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Sauti Ya Congo > Non classé > Pas de levée de sanctions ciblées contre les hauts responsables Congolais impliqués dans les violations graves des droits humains sans garantie de justice [Communiqué conjoint]

RDC : Hebdomadaire des Droits Humains du 15 au 21 avril 2017

Publié le : 6 May,17 à 18 h 01 min

Ce rapport dresse un aperçu des développements et faits marquants en République démocratique du Congo entre le 15 et le 21 avril 2017, tels que documentés par des activistes des droits humains à travers le pays. Comme indiqué dans le texte, certains rapports repris ci-dessous sont préliminaires, et des enquêtes plus approfondies sont nécessaires pour confirmer les circonstances exactes d’un incident particulier ou d’autres détails. Bien qu’il couvre de nombreux évènements et parties du territoire congolais, ce rapport ne prétend pas à l’exhaustivité.

Niveau national :

Au moins 17 nouvelles fosses communes ont été encore découvertes dans la province du Kasaï-Central. Au moins 40 fosses communes ont été documentées par l’ONU dans l’espace kasaïen depuis août 2016. L’annonce a été faite le 19 avril par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme. M. Zeid a affirmé que, faute d’enquête nationale sur ces violences, il n’hésitera pas à demander à la communauté internationale de soutenir une enquête menée par un mécanisme international, y compris par la Cour pénale internationale, afin d’enquêter et de poursuivre en justice les actes de violence dans les provinces du Kasaï.

Des interdictions et répressions de manifestations pacifiques, qu’elles soient politiques ou citoyennes, ont été observées à travers le pays.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a estimé le 21 avril que la nomination comme premier ministre de Bruno Tshibala, issu du Rassemblement de l’opposition de l’aile Olenghankoy, constituait une « entorse » à l’accord du 31 décembre 2016. Elle a déploré que les consultations entre le Chef de l’État et le Chef de délégation du Rassemblement aux négociations au terme desquelles allait être nommé le Premier ministre n’aient pas eu lieu. La CENCO a appelé à la mise en œuvre intégrale de l’accord.

Régions :

Kasaï

La situation est restée précaire à Kananga, après de longues semaines d’intenses affrontements mortels. Le 14 avril, un jeune homme a été abattu froidement par balle par un militaire. Selon des sources locales, le jeune marchait paisiblement de l’autre bord de la route lorsque le militaire l’a appelé. À son refus, le militaire lui a tiré dessus à bout portant. La victime a succombé sur le champ. Des tirs nourris ont été entendus tout le week-end.

Il a été signalé cette semaine le début d’instruction du dossier de victimes de violence sexuelle causées par les militaires et policiers lors des opérations de traque de miliciens du chef Kamuina Nsapu à Kananga. Après des pressions exercées sur lui, l’Auditorat militaire a finalement pris en charge les trois premiers dossiers des victimes, dont une mineure de 13 ans et sa mère violées par les mêmes militaires, et une femme violée par cinq autres militaires.

Les habitants de la partie Est de Kananga ont abandonné leurs maisons pour se déplacer vers les parties ouest et nord de la ville. Ils ont dit vivre sous la psychose et craindre d’éventuelles représailles de militaires après que les miliciens Kamuina Nsapu ont décapité, la semaine dernière, deux officiers FARDC. Si certains se réfugient dans des familles d’accueil, d’autres prennent la direction de la brousse pour se mettre à l’abri.

Le 21 avril, le ministre de l’Intérieur a remis à l’UNICEF et à la MONUSCO environ 52 enfants sortis de la milice Kamuina Nsapu. L’UNICEF a par ailleurs indiqué dans un communiqué que plus d’1,5 million d’enfants, dont 600 000 enfants déplacés, sont affectés par les affrontements entre les miliciens Kamuina Nsapu et les forces de sécurité dans les provinces du Kasaï.

Entre-temps, les cours suspendus depuis le mois de janvier dans la ville de Tshimbulu à cause de l’insécurité n’ont toujours pas repris. Tous les établissements scolaires restent fermés. Certains sont occupés par des militaires qui sécurisent la ville, d’où est partie la milice Kamuina Nsapu.

À Kananga, les cours ont repris timidement après les opérations de ratissage des forces de l’ordre qui recherchaient de présumés miliciens Kamuina Nsapu. Dans la commune de la Nganza, près de quatre mille élèves en déplacement avec leurs parents dans les quartiers voisins n’ont pas retrouvé le chemin de l’école.

Sur la route Mbujimayi Tshilunda, secteur de Mukumbi, en territoire de Lupatapata, des éléments des FARDC ont porté atteinte à la liberté de circulation des personnes et de leurs biens, exigeant un droit de passage de 1 000 FC à tous les citoyens qui empruntent cette route.

Haut-Katanga/Haut-Lomami

Vingt-cinq miliciens Kamuina Nsapu ont été arrêtés dans le territoire de Kapanga après leur incursion qui a duré plus deux semaines dans les villages Musumb, Kabamb, Kalamb et Wikong. Des sources locales redoutent que cette incursion attise un conflit interethnique susceptible d’éclater dans les prochains jours. Ceux qui ont perdu les leurs ou leurs biens pourraient se préparer à attaquer dans les autres villages du Kasai Central en représailles aux Kamuina Nsapu. Sur place, des activités de sensibilisation sur la cohabitation pacifique entre toute les communautés dans la zone ont eu lieu.

Un élément de la Garde Républicaine a administré des coups de baïonnette à un civil le 18 avril dans la carrière Tokotance, à 200 km de la cité de Kambove. La victime est internée dans l’hôpital de la Gécamines Kambove où il reçoit les soins.

Plusieurs mineurs, dont trois filles, qui ont été arrêtés pour des cas de flagrance par la police, sont depuis le 16 avril la même cellule que des adultes dans l’amigo de la police du territoire de Bukama (Haut-Lomami). La société civile locale, intervenant à Radio Okapi, par le canal de son Président Mathieu Ngandu, a recommandé aux autorités policières de mettre ces mineurs à la disposition d’une ONG locale pour leur rééducation, en attendant leur transfert au tribunal. Il a dit craindre que les filles notamment soient victimes de viol ou de harcèlement.

Sud-Kivu

Uvira & Fizi

Les affrontements interethniques entre les groupes armés de la communauté Banyamulenge et celle de Bafuliru et Banyindu dans les hauts plateaux d’Uvira ont occasionné des violations graves contre la population. Selon un représentant de la société civile, plus de huit villages ont été incendiés par ces groupes armés, dont les Maï-Maï du commandement Mushombe Baraha. Ces derniers ont incendié cinq villages le 14 et le 15 avril. Il s’agit de : Rubibi, Katoki, Bundamo (le chef-lieu de la zone de santé du haut plateau de Bijombo), Magogo, Chanzovi, et Kiziba. Plus de 37 jeunes ont été tués et 21 autres enlevés, sept femmes violées, plus de 15 enfants disparus de leurs familles, deux écoles incendiées, les bétails tués et des biens pillés par des assaillant des deux parties. Il y a eu des déplacements massifs de la population vers les villages voisins suite à ces conflits ethniques violents. La population déplacée vit dans des conditions inhumaines et précaires.

Pour faire pression sur les autorités à la suite du meurtre de leur collègue, deux structures professionnelles de médecins de la province ont appelé à une grève de trois jours à partir de samedi 15 avril. Si cette consigne n’a pas été suivie dans les hôpitaux, l’objectif aura été de pousser les autorités judiciaires à accélérer l’enquête sur le meurtre de Dr Gildo Byamungu Magandju, médecin directeur de l’hôpital de la 8e CEPAC Kasenga assassiné le 14 avril à son domicile à Uvira.

Du matériel d’enrôlement et d’autres biens de la CENI ont été emportés par des hommes armés non autrement identifiés le 16 avril vers 22 heures locales dans un centre d’identification de l’EP Akomba à Kakomba à 9 km au sud de la cité de Baraka en collectivité de Mutambala. Pour ce deuxième vol de kits électoraux, des sources locales renseignent que ces assaillants armés étaient plus de quatre. Certains portaient des uniformes militaires et d’autres des tenues civiles. Ils ont disparu après avoir commis cet acte.

Walungu & Kalehe

Des militaires FARDC ont été désignés comme auteurs de viol de trois femmes et quatre filles, qui seraient toutes des femmes des Raia Mutomboki, le 20 avril à Mihamba, chefferie de Buloho dans le groupement de Karali. Ces militaires se trouvaient parmi plus de 40 autres à la chasse des éléments Raia Mutomboki, et qui extorquaient des bidons d’huile aux usines se trouvant dans cette entité coutumière.

Nord-Kivu

Lubero & Beni

Des actes de banditisme en complicité avec les FARDC de l’unité Génie basée dans la localité de Cantine en territoire de Beni à proximité du territoire de Lubero ont été signalés. Selon des sources locales, ces soldats font souffrir la population et se sont lancés dans le commerce des planches et de l’or dans cette contrée. Un certain capitaine Américain est l’homme qui sème la terreur. Agissant de connivence avec des grands bandits du milieu, ils volent, pillent, violent et extorquent la population. Sept cas ont été enregistrés depuis le début de ce mois. Des barrières de ces militaires sont également érigées entre Cantine et Mabalako où 500 à 1500 FC sont perçus pour chaque passage de moto, vélo et véhicule.

Les jeunes militants de la Véranda Mutsanga de Butembo, sont privés de leur liberté de manifestations pacifiques. Depuis deux semaines, ils cherchent à tenir une marche pacifique mais la Police Nationale Congolaise bloque leur manifestation. Une quinzaine d’entre eux ont été arrêtés par la police dans les communes de Bulengera et Mususa.

Rutshuru-Nyiragongo

Le Directeur de la radio Raha Voice et deux membres de la société civile locale ont été interpellés et détenus à l’ANR le 20 avril à Vitshumbi. Ils ont été arrêtés pour avoir animé une émission 72 heures plus tôt dans laquelle ils ont dénoncé une double taxation de la COPEVI et d’autres services de l’État. Ils ont été transférés à Rutshuru, avant d’être libérés.

Des cas de kidnapping ont été nombreux cette semaine après celui du Président de la communauté Nande de Bambu qui a été kidnappé le weekend précédent. Le 15 avril au village de Kisehe, un homme de 70 ans a été kidnappé par des hommes armés, présumés combattants Nyatura, alors qu’il était en train de faire paitre ses chèvres. Considérant le fait que sa famille n’obtient aucun signe de vie de la victime, elle se réserve de payer une rançon.

Un déplacé du camp des déplacés de Kabizo, au village Ruza camp, a été kidnappé le 16 avril par des combattants Nyatura. Ces derniers ont par la suite exigé une rançon de 1 000$ ou son équivalant de 10 chèvres. Dans les champs à Kibende, situé à l’ouest de Kinyandonyi et Kibututu, deux personnes ont été kidnappées par des hommes armés le 21 avril.

Goma

Dix-sept militants, dont trois femmes, ont été interpellés puis transférés au parquet près le tribunal de paix de Goma le 19 avril en marge d’un sit-in de la LUCHA devant la Banque Centrale du Congo pour exiger des mesures devant permettre à des clients d’une banque commerciale et de plusieurs coopératives de microfinance en difficulté financière de recouvrer leurs épargnes. Amnesty International, qui exigeait leur libération immédiate et sans condition, a déploré l’utilisation « abusive » de l’amende transactionnelle. Les militants ont finalement été libérés le 22 avril, sans payer d’amende.

Haut & Bas Uelé, Ituri

Deux blessés Mbororo ont été déplorés à la suite d’un différend entre population locale et ces derniers autour de l’envahissement de champs le 16 avril à Poko (133 km d’Isiro). Les deux blessés ont été admis aux soins de santé à l’hôpital général de référence de Poko. Le lendemain, il y a eu soulèvement populaire contre les Mbororo. Une équipe de militaires FARDC a été dépêchée de Buta à Poko pour assurer la sécurité.

Un sit-in du mouvement citoyen Filimbi devant le gouvernorat de la province de l’Ituri pour exiger le départ du maire de la ville, Ferdinand Fimbo, a été dispersé le 19 avril. Le maire a été accusé d’avoir détourné 270 millions de dollars et d’avoir agressé sa comptable.

Maniema

Après 47 jours de détention, parmi les six agents de Namoya Mining kidnappés, un d’entre eux, le tanzanien Yousouf Kapanda, a été libéré et les autres y sont restés. Cette libération a abouti le 17 avril grâce à la Commission de médiation mise en place par le Curé de la paroisse de Salamabila en territoire de Kabambare. Les démarches continuent pour que les trois Congolais et un autre agent de nationalité française soient également libérés.

Kwilu

Plusieurs habitants de la cité de Bulungu ont manifesté le 17 avril devant le parquet de Grande Instance de cette cité pour protester contre le décès la veille de deux détenus dans l’amigo de ce parquet. D’après des sources de la société civile, la première victime a été abattue par un policier commis à la garde de l’amigo durant la nuit de dimanche à lundi. Elle protestait contre le décès quelques heures plus tôt d’un autre détenu, des suites de mauvaises conditions carcérales, précisent les mêmes sources. Aux sons de coups de feu, un autre détenu a tenté de s’échapper. Il a été appréhendé et molesté par les policiers. Il a été admis à l’hôpital général de référence de Bulungu pour des soins, toujours d’après les sources de la société civile. Informés des décès inopinés de ces deux détenus, les proches des victimes et plusieurs habitants de Bulungu en colère ont assiégé le parquet de la cité, avant d’être dispersés par la police.

Équateur & Sud-Ubangi

À travers ces provinces, des voix s’élèvent de plus en plus sur les différentes formes de violations des droits humains, tueries, massacres des populations civiles lors de l’insurrection des Enyele. Des fosses communes y seraient très nombreuses dans certains coins parmi lesquels la rivière Ubangi au niveau de Bubulu, la rivière Ngiri à proximité de Bomongo et le fleuve Congo au niveau de Mankanza. Ce dernier a été aussi une fosse commune lors des massacres des hutus à Mbandaka et environs avec la rivière Ruki à Ingende. Selon la société civile locale, les sites sur la terre ferme sont identifiables et une enquête pour déterminer l’ampleur des massacres serait aussi importante comme cela est fait au Grand Kasaï.

Kinshasa

Le Commissaire Provincial de la Police Nationale Congolaise Ville de Kinshasa, le Général Célestin Kanyama, a été suspendu pour indiscipline le week-end du 15 avril. La police a confirmé la suspension sans fournir de détails. Le Colonel Elvis Palanga Nawej, commissaire provincial adjoint chargé de l’administration, assume l’intérim.

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