Ces arrestations ont poussé plusieurs creuseurs à fuir pour trouver refuge dans la forêt. Le chantier de la carrière d’exploitation artisanale dénommé – 15 minutes – est actuellement occupé par les militaires qui exigent des creuseurs, la présentation de la carte biométrique pour y accéder », rapporte le communiqué.

Les causes du conflit qui oppose les exploitants miniers artisanaux regroupés en coopératives à la société ALPHAMIN BISIE MINING S.A sur le site sont notamment liées à :

  • vice de procédure dans l’octroi du permis d’exploitation minière à la société Alphamin en 2015 ; lequel vice se traduit par l’absence des enquêtes préalables et consultation des communautés installées sur le site depuis 2002 ;
  • le manque d’une Etude d’Impact Environnemental et Social à travers laquelle ont aurait dû identifier les occupants et exploitants du site avant de délivrer un quelconque titre ;
  • le recours à la violence dans l’exécution des résolutions des travaux d’échanges relatifs à la problématique de la production existante se trouvant dans le Territoire de WALIKALE à NDJINGALA organisés par le Coordonnateur de la Commission Nationale de Lutte contre la Fraude Minière (CNLFM) à Kinshasa du 30 mai au 1er juin 2017.

SYC

 

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