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RDC : La VSV invite les autorités à repousser à 21 heures l’interdiction de circulation des Wewa à Kinshasa

Publié le : 23 November, 2016 à 18 h 20 min

(Kinshasa, le 22 novembre 2016) – La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)  est vivement préoccupée par la décision prise lundi 14 novembre 2016 par le Commissaire Provincial de la Police Nationale Congolaise (PNC/Kinshasa), monsieur Célestin Kanyama Cishiku, interdisant les motocyclistes « Wewa » de circuler au-delà de dix-huit (18) heures à Kinshasa.

Curieusement, cette décision qui aurait été annoncée au cours d’une parade devant des policiers au Commissariat Provincial de Kinshasa, n’a jamais été notifiée auparavant  aux motocyclistes ni à la direction de l’Association Nationale des Initiateurs et Propriétaires des Taxis-Moto du Congo (ANIPTMC). De même, il est surprenant qu’aucune autorité ne s’assume à ce jour quant à l’initiative ayant conduit à la prise la décision sus évoquée. Pour le Commissaire Provincial de PNC/Kinshasa,  cette décision qui serait venue de la « Hiérarchie » vise à sécuriser les personnes y compris les motocyclistes eux-mêmes.

Cependant, la VSV est au regret de constater que sur terrain, la décision portant interdiction de circulation des motocyclistes après dix-huit heures est plus à la base  de l’insécurité, de tracasseries et du calvaires dont la population et surtout les femmes et jeunes filles font l’objet. Des sacs, des sommes d’argent et autres biens de valeur sont  ravis la nuit ces derniers jours au grand dam des piétons. De nombreuses personnes  éprouvent d’énormes difficultés pour se déplacer et rejoindre leurs domiciles après dix-huit heures voir vingt heures craignant pour leur sécurité en marchant à pied et passent la nuit loin  de leurs familles. Des jeunes délinquants se réjouissent de la décision précitée qui est pour eux une bonne aubaine car déclarent-ils,  avec les motos de nombreuses victimes leur échappaient.

De même du côte de la PNC, de nombreux  éléments de la police profitent de la décision d’interdiction pour ravir des motos qu’ils ne retournent à leurs propriétaires que moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. D’autres motos disparaissent dans la foulée au détriment de motocyclistes et de leurs propriétaires contraints au chômage.

En effet, entre le soir du lundi 14 et samedi 19 novembre 2016 quinze (15) cas répertoriés des victimes dont les motos ont été ravies et portées disparues ont été enregistrées.

Pour rappel, en août 2015, environ cinq cents (500) motocyclistes ou propriétaires des motos confisquées auraient versé chacun cinquante mille Francs Congolais (50.000 Fc, soit plus de 50 $US) pour le retrait d’une moto confisquée et bénéficier d’une plaque minéralogique.

Pour la VSV bien que la mesure d’interdiction des motocyclistes soit motivée par des raisons sécuritaires, cependant elle semble peu efficace et nécessite  des mesures d’accompagnement dès lors qu’elle est à la base de l’augmentation du calvaire et de l’insécurité de la population habitant les quartiers non desservis par le transport en commun.

 En définitive, la VSV invite les autorités congolaises compétentes à :

–  ouvrir une enquête indépendante sur les vraies motivations d’une telle décision émanant d’une « Hiérarchie non autrement identifiée » ;

– mettre à pied d’œuvre des mesures d’accompagnement pour assurer effectivement la sécurité des motocyclistes, des usagers de la route, de la population et leurs biens ;

– identifier les victimes dont les motos sont ravies afin de les restituer à leurs propriétaires  après réparation de  tous les préjudices subis ;

– revoir l’heure d’interdiction de circulation des motocyclistes jusqu’au plus tard  vingt-une (21) heures.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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