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RDC : La VSV appelle le Gouvernement à mettre fin aux violations des droits socio-économiques !

Publié le : 25 July,17 à 13 h 06 min

Kinshasa, le 25 Juillet 2017 – Au terme de son point de presse tenu lundi à Kinshasa, la Voix des Sans Voix (VSV) a invité les autorités congolaises à prévenir ce qu’elle qualifie « d’explosion de la poudrière sociale » en Rd Congo. Et cette prévention préconisée passe, selon cette ONGDH, par une répartition équitable du revenu national et la réduction du train de vie des animateurs des institutions « Président de la République et Gouvernement ».

 Texte intégral

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme(VSV) suit avec une attention soutenue l’évolution de la situation sociale et économique de la population congolaise aggravée par l’effritement au jour le jour du pouvoir d’achat, suite entre autres à la dépréciation de la  monnaie nationale «le Franc congolais » face au Dollar américain, la devise la plus utilisée en République Démocratique du Congo. En effet, il faut actuellement débourser mille six cent quatre vingt Francs congolais (1680 FC) voir mille sept cent francs (1700 FC) pour un Dollar américain alors qu’il y a quelques mois, la parité entre la monnaie nationale et le Franc congolais était de neuf cent vingt francs pour un dollar.

La perte de valeur du franc congolais entraine avec elle l’augmentation des prix des biens et services au grand dam de la population congolaise longtemps paupérisée et démunie avec la mauvaise gouvernance et la course effrénée à l’enrichissement rapide de ses gouvernants passés et actuels. Les agents et fonctionnaires de l’Etat, les militaires, policiers, agents des services de sécurité, médecins, magistrats, enseignants tous payés en francs congolais sont les premiers à payer le prix de la dépréciation de la monnaie nationale.

En effet, à titre illustratif, le salaire d’un Attaché de Bureau de deuxième classe (ATB2) au sein de l’Administration publique qui est de septante mille francs congolais (70000 FC) est passé, avec la dépréciation, de 76$ à 42$ rendant ainsi de plus en plus difficile son vécu quotidien. Dans plusieurs familles, deux à trois enfants se partagent un morceau de pain sec pour ceux qui ont de la chance. Pire encore, des enfants peuvent attendre parfois jusqu’à des heures indues pour mettre quelque chose sous la dent après le retour des parents qui pour la plupart sortent très tôt pour aller à la recherche d’un bienfaiteur pour les chômeurs ou aller faire la queue devant une banque pour toucher le salaire modique de misère que leur octroie l’Etat congolais pour les agents et fonctionnaires de l’Etat, les militaires, policiers, etc.

Des familles entières sont humiliées par des propriétaires des maisons dans certains quartiers par manque des moyens financiers pour payer le loyer ainsi que les factures de l’eau et de l’électricité dont la plupart d’autorités congolaises, profitant de leurs rangs respectifs ne s’acquittent même pas. C’est ainsi que la Régie de Distribution d’Eau (REGIDESO) et la Société Nationale d’Électricité (SNEL) se rabattent sur une population déjà paupérisée avec des factures qui augmentent régulièrement et de manière non proportionnelle avec la consommation réelle de l’eau ou de l’électricité.

Les abonnés de ces deux sociétés d’Etat sont devenus des vaches à lait et sont souvent obligés de s’acquitter de leurs factures sous diverses menaces de coupure d’eau ou d’électricité de la part des agents très zélés dépêchés sur terrain et qui n’hésitent pas parfois à solliciter des sommes d’argent indues auprès des consommateurs d’eau et d’électricité pour éviter ladite coupure.

Au regard de l’effritement continu du tissu socio-économique, certaines corporations socio-professionnelles ont pris leur courage en mains en vue de revendiquer des réajustements salariaux auprès de leur employeur, l’Etat congolais. Des appels à la grève sont lancés par de nombreux employés de l’Etat congolais pour revendiquer l’indexation de leurs salaires au taux de change fixé par la loi des finances ou le budget 2017, soit 1425 francs congolais pour un dollar américain en lieu et place de 920 francs congolais pour un dollar.

Les Médecins bien organisés ont été les premiers à lancer le mot d’ordre de grève suite au silence observé par le gouvernement à répondre à leur cahier des charges. La grève des médecins est effective depuis vendredi 21 juillet 2017 à 7H30 et seul un service minimum est assuré dans tous les hôpitaux sur toute l’étendue de la RDCongo. De leur côté, les professeurs des Universités qui ont menacé également d’emboiter le pas aux médecins auraient trouvé une solution aux mêmes revendications à travers les promesses leur faites. Les autres agents et fonctionnaires de l’Etat rassemblés la semaine dernière à la célèbre Place dite Golgotha ont également menacé d’aller en grève pour le même motif tandis que la Confédération du syndicat des infirmiers du Congo menace d’aller en grève dès lundi 24 juillet 2017 pour exiger l’indexation de leurs salaires au taux prévu par le Budget 2017.

Eu égard à tout ce qui précède, la VSV dénonce les souffrances indicibles et la misère devenues le lot quotidien de la population congolaise privée de la jouissance effective des droits sociaux et économiques suite à la mauvaise gouvernance et aux injustices criantes pratiquées par les différents gouvernements congolais sous la barbe de l’institution Président de la République ainsi que l’opacité qui entourent la fixation des salaires, émoluments, dotations et autres primes des animateurs des institutions en général et les institutions Président de la République et Gouvernement en particulier.

Cependant, tout en soutenant les revendications légitimes des réajustements des salaires, la VSV s’interroge sur l’efficacité des démarches entreprises par les agents et fonctionnaires de l’Etat et les autres corporations socioprofessionnelles dont les revendications ne mettent l’accent que sur l’indexation de leurs salaires au taux prévu par la loi des finances 2017 au moment où nul ne peut à ce stade prédire jusqu’où ira la dépréciation de la monnaie nationale.

 La VSV se demande si les agents et fonctionnaires de l’Etat se contenteraient du taux prévu par la loi des finances 2017 si un dollar américain équivaudrait trois mille francs congolais (3000FC) ou plus les jours à venir.

Pour la VSV, la solution pour l’amélioration effective des conditions socioprofessionnelles des agents et fonctionnaires de l’Etat doit impérativement passer par la mise en place d’une bonne politique de répartition équitable du revenu national dont le soubassement demeure la réduction effective du train de vie des animateurs des institutions de la République en général et en particulier les institutions Président de la République et Gouvernement que tout le monde y compris, chose étonnante, certains députés nationaux rêvent d’intégrer .

La VSV demande aux agents et fonctionnaires de l’Etat de ne pas se contenter des solutions ponctuelles mais plutôt de celles qui sont durables en vue de mettre fin aux injustices criantes en RDCongo et de contribuer à la valorisation du travail de chaque congolaise et de chaque congolais. Ils doivent désormais s’unir et être solidaires pour revendiquer leur droit
légitime à un salaire décent qui leur permet de nouer les deux bouts du mois et d’épargner comme les ministres et autres mandataires de l’Etat.

Aussi, la VSV demande-t- elle aux agents et fonctionnaires de l’Etat de tout mettre en œuvre pour se concentrer après les revendications relatives à l’indexation des salaires au taux prévu par la loi des finances 2017 sur des revendications susceptibles d’atténuer réellement la crise sociale. A ce sujet, les délégués syndicaux et les autres groupes de pression sont donc invités à s’investir pour savoir et rendre public ce que touchent réellement les animateurs des institutions nationales et leurs collaborateurs afin de mieux mener la lutte pour l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des agents et fonctionnaires de l’Etat.

Tout compte fait, il est plus que temps que cessent les violations des droits sociaux et économiques en RDCongo en octroyant des salaires décents à toutes celles et tous ceux qui travaillent pour l’intérêt supérieur de la nation. En cas de difficultés financières ou économiques que traverserait la RDCongo, tout le monde doit, y compris les animateurs des institutions, consentir des sacrifices sans discrimination pour une bonne harmonie sociale et la concorde nationale.

Fait à Kinshasa, le 24 juillet 2017.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME(VSV)

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