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RDC : L’AFEM appelle à l’amélioration des conditions carcérales dans la prison centrale de Bukavu

Publié le : 5 April, 2017 à 17 h 40 min

(Bukavu, le 5 avril 2017) – L’Association des Femmes des Médias plaide pour l’amélioration des conditions carcérales des femmes dans la prison centrale de Bukavu en province du Sud-Kivu. Elle reste préoccupée par le surpeuplement allant au triple de la capacité d’accueil de cet établissement construit en 1930 pour abriter 450 personnes. À cela s’ajoute, une mauvaise prise en charge médicale et une alimentation qui laisse à désirer.

L’AFEM prend acte des témoignages des anciens détenues, lesquels témoignages ne correspondent pas aux sept principaux critères requis pour une prison, à savoir : lieu de correction, de classification, de modulation, de travail, d’éducation, de contrôle et d’institution annexe.

Les moments qu’une détenue a passé dans ce prison, rapporte – t – elles, sont ceux les plus douloureux et difficiles de sa vie. En plus du fait qu’elle a été arrêtée injustement, elle a subi l’humiliation, la maltraitance, le manque de soins elle a été humiliée, maltraitée, mal nourrie et mal soignée.

«J’ai fait un mois et trois semaines dans la prison de Bukavu, mais j’avais l’impression d’avoir fait 20 ans parce que les jours et les nuits dans cette prison duraient trop longtemps. C’est vraiment une vie de misère. J’ai eu la mauvaise chance d’être envoyé en prison en étant enceinte et cela n’a fait aucune différence. La façon dont on accueille les prisonnières est tellement humiliante que les autres prisonnières battent et injurient celles qui arrivent. Parfois même, elles vous versent tout un bassin d’eau  froide à la figure au point de vous étouffer.  Tout cela se passe au vu et su des assistantes sociales et surveillantes qui sont dans la prison. Moi, ce genre de bleusaille m’a beaucoup étonné parce qu’on peut même tomber malade après ».

De son côté, le Conseiller au Ministère provincial de la justice, Pascal Katagondwa, a affirmé à l’AFEM que les conditions carcérales sont certes difficiles. Cependant, les femmes sont les mieux traitées.

« Nous avons fait des évaluations et nous pensons que le taux de mortalité et de morbidité en prison du côté des femmes surtout a baissé. Nous nous assurons pour qu’elles mangent bien un jour par mois. Leurs dossiers sont suivis en justice et nous nous assurons pour qu’elles aient le nécessaire. Certes il y a encore beaucoup à faire car le budget de l’Etat ne prévoit pas grand-chose pour les prisons mais avec nos partenaires nous faisons de notre mieux », a – t – il déclaré.

 S’appuyant sur la citation d’un juriste qui a dit : « être en prison n’implique pas qu’on devient un animal, les droits doivent être respecté. C’est seulement le droit à la liberté qui est prohibé », l’AFEM plaide pour des conditions carcérales descentes dans la prison centrale de Bukavu.

Recommandations :

Au Ministère de la Justice d’organiser des descentes dans la prison centrale de Bukavu afin de se rendre compte des conditions carcérales des tous les prisonniers en général et spécialement des femmes isolées dans des cellules à elles ;

Au Gouvernement provincial de mener des investigations en vue d’initier des poursuites judicaires contre les assistantes sociales qui occasionnent des violations des droits de l’homme au sein de cette prison ;

Au Directeur de la Prison Centrale de Bukavu, de veiller au mieux-être des prisonniers en général et en particulier aux femmes détenues ;

Au Gouvernement central à travers le Ministère de la Justice, d’organiser des séances des recyclages du personnel pénitentiaire, sur les droits et devoirs des détenus. Aussi, devrait – t – il doter cet établissement des moyens conséquents pour ce faire.

SYC

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