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RDC : Enfin, début des audiences du procès sur les massacres répétés de Mutarule à Uvira !

Publié le : 15 August, 2016 à 22 h 49 min

(Bukavu, le 14 août 2016) – Les audiences du procès sur les massacres répétés des populations civiles commis par des hommes armés dans la localité de Mutarule, groupement de Luberizi en chefferie Plaine de la Ruzizi, territoire d’Uvira dans la province du Sud-Kivu ont débuté vendredi 12 août dernier. Elles sont organisées en chambre foraine par la Cour Militaire du Sud-Kivu déplacée de Bukavu et siégeant en matière répressive.

Ces audiences se tiennent, plus de deux après la commission des faits, sur le lieu de crime à Mutarule dans le terrain local de football. Elles ont connu, ce premier jour, une forte affluence des populations locales et d’autres dont des notabilités du territoire venus de Bukavu, Uvira et Sange.

7 personnes présumées à la base de ces crimes contre l’humanité, dont des militaires des Forces armées de la RDC, des miliciens et des civils étaient attendues au procès. Il s’agit de Mr Sheria Kahungu, greffier de la chefferie Plaine de la Ruzizi, du Capitaine Ebanyanyoni dit Commando, du Major Kayumba Nyenyeri, alors commandant du bataillon local des FARDC, de Mr Claude Mirundi, Chef de groupement Luberizi, du Colonel Elias Rubibi, commandant du Régiment FARDC basé à Luvungi, ainsi que des miliciens maï-maï Karakara et Bede Rusagara.

« Seuls les trois premiers prévenus étaient présents ce premier jour du procès. Le dernier cité, Mr Bede Rusagara est déjà décédé abattu le 29/08/2015 dans la ville d’Uvira par les militaires de « l’Opération Sokola 2 ». L’autre milicien Karakara auteur du vol des vaches des Banyamulenge et des Congolais d’expression burundaise qui aurait été à la base du carnage du 06/06/2014 est toujours dans la brousse. Les deux autres prévenus, Mr Claude Mirundi et colonel Elias Rubibi sont actuellement en dehors de la province du Sud-Kivu. Ce dernier officier supérieur de l’armée sert toujours sous le drapeau à Kinshasa », a dit précisé la Cour.

La première journée des audiences a essentiellement consisté en l’identification des prévenus et la lecture des charges retenues contre eux.

« L’organisation de cette chambre foraine est le fruit de la conjugaison de plusieurs actions de plaidoyer et de pression sur le gouvernement congolais menées par les populations victimes, les organisations de la société civile congolaise et les partenaires internationaux de la RDC », a indiqué Héritiers de la Justice.

Ces audiences bénéficient de l’appui logistique de la Mission des Nations Unies en RDC, MONUSCO, comprenant notamment la prise en charge des interprètes, la sonorisation, le déplacement des magistrats de la Cour militaire, le collectif de 8 avocats qui assistent les 80 plaignants constitués en partie civile.

« L’asbl Héritiers de la Justice, à l’instar de la population sinistrée du territoire d’Uvira, se réjouit de ce début du procès sur les crimes récurrents commis à Mutarule et souhaite que ces audiences soient menées jusqu’au bout sans interruption et sans interférence de quelle que nature que ce soit, c’est-à-dire que toute la vérité sur les auteurs matériels et intellectuels ainsi que sur leurs mobiles éclate au grand jour et que les coupables soient punis et les familles des victimes indemnisées conformément à la loi ».

Elle voudrait aussi voir l’Etat congolais remettre aux mains de la justice ses deux autres préposés déjà cités ainsi que ceux qui pourraient l’être prochainement tout au long du procès et ce quels que soit leurs rangs et fonctions.

Et de préciser : « C’est à ce titre seulement que les actions des autorités publiques et des organisations non gouvernementales congolaises et internationales visant la cohabitation et réconciliation des communautés tribales et ethniques vivant dans cette partie de la province du Sud-Kivu pourront produire un impact réel et durable ».

Si la séance de la première journée a été suspendue dans l’après-midi et la Cour a annoncé la délocalisation à Uvira-centre de prochaine audience prévue ce lundi 15 août 2016, il sied de rappeler qu’en l’espace d’environ deux ans, la localité de Mutarule a, du fait  l’intolérance tribalo-ethnique, connu, coup sur coup, trois massacres successifs.

SYC

Ci – Joint : Le Communiqué officiel Héritiers de la Justice

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