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RDC : L’AFEM invite les services de sécurité à combattre le kidnapping d’enfants et des jeunes au Sud-Kivu

Publié le : 6 July, 2017 à 13 h 56 min

Bukavu, le 06 Juillet 2017 – L’Association des Femmes des Médias (AFEM) est préoccupée par la recrudescence de kidnappings d’enfants et des jeunes dans la province du Sud-Kivu. Des cas signalés, la libération n’intervient qu’après avoir payés une rançon aux ravisseurs. Face à cette situation inquiétante, l’AFEM invite les autorités politico-administratives et les responsables de services de sécurité à combattre ce phénomène afin de restaurer la paix et la quiétude dans des familles.

L’AFEM déplore une dizaine de cas dont cinq ont été rapportés par la nouvelle dynamique de la société civile entre le mois d’Avril à mi-Juin 2017. Ce phénomène récent vient remplacer celui de la corde suicidaire KABANGA qui a sévit pendant un temps. Selon des témoignages, des otages seraient amenés à des endroits éloignés de la ville où ils réalisent presque une semaine avant d’être libérés à condition de payer une rançon. Les ravisseurs l’exigent aux familles de victimes via les réseaux sociaux.

« Je me suis retrouvé dans un cachot métallique tout neuf, au milieu d’une vaste forêt que j’ignore. Tout est parti d’un appel des gens qui disaient avoir des ordinateurs que je pouvais leur réparer. Ils m’ont servi du jus, peu de temps plus tard, j’ai été immobilisé jusqu’à perdre conscience. Ils m’ont transporté dans cet état dans un taxi vers une destination inconnue », a témoigné.

D’après cet étudiant, de nombreux otages étaient engouffrés dans un petit coin en forêt. Ces kidnappeurs, non autrement identifiés, intimident tant les familles des victimes que les victimes elles-mêmes, à qui, ils demandent des sommes faramineuses d’argent sans quoi ils promettent de les tuer.

Et d’ajouter : « j’ai vu un papa que l’on torturait parce qu’il hésitait de payer 20 000$. C’est quand il a finalement accepté de verser cette rançon que les bandits ont cessé de le rouer des coups ».

Le père d’une fille enlevée à Bagira a affirmé avoir vendu des appareils électroménagers pour recouvrer la liberté de la victime.

« Cette situation nous remet matériellement à zéro. J’ai presque tout vendu pour obtenir un montant de plus de mille dollars à envoyer à ces gens-là. C’est triste. Le lendemain, ma fille a été jetée aux alentours de l’institut Bwindi dans un état de fatigue générale », a-t-il indiqué.

 L’AFEM, comme la plupart des voix silencieuses, trouve inexplicable l’ampleur de ce phénomène dans une province où des services de sécurité de l’Etat sont opérationnels.

« Qui s’occupe des enquêtes pour dénicher ces ravisseurs ? Où sont incarcérés les otages ? Pourquoi ne pas interpeller ces maisons des télécommunications dont les cartes Sim sont utilisées par ces hors-la-loi ? Aucune réponse rassurante à ces questions jusqu’à preuve du contraire ! », s’est exclamé un activiste des Droits de l’Homme.

Pour sa part, le Rapporteur de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI), Patient Muronzi estime que « les services de sécurité ont quelque peu défailli à leur mission puisque les enquêtes policières n’aboutissent pas réellement. Sauf quelques cas isolés des présumés ravisseurs d’enfants présentés à la population. C’est encore une goutte d’eau dans l’océan. »

La Police d’investigation criminelle est à pied d’œuvre pour démanteler ce réseau maffieux, a rassuré le Directeur de Cabinet du Ministère de l’Intérieur. A l’en croire, des efforts sont fournis pour mettre la main sur les auteurs de ces enlèvements. Sans paniquer, poursuit-il, la population devrait collaborer avec les services habilités afin d’en finir avec cette pratique incivique.

Face à la réalité des causes de ce phénomène qui sont notamment le chômage des jeunes et l’irresponsabilité des services sécuritaires, l’Association des Femmes des médias recommande :

  • À la Justice et aux services des renseignements, de mener des enquêtes sérieuses pour traquer les réseaux des kidnappeurs actifs et prendre de mesures préventives et résolutoires susceptibles de mettre fin à l’impunité des coupables dudit phénomène ;
  • À la police, de sécuriser la population et ses biens d’autant plus que c’est l’une des ces principales responsabilités ;
  • À la population et aux organisations de la société civile, de dénoncer directement les cas de kidnappings aussitôt constatés et de collaborer avec la Police et la Justice lorsque ces dernières procèdent à des enquêtés.

AFEM via SYC

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