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RDC : Hebdomadaire des Droits Humains du 4 au 10 mars 2017

Publié le : 13 March,17 à 12 h 53 min

Ce rapport dresse un aperçu des développements et faits marquants en République démocratique du Congo entre le 4 et le 10 mars 2017, tels que documentés par des activistes des droits humains à travers le pays. Comme indiqué dans le texte, certains rapports repris ci-dessous sont préliminaires, et des enquêtes plus approfondies sont nécessaires pour confirmer les circonstances exactes d’un incident particulier ou d’autres détails. Bien qu’il couvre de nombreux évènements et parties du territoire congolais, ce rapport ne prétend pas à l’exhaustivité.

Niveau national :

Le report sine die du retour à Kinshasa de la dépouille d’Étienne Tshisekedi, ainsi que le retrait de l’accord de la famille pour faire reposer le corps de cet ancien dignitaire de la République dans le cimetière de la Gombe, ont motivé la décision de la Ville de Kinshasa d’ordonner le 6 mars l’arrêt définitif des travaux de construction du mausolée. Des militants de l’UDPS ont exigé que le corps de leur chef soit enterré au siège de son parti à Limete.

Entre-temps, des fissures au sein du Rassemblement ont persisté. L’ensemble des neuf plateformes formant le Rassemblement ont apporté leur soutien à Felix Tshisekedi et Pierre Lumbi. Cependant, certains membres individuels regroupés autour de Joseph Olenghankoy ont contesté ces désignations. L’Abbé Nshole a qualifié cette situation de « couac […] qui ne fait pas du bien au peuple congolais qui aspire à l’application de l’accord du 31 décembre ».

Le 8 mars, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a exhorté le Conseil des droits de l’Homme à établir une commission d’enquête sur les récentes graves violations des droits humains dans les provinces des Kasaïs et de Lomami. Le Haut-Commissariat s’est également engagé à surveiller attentivement les développements judiciaires concernant les actions des forces de sécurité qui ont entraîné la mort de plus de 100 personnes dans le pays en septembre et en décembre.

La journée du 8 mars, consacrée aux droits de la femme, a été placée sous le signe du travail décent en RD Congo. Le plaidoyer a été fait à travers le pays sous le thème « RDC 50-50 à l’horizon 2030, investir dans le travail décent et le plein emploi dans un climat de paix et d’équité ».

Provinces :

Kongo-Central

Une « Journée sans voiture » a été observée le 7 mars à Matadi à l’initiative du député national Albert Fabrice Puela, dans le but de sensibiliser au délabrement des routes, et d’exhorter les autorités à prendre des mesures, telles la réouverture de chantiers routiers.

Kasaïs

L’insécurité permanente causée par l’activisme des éléments présumés Kamuina Nsapu a continué à paralyser les activités à travers les Kasaïs. Des écoles aux marchés en passant par les universités, les commerces, les entreprises, les tribunaux, tout a fonctionné au ralenti.

La situation est restée marquée par des tracasseries policières, des extorsions, des visites domiciliaires nocturnes, des vols à main armée et des atteintes à la vie humaine perpétrées par des hommes en uniforme de la Police Nationale, des Forces Armées ou des civils non autrement identifiés.

Le groupe d’Intervention Rapide, une unité de la police commise dans la traque de la milice dans le territoire de Kazumba, vers le village Bilomba, aurait procédé à des arrestations arbitraires, et abattu des chèvres des villageois. Le bilan avancé par l’Administrateur du territoire est 43 personnes mortes à la suite d’affrontements, sans préciser le nombre de ces morts dans chaque camp. Des sources locales indiquent que la majorité des personnes tuées sont des miliciens. Plusieurs autres ont été blessées, et de nombreuses cases ont été incendiées.

Depuis le 6 mars, une quarantaine de Casques bleus du contingent uruguayen sont déployés dans le territoire de Kabeya Kamuanga, au Kasaï-Oriental. Ils sont basés à Keena Nkuna, chef-lieu de ce territoire. Les Casques bleus ont pour mission de faire face à l’insécurité due aux accrochages entre la milice Kamuina Nsapu et les forces de l’ordre, dans les zones de Tshimbulu, Dibaya, Kabeya Kamuanga et Miabi.

La Justice militaire a poursuivi l’audition des trois officiers FARDC (Major Pichou Maneno Katembo, Nyembo Buana Moya et Bitshiunda Martin) ayant conduit les éléments qui auraient commis des exécutions sommaires dans le village de Muanza Lomba, territoire de Miabi, dans le Kasaï-Oriental.

Haut-Katanga

Gaspard Kahenga, activiste des droits humains et membre de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile a été arrêté le 10 mars. Il voulait assister son frère, victime de menaces d’arrestation de la part d’une femme se réclamant de la famille présidentielle. Laquelle femme se serait disputée avec son frère. L’activiste a été arrêté et conduit au Ministère de l’intérieur et ensuite au cachot de la police (services spéciaux) où il a passé plus de 10 heures, avant d’être relâché.

De vives tensions ont été signalées dans le camp de déplacés de Mwenge (territoire de Pweto) après l’enlèvement deux semaines plus tôt de cinq personnes de la tribu Twa (Pygmées) par des personnes se réclamant de la milice « Eléments » venue du territoire de Manono. Pour la société civile locale, tout porte à croire que le conflit pygmées-bantoues est entretenu par les autorités politico-administratives et celles en charge de la sécurité. Car, elle ne s’explique pas comment dans une zone sécurisée, les bantous venus d’un territoire voisin peuvent se permettre d’opérer un kidnapping des pygmées.

Un sit-in « sans incidents » de dix militants de la LUCHA a été observé devant le Gouvernorat de la province à Lubumbashi. Ces activistes ont protesté contre la montée en flèche du prix du sac farine de maïs qui se vend actuellement à 35 000 FC au lieu de 10 000 FC auparavant.

La Cour d’Appel de Lubumbashi a repris le 9 mars les audiences foraines à la prison de la Kasapa. Elles se rapportent aux échauffourées du 29 août 2016 qui avaient conduit à la condamnation, en audience de flagrance, de 11 personnes par le Tribunal de Grande Instance sous le Registre Pénal 12483.

Sud-Kivu

Dans les territoires d’Uvira, Fizi, Kalehe et Mwenga, la situation a été caractérisée par les opérations militaires, des cas d’embuscades et pillage récurrents, des vols à main armée, enlèvements, menaces et arrestations arbitraires commis par différents groupes armés, mouvements d’autodéfense ainsi que les forces de sécurité.

Un militaire a été blessé et trois vaches volées lors d’un accrochage entre FARDC et un groupe armé non encore identifié à Nyakabere, dans la plaine de Ruzizi juste à 2 km au nord d’Uvira le 6 mars.

Un élément Maï-Maï a été capturé et emmené à la prison de Fizi pendant des affrontements entre FARDC et Maï-Maï Yakutumba à Yungu (au bord du lacs Tanganyika) dans la nuit du 5 au 6 mars.

Des hommes armés non-autrement identifiés ont tué par balle un jeune homme dans le quartier Kalundu à Uvira le 4 mars vers 23 heures. Ils ont ensuite pris la fuite vers le Mont Mitumba.

Le chef milicien Mandjinga et son épouse ont été tués dans la nuit du 5 au 6 mars. Ce meurtre a provoqué des tensions au sein de troupes de Raia Mutomboki, qui sont partis à la recherche de l’auteur du crime, qui serait le second du chef. Selon des sources locales, un conflit ancien au sujet des concessions foncières opposait les victimes et le présumé tueur.

Onze femmes (dont l’âge varie de 17 à 45 ans) ont été victimes d’arrestation arbitraire de la part de la Police Nationale Congolaise le 8 Mars à Uvira aux environs de 19 heures. Cette arrestation s’est opérée sous prétexte qu’elles étaient en état d’ivresse et mal habillées. Selon Elles ont été relâchées suite aux interventions la Société Civile en collaboration avec la MONUSCO. Selon des observateurs locaux, ce genre de pratiques sont fréquentes de la part de la Police locale juste pour rançonner les paisibles citoyens.

Un garçon de 18 ans a été torturé par des éléments Nyantura au niveau de Lumbishi dans les hauts plateaux de Kalehe le 3 mars. Il était accusé d’appartenir au groupe Raia Mutomboki  Mihali basé à Ziralo. Il a été interné au Complexe Scolaire de Lumbishi pour des soins. Un homme et une femme auraient été torturés par des militaires FARDC dans le Parc National de Kahuzi Biega le 8 mars, après avoir refusé de leur donner 200 FC. Ces victimes ont ensuite été emmenées au centre hospitalier de Bitale.

Onze femmes ont été violées la nuit du 4 au 5 mars, à Chambombo, dans les hauts plateaux de Kalehe, par des éléments Nyantura de M. Kalume venus de Lumbishi pour voler des bovins.

Nord-Kivu

Lubero

Deux femmes ont été violées par des présumés miliciens Kilalo le 6 mars dans le village de Kavale, situé environ 4 km au sud-ouest de Kirima.

Une perception illicite de taxes par les miliciens du groupe Nduma Defense of Congo (NDC) a été signalée au village de Biambwe sur l’axe Butembo-Manguredjipa à la suite d’une incursion dans le sud et l’ouest du Lubero le 8 mars.

Beni

La situation sécuritaire à Beni a été relativement calme malgré quelques cas isolés d’exactions commises par des hommes armés. Un corps sans vie poignardé a été retrouvé à Mayangose Malolu dans les champs.

Rutshuru-Nyiragongo

Vingt-quatre personnes ont été kidnappées dans les champs à Buhimba (groupement Bukoma) le 3 mars par des présumés Nyatura. Parmi ces personnes, 18 de la communauté Hutu ont été relâchées sans condition, et six autres de la communauté Nande ont été relâchées le 5 mars après paiement de 400$ par personne. Cette situation a attisé la haine tribale entre les deux communautés vivant à Kiwanja. Selon des témoins, les ravisseurs faisaient partie d’un nouveau groupe armé composé essentiellement de jeunes de la communauté Hutu.

Le 3 mars, un homme a été lapidé par des civils à Kagando dans le Groupement de Bambu. Selon des sources locales, la victime était un bandit armé et commettait beaucoup d’exactions contre les civils. Il a été pris la nuit alors qu’il tentait de pénétrer dans une maison.

Un policier a été tué la nuit du 4 au 5 mars à Nyanzale alors qu’il faisait la garde au Bureau du centre d’enrôlement des électeurs sis à l’église Cebca. La victime aurait été tuée par balle par des hommes armés. Un autre policier a été blessé par balle la nuit du 6 au 7 mars dans cette même cité par les Nyatura qui ont attaqué leur poste.

Quatre personnes ont été tuées à Birundule le 6 mars par des présumés Maï Maï Mazembe. Parmi les victimes, il y a un couple qui revenait du champ. Quatre autres personnes ont été kidnappées le 10 mars au village Mushweshwe par des présumés Maï Maï Mazembe. Lors de la rédaction de ce rapport, aucune information supplémentaire sur ceci n’avait été rapportée.

Walikale

Un militaire des FARDC en état d’ébriété a tiré sur un habitant le 8 mars à Kibati dans le groupement de Luberike. La victime retournait chez elle lorsqu’elle a reçu une balle qui l’a blessé à la cuisse après une altercation. Elle a ensuite été emmenée à l’hôpital de Kashebere pour des soins. Une vive tension a été observée au sein de la population qui a décrié cette deuxième fusillade en l’espace de deux semaines de la part des ceux qui sont censés la protéger.

Ituri

Plus de trente maisons et les bâtiments de quatre écoles primaires ont été endommagés à la suite d’une pluie qui s’est abattue le 2 mars dans la localité d’Ingbolokolo, en territoire d’Aru.

Plus d’un millier d’élèves de ces écoles n’ont pas pu étudier suite aux dégâts causés par cette calamité naturelle. La société civile a lancé un cri d’alarme pour sauver l’année scolaire dans cette partie du pays. L’opération d’enrôlement dans les deux centres abrités par ces écoles a été également suspendue.

Haut et Bas Uélé

Un homme de 22 ans, originaire d’Aru, suspecté d’être espion de la LRA a été capturé par la population à Nawangu, à 4 km au sud de Doruma, axe Bangadi, le 2 mars. Il a subi un interrogatoire sévère. Durant le mois de février, 78 personnes ont été enlevées par la LRA ; 39 personnes ont été relâchées par la suite, dont 17 femmes, parmi lesquelles huit filles.

Kwango, Kwilu, Mai Ndombe

Une centaine d’étudiants de l’Université de Kikwit ont protesté du 6 au 8 mars contre l’application du taux de change autre que celui fixé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire pour le paiement leurs frais académiques. Le taux officiel étant de 1 USD pour 967 CDF, mais les autorités académiques calculent sur base d’un taux de 1 USD pour 1 350 CDF.

La société civile a déploré le surpeuplement, les mauvaises conditions et la mauvaise prise en charge médicale dans les prisons dans cette partie du pays. À Bandundu, il y a 375 prisonniers pour une capacité d’accueil de 250. À Kenge, 123 détenus vivent dans un espace prévu pour 35 personnes. À Kikwit, la prison est dans un état de délabrement très avancé, et est sous-peuplée, avec 356 détenus pour 1 000 places prévues. Les directeurs de ces prisons ont appelé le gouvernement central à prendre ses responsabilités en main en les approvisionnant en nourriture et médicaments.

Kinshasa

Les habitants de Ma campagne ont demandé au gouvernement de rétablir l’eau et l’électricité dans ce quartier de Kinshasa, où se trouve la résidence de Ne Muanda Nsemi, député et président du parti politique Bundu Dia Mayala (BDM). Ils ont affirmé en avoir été privés depuis trois semaines.

Suite à l’arrestation de Ne Muanda Nsemi le 3 mars, la Coalition des jeunes du Kongo-Central a appelé à sa libération. Dans une déclaration faite le 4 mars, la coalition a exprimé son indignation face à la politique du gouvernement congolais, qu’elle considère comme une politique de « deux poids, deux mesures ».

La situation des cachots du Tribunal de Paix de Ngaliema est préoccupante. Des activistes des droits humains ont observé que les détenus sont partagés entre ceux qui ont des moyens de se payer l’accès à la lumière (« Ciel ») et ceux qui n’ont aucun moyen qui restent dans la cave sans aucune lumière (« Enfer »).

SYC

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