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Sauti Ya Congo > Non classé > Pas de levée de sanctions ciblées contre les hauts responsables Congolais impliqués dans les violations graves des droits humains sans garantie de justice [Communiqué conjoint]

RDC : Hebdomadaire des Droits Humains du 8 au 14 avril 2017

Publié le : 5 May,17 à 18 h 05 min

Ce rapport dresse un aperçu des développements et faits marquants en République démocratique du Congo entre le 8 et le 14 avril 2017, tels que documentés par des activistes des droits humains à travers le pays. Comme indiqué dans le texte, certains rapports repris ci-dessous sont préliminaires, et des enquêtes plus approfondies sont nécessaires pour confirmer les circonstances exactes d’un incident particulier ou d’autres détails. Bien qu’il couvre de nombreux évènements et parties du territoire congolais, ce rapport ne prétend pas à l’exhaustivité.

Niveau national :

Les Nations unies ont déclaré avoir recensé 132 arrestations à travers la République démocratique du Congo le 10 avril. L’UDPS avait appelé à manifester ce jour-là dans tout le pays pour réclamer l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre. Quelques manifestations ont été dispersées à travers le pays. Deux jours plus tard, environ 51 personnes avaient été relâchées, selon M. Koffi Edem Wogomebou du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme en RDC (BCNUDH). Il a précisé que l’essentiel des arrestations avaient eu lieu dans des grandes villes.

Le Chef de l’État a demandé le 12 avril au Ministre de la Justice « de prendre urgemment les dispositions » pour que « les parquets et auditorats compétents puissent ouvrir des enquêtes (là où ce n’est pas encore le cas) et diligenter celles en cours, pour que dans les meilleurs délais, justice soit rendue aux victimes des atrocités décriées dans les provinces concernées par la milice Kamuina Nsapu ».

L’un de deux potentiels suspects du meurtre de deux experts de l’ONU tués en mars dernier au Kasaï et quatre policiers commis à leur garde ont été auditionnés par la justice militaire à Kananga. L’annonce a été faite le 14 avril par l’Auditeur général des FARDC, le Général major Ponde Isambwa. Il a indiqué que le deuxième suspect avait réussi à s’échapper. L’auditeur général de l’armée a précisé que deux hauts magistrats étaient sur place pour poursuivre les investigations sur les exactions commises dans cette région du pays.

 L’évolution de la situation sécuritaire semble présenter un grand danger de déstabilisation et de perturbation des activités d’enrôlement des électeurs prévues pour le mois d’avril au cas où la paix et la tranquillité ne seraient pas rétablies dans le Grand Kasaï.

Kinshasa a décidé de suspendre sa coopération militaire avec Bruxelles le 13 avril. L’information a été confirmée par le porte-parole du ministère belge de la Défense.

Régions :

Kasaï

La tension est restée vive dans la ville de Kananga. Des affrontements dans la nuit du 10 au 11 avril ont occasionné de nombreuses arrestations arbitraires de jeunes hommes dans les quartiers Kabanza et 20 Mai dans la Commune de Kananga II et vers Katoka. À ce bilan, s’ajouteraient la mort par balle d’un milicien et de deux militaires qui ont été décapités.

Conflit inter-ethnique autour de la ville de Tshikapa : les Lubas accusent les peuples Tshokwes et Pendes, originaires de plusieurs villages d’incendier les maisons de tous ceux qui parlent Tshiluba. Les villages de Kamako, Samba, Tukondo, Kabungu et Kamonia sont les plus affectés par ces tensions communautaires. Selon la Voix des Sans Voix, elles seraient entretenues par certaines autorités de la contrée, dont le maire de la ville de Tshikapa, Laurent Kambulu Mputu (de l’ethnie Tshokwe) et l’ex-ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, Maker Mwangu (de l’ethnie Pende). Ces derniers auraient distribué des armes à feu avec munitions et des armes blanches, dont des machettes, aux Tshokwe en vue de faire la chasse aux kasaïens Luba et Lulua.

Dans le territoire de Kabeya Kamuanga, secteur de Mpemba, plus précisément à Bena Nkongolu, une nouvelle incursion de présumés Kamuina Nsapu a été signalée le 13 avril. À la suite d’affrontements entre miliciens et forces de sécurité, cinq morts ont été déplorés.

À Mbuji-Mayi, le 10 avril, la marche pacifique organisée par le Rassemblement de l’opposition a été dispersée de manière brutale dans la commune de Dibindi. Dix manifestants ont été arrêtés ce jour-là, sous prétexte de n’avoir pas eu l’autorisation préalable de l’autorité compétente. Leur audition sous RMP 5159/PG/TT devant le Parquet de Général du Kasaï-Oriental s’est soldée par un classement sans suite du dossier ayant pour conséquence leur relaxation le 14 avril.

Haut-Katanga/Tanganyika

Une incursion de miliciens Kamuina Nsapu a été signalée le 9 avril dans la localité Kalamb et ses environs en territoire de Mutshatsha dans la province du Lualaba.

Véronique Moleka, Directrice des programmes de la radiotélévision dynamique émettant à Lubumbashi, a été enlevée par des personnes non autrement identifiées le 8 avril. Ce, après que sa chaine ait diffusé des images des militants de l’UNAFEC qui tenaient des propos de haine contre l’actuel Gouverneur du Haut-Katanga. Après 24 heures, elle a recouvré sa liberté à partir du cachot de la 22ième région militaire des FARDC.

Toujours à Lubumbashi, la violation de la liberté de manifestation des militants du Rassemblement des forces politiques et sociales a été signalée le 10 avril. Ces derniers avaient planifié d’organiser une marche pour réclamer l’application de l’accord du 31 décembre.

L’activiste des droits de l’homme Jean-Pierre Muteba a été libéré sous caution le 13 avril à Lubumbashi, après quatre jours de détention. Ce Président de la Nouvelle dynamique syndicale, avait été arrêté le 10 avril. Il est poursuivi pour « rébellion » et « outrage à officier de police ». Son arrestation avait été dénoncée par des organisations de défense des droits de l’homme.

Sud-Kivu

Fizi, Uvira & Mwenga

À Uvira, un cambriolage a été opéré le 8 avril par des hommes armés non autrement identifiés à la Coopérative dénommée « Coopec Kalundu ». Cette institution a fermé ses portes momentanément. Les détenteurs des comptes dans cette Coopérative prépareraient déjà une marche pour réclamer leurs fonds. Ils déplorent cette pratique qui devient répétitive dans les coopératives pour déstabiliser et dévaliser l’épargne de la population.

Le docteur Gildo Byamungu Magaju, médecin directeur de l’hôpital général de Kasenga Uvira, a été victime d’une attaque à son domicile au quartier Kakombe, le 13 avril, par des hommes armés non autrement identifiés. Il a reçu trois balles dans le ventre et à sa main gauche. Il a été acheminé dans un centre hospitalier, avant de succomber à ses blessures quelques heures plus tard.

Des affrontements ethniques ont été de nouveau signalés entre les communautés Banyamulenge et Bafuiru dans la localité de Bijombo dans les hauts-plateaux de Mulenge. Selon le Président de la nouvelle société civile d’Uvira, M. Misare Claude, le bilan déploré est de six morts et plusieurs maisons incendiées. Il a alerté sur le fait que les deux communautés ont toutes des groupes armés. Du coté des Banyamulenge, il y a le groupe GOMINO alors que les Bafuliru ont les groupes Maï-Maï qui ses coalisent avec différentes tribus (Bafuliru, Banyindi et Babembe).

Shabunda & Bukavu

À Shabunda, les Raia Mutomboki du groupe armée Ndarumanga ont investi le village de Kalagula et ses environs le 11 avril, et volé 19 vaches et d’autres biens. Ils se seraient ensuite enfouis vers le village de Kanengena où se trouve leur siège.

À Bukavu, 12 personnes, dont deux femmes, ont été arrêtées au Rond-point Major Vangu dans la commune d’Ibanda lors de la marche pacifique prévue par le Rassemblement de l’opposition le 10 avril, qui a été dispersée par les agents de l’ordre. Les personnes arrêtées ont été relâchées suite à l’intervention de la MONUSCO.

Nord-Kivu

Lubero & Beni

Des actes de banditisme en complicité avec les FARDC de l’unité Génie basée dans la localité de Cantine en territoire de Beni, près du territoire de Lubero, ont été signalés. Selon des sources locales, ces soldats font souffrir la population et se sont lancés dans le commerce des planches et de l’or. Des barrières de ces militaires sont également érigées entre Cantine et Mabalako où de 500 à 1500 FC sont perçus obligatoirement pour chaque passage de moto, vélo et véhicule.

Quatorze militaires, dont un officier supérieur des FA RDC, déployés dans les opérations Sokola 1 Sud à Beni ont été arrêtés et mis à la disposition de l’auditorat militaire supérieur opérationnel du Nord-Kivu le 13 avril. Selon des sources judiciaires, ils sont poursuivis pour pillages de maisons des populations pendant une opération que l’armée a menée les 2 et 4 avril contre un groupe de Maï-Maï à Kalau. Tous ces militaires sont détenus à la prison centrale de Kangwayi de Beni. Au moins 70 victimes sont déjà entendues par les enquêteurs, qui sont appuyés techniquement par le BCNUDH.

Goma-Rutshuru-Nyiragongo

Douze personnes ont été kidnappées alors qu’elles se rendaient aux champs le 13 avril à Kibirizi. Les témoins affirment que les ravisseurs sont des  combattants Nyatura, dirigés par le commandant reconnu au nom de « Tout terrain ». Quatre personnes ont réussi à s’échapper, huit autres sont restées entre les mains des ravisseurs. Au lendemain de ce kidnapping, les autorités locales ont été contactées par le chef Nyatura pour exiger la libération de trois personnes (deux femmes et un homme) qui avaient été arrêtées par les Maï-Maï Mazembe et remis aux FARDC le 12 avril en échange des huit kidnappés.  L’échange des prisonniers a eu lieu le même jour dans les forêts de Kahumiro.

La situation de Bambu et Kishishe et Kibirizi est restée tendue. Les Maï-Maï et les Nyatura ont multiplié des attaques et enlèvement des civiles dans ces villages, mais aussi dans d’autres villages en chefferie de Bwito. Du 1er au 9 avril, dans quatre villages, dont Mukondo, Kilama, Kishishe et Bambu-centre, on a répertorié 383 maisons incendiées dans le conflit ethnique orchestré par les Maï-Maï Mazembe et le Nyatura. Selon des sources militaires, depuis janvier 2017, les combats entre les M23 et l’armée Congolaise auraient déjà causé la mort de deux lieutenant-colonels, de deux majors, de quatre capitaines et de 15 militaires de rang.

Masisi, Goma, Walikale

Deux civils ont été tués à la suite d’une attaque des combattants Nyatura à Kasei, village situé entre Luke et Katoyi dans le Groupement Nyamaboko I le 11 avril. Les hommes fidèles au Général autoproclamé Delta ont attaqué ce village où résidait l’adjoint de Delta dénommé Kigingi. Plusieurs autres civils ont fui vers la brousse. Après l’attaque, chaque camp a repris le contrôle de ses positions. Une très forte inquiétude règne encore au sein des populations civiles.

Antoine Hakizimana, Président des déplacés de Mweso, a été tué par des hommes armés non autrement identifiés. Cet assassinat a provoqué une indignation au sein des déplacés.

Au moins 30 jeunes du mouvement citoyen LUCHA ont été brutalement arrêtés le 12 avril par la police à Goma devant la Direction provinciale de la Banque Centrale du Congo. Les journalistes qui couvraient cet événement ont été brutalisés et leur matériel confisqué par le Commandant second de la PNC au Nord Kivu, le Colonel Van Kasongo. Les jeunes activistes ont été libérés plusieurs heures après.

Opération de collecte systématique des vivres signalée depuis une semaine à Mutandala, en groupement Bakonjo (Walikale). Un groupe d’une trentaine de miliciens Raia Mutomboki conduits par leurs leaders (Elenge, Shukuru, Kisekelwa) en est l’auteur.

Haut & Bas Uelé, Ituri

Le maire de la ville de Bunia (Ituri), Ferdinand Fimbo, est accusé d’avoir détourné environ 270 millions francs congolais (environ 270 000 dollars américains) entre 2015 et 2016. Selon un rapport d’audit de l’Inspection de la territoriale, publié mardi 11 avril, l’argent détourné faisait partie des recettes publiques de la capitale provinciale de l’Ituri. La LUCHA a dénoncé ce qu’elle qualifie de « la protection et l’impunité totale » dont semble jouir le Maire de Bunia de la part des autorités judiciaires et de sa hiérarchie politico-administrative, en particulier le Gouverneur de l’Ituri, Abdallah Pene Mbaka.

Maniema

À Kindu, il a été déploré l’interdiction, la dispersion et les arrestations arbitraires des partisans du Rassemblement qui voulaient se livrer à la marche pacifique du 10 avril pour réclamer l’application de l’Accord politique du 31 décembre.

Des cas d’extorsion et vol répétitifs ont été signalés entre le secteur de Babuyu et celui de Bangubangu à Misisi. Ils sont perpétrés par des jeunes inciviques en territoire de Kabambare. À cela s’ajoute, la multiplicité de taxes illégales et exorbitantes perçues à Salamabila, vers Matete.

Depuis le début de l’année à Kibombo Rive (Beach du fleuve Congo), le Chef de service de Tourisme oblige aux habitants qui traversent le fleuve un paiement de 1000 FC.

Mai-Ndombe

Les conditions de détention des prévenus à la prison centrale de la ville de Bandundu « prison du cinquantenaire » ne s’améliorent pas. Selon des sources sur place, le dispensaire de cette prison n’a pas de médicaments. Tout détenu qui tombe malade est pris en charge par sa famille. Il en est de même quant à la restauration.

Équateur

La marche pacifique de l’Opposition politique du 10 avril a été dispersée par les éléments de la Police Nationale à Mbandaka. Cette dispersion est intervenue au niveau de Bralima, juste 3 km après le début de la marche qui est partie des bureaux de la commune de Wangata dès 9 heures. Il n’y a pas eu d’arrestations, ni dégâts observés.

Kinshasa

Le 12 avril, l’opposant Jean-Claude Muyambo a été condamné à cinq ans de prison. Il a été reconnu coupable d’abus de confiance dans l’affaire du conflit immobilier qui l’oppose au grec Alexandros Stoupis. L’ancien bâtonnier avait été arrêté à Lubumbashi en marge des manifestations de l’opposition contre la modification de la loi électorale en janvier 2015. Depuis son arrestation, il est incarcéré à la prison de Makala à Kinshasa. De nombreuses organisations de la société civile estiment qu’il s’agit d’une condamnation motivée politiquement.

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