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Sauti Ya Congo > Non classé > Pas de levée de sanctions ciblées contre les hauts responsables Congolais impliqués dans les violations graves des droits humains sans garantie de justice [Communiqué conjoint]

RDC : Evasions massives des prisonniers, la LUCHA dénonce la négligence du pouvoir et/ou l’intention de créer un chaos sécuritaire

Publié le : 13 June,17 à 16 h 07 min

C’est à travers un tweet remarqué que le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a annoncé dimanche soir (11 juin 2017) ce qu’il a appelé la « libération » de 930 prisonniers sur les 966 que comptait la prison de Kangbayi, dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Parmi eux, des centaines de rebelles ougandais ADF-NALU présumés, de redoutables criminels militaires et civils, des membres de groupes Maï-Maï, etc. Un bilan macabre de 11 personnes tuées dont huit policiers affectés à la garde de la prison a été donné.

Il est difficile de comprendre comment des assaillants quels qu’ils soient ont-ils pu attaquer une prison censée être sous haute sécurité en pleine journée – l’attaque a eu lieu vers 15h30 –, dans une ville aussi sur-militarisée que Beni, où des milliers de militaires FARDC et de Casques Bleus de la MONUSCO prétendent être en opérations.

Comment autant de prisonniers et leurs « libérateurs » ont pu traverser la ville et s’évanouir dans la nature, tels des écoliers dans une cour de récréation? Alors, quand Julien Paluku parle de « prisonniers libérés » et non évadés, on est forcément porté à le croire !

Il y a quelques jours seulement, deux cachots de Kinshasa-Matete étaient vidés de détenus après l’attaque d’un commissariat de la police et d’un parquet par « des hommes armés non autrement identifiés ». Toujours à Kinshasa, il y a trois semaines, les habitants s’étaient réveillés en apprenant qu’entre cinq mille et six mille prisonniers s’étaient mystérieusement échappés de la prison de Makala, malgré la présence d’au moins deux camps militaires dans les environs. Le ministre de la justice, Thambwe Mwamba, avait menti publiquement en donnant un bilan de “quelques dizaines” d’évadés. Le jour suivant, c’était au tour de soixante-dix détenus de la prison de Kasangulu, à une quarentaine de kilomètres de Kinshasa, dans la province du Congo-Central, de prendre le large.

Des prisonniers “libérés” par qui et pour quelle fin ?

Les évasions de prisonniers et de détenus sont très courantes en RDC. Mais jamais elles n’ont eu une telle ampleur en nombre d’individus et de villes touchées, dans l’intervalle de quelques semaines. Nous nous posons la question de savoir si ce phénomène est anodin, ou s’il s’agit d’un autre des nombreux moyens mis en œuvre pour créer ou amplifier le chaos sécuritaire à des fins politiques.

Les violences systématiques dans la région du Kasaï, ou celles entretenues au Nord-Kivu et dans la province du Tanganyika ; le traitement privilégié accordé à des criminels notoires comme Gédéon Kyungu ou à des suspects dans des affaires criminelles graves comme John Numbi ; voilà autant de raisons qui renforcent ce sentiment.

Un président de la République et un gouvernement responsables auraient rendu des comptes, sanctionné les manquements manifestes, et pris des mesures préventives appropriées. Un parlement démocratique et soucieux de la sécurité des citoyens aurait usé de tous les moyens pour exiger des comptes. Une justice au service du peuple aurait mené des enquêtes sérieuses dont on verrait déjà les résultats. Rien de tout cela ne s’est produit!

A la place, on se demande qui seront les prochains « libérés. » Sans aucun doute, ce ne seront pas les prisonniers politiques et d’opinion dont les organisations de défense des droits de l’Homme demandent en vain la libération depuis des mois, voire des années. Ce ne seront pas les milliers de Congolais détenus sans procès ou sur base de simulacres de procès, ou encore pour des faits civils…

Pour la LUCHA, les plus hautes autorités du pays doivent être tenues pour responsables de ces actions criminelles. Qu’elles entendent en tirer un quelconque avantage politique, ou qu’elles ne fassent pas assez pour les empêcher, cela ne fait aucune différence. C’est la population que l’on laisse cyniquement en proie à toutes sortes de criminels, comme si l’insécurité qu’elle subit déjà ne suffisait pas (singulièrement dans une région comme Beni).

La LUCHA réitère son appel aux Etats africains, et notamment aux Etats voisins de la RDC, ainsi qu’à la « communauté internationale » dans son ensemble à prendre leurs responsabilités face au chaos qui est déjà en cours en RDC, en se montrant fermes vis-à-vis du président Kabila, de la CENI, et de toutes les personnes qui entretiennent l’impasse politique. La LUCHA est convaincue qu’il faut :

1.    Envoyer un message fort que les crimes et les violations massives des droits de l’Homme passés et actuels en RDC ne resteront pas impunis. (Le Conseil des droits de l’Homme actuellement réuni à Genève en Suisse doit absolument mettre sur pied une Commission d’enquête internationale sur les violences dans la région du Kasaï et s’assurer qu’elle se mette à travailler rapidement; ce sera un premier pas significatif) ;

2.    Asphyxier financièrement le régime de Kabila et ses soutiens, en gelant ses avoirs, ceux de sa famille et de ses proches à l’étranger ; en interdisant aux ressortissants et aux entreprises internationaux, notamment européens, américains, Israéliens et Sud-Africains, toute transaction susceptible de profiter à ce régime illégitime et criminel de surcroît. Il est scandaleux que tout en prenant quelques sanctions, purement symboliques la plupart du temps, contre certains responsables civils et militaires congolais, l’Europe et les Etats-Unis continuent de laisser leurs entreprises exploiter, acheter ou importer des minerais ou du bois en RDC. Certaines entreprises sont carrément impliquées dans la mafia qui nourrit ce régime et appauvrit davantage ses citoyens (l’exemple de l’entreprise Belge SEMLEX dans le scandale des passeports). C’est hypocrite et irresponsable. Ça doit cesser ! Le Conseil de Sécurité qui examine ce mois-ci la question des sanctions sur la RDC doit prendre des résolutions conséquentes.

3.    Augmenter la pression diplomatique et politique pour que soit publié sans délai le calendrier électoral, et pour que opérations de constitution du fichier électoral attendu pour le 31 juillet 2017 soient accélérées et rendues transparentes. En même temps, annoncer publiquement les contributions concrètes des Etats et des organisations internationales au processus électoral pour mettre un terme au prétexte des moyens matériels et financiers, et mettre en place une mission internationale du processus électoral sur le « long-terme ».

4.    Engager la MONUSCO à mettre en œuvre de façon effective, et si possible proactive, son mandat de protection des civils. Pour cela, nous continuons à exiger le remplacement du Chef de la MONUSCO, Maman Sidikou, dont l’inefficacité et le manque de leadership sont un handicap grave à la performance de cette coûteuse mission. De même, les troupes Indiennes, pakistanaises et d’autres qui se comportent en touristes en RDC depuis 17 ans, et qui sont hélas les plus nombreuses, doivent être rappelées à l’ordre ou carrément renvoyées dans leurs pays, car leur présence actuelle est inutile aux yeux des Congolais.

Fait à Goma, le 12 juin 2017. 
Pour la LUCHA, La Cellule de communication.

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