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RDC : L’avocat de Franck Diongo soupçonne les autorités d’intenter à la vie de son client

Publié le : 7 September, 2017 à 15 h 52 min

Kinshasa, le 07 septembre 2017 – Dans une lettre adressée au Président du Groupe de travail sur la détérioration arbitraire du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme à Genève, l’Avocat Georges Henri Beauthier a déploré une intention criminelle des autorités congolaise à faire mourir à petit feu son client, Franck Diongo Shamba. Décrivant un état de santé extrêmement grave, il sollicite de cette instance l’interpellation des autorités compétentes, responsables de ces interruptions forcées de soins qui risquent d’emporter cet acteur politique.

L’état de santé de Franck Diongo continue à se dégrader depuis son retour forcé au CPRK (ex. prison centrale de Makala), affirme son Avocat. Outre des troubles de la vision, il souffre de maux d’estomac aigus et de perte de sang par le nez et lors de vomissements. Et ses crises d’asthme ne sont pas traitées.

« Nous estimons que les autorités congolaises procèdent via ces transferts forcés et ces interruptions de soin à une série de mesures qui relèvent de la torture et qu’elles ont à terme pour objectif d’intenter à la vie de M. Diongo. Vu les événements vécus par mon client depuis son arrestation en décembre 2016, il m’est difficile de voir dans l’attitude des autorités qui assurent sa garde autre chose qu’une intention criminelle visant à le faire mourir à petit feu. Je crains malheureusement que la situation, d’une gravité déjà extrême, ne continue d’évoluer vers une échéance qui sera effectivement fatale pour mon client », a – t – il indiqué dans cette correspondance.

Bien plus, Georges Henri Beauthier rapporte que les heurs et troubles au sein de la prison même sont désormais quotidiens qu’ils rendent les autorités plus libres de pratiquer actes de torture et mauvais traitement sur les détenus.

Et de souligner : « Il est urgent que les autorités soient interpellées sur la situation de mon client qui n’est malheureusement qu’un exemple parmi d’autres de détenus politiques que les autorités entendent réduire au silence en prévision d’éventuelles élections ».

Pour rappel, Franck Diongo a été évacué de sa cellule dans la prison de Makala vers une formation médicale le 22 août 2017 sur demande répétée de ses avocats à Kinshasa en raison de l’état de santé préoccupant. Alors qu’il subissait de soins importants et absolument nécessaires, constate son Avocat, il a  été extrait de l’établissement médical et renvoyé à la prison de Makala quelques jours après son admission.

« Cette extraction s’est faite alors même que mon client était sous perfusion, par un groupe d’homme armés qui est intervenu sans contrôle du personnel médical et avec une violence particulièrement démesurée », a – t – il conclu.

Franck Diongo est le président du parti d’opposition Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP), un membre de la coalition d’opposition du Rassemblement. Il était député national au moment de son arrestation le 19 décembre 2016. La Cour suprême de justice l’a condamné pour « arrestation arbitraire aggravées » et « détention illégale » à cinq ans de prison le 28 décembre 2016, à la suite d’un procès expéditif lors duquel il a comparu en fauteuil roulant et sous perfusion intraveineuse, ce qui selon ses avocats était dû aux mauvais traitements subis lors de son arrestation et de sa détention. Pour Franck Diongo et ses avocats, ceci était constitutif de tortures.

SYC

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