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RDC : Des doutes pèsent sur la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre

Publié le : 13 January,17 à 11 h 51 min

Près de deux semaines après la conclusion d’un accord politique majeur en République démocratique du Congo, les questions excèdent les réponses quant à comment l’accord sera mis en œuvre, s’il existe une véritable volonté politique de la part du président Joseph Kabila et d’autres dirigeants politiques, et si l’on verra un réel renversement du climat de répression.

Peu de temps après sa signature, de hauts responsables de la Majorité présidentielle ont déclaré qu’ils avaient signé l’accord « sous réserve », particulièrement s’agissant de la nécessité d’être plus inclusif. Certains ont également affirmé que l’accord serait inconstitutionnel, car il interdit explicitement l’organisation d’un référendum pour modifier la Constitution. Ces déclarations ont soulevé des inquiétudes quant à l’engagement réel de Kabila à céder le pouvoir, qui est l’enjeu central au cœur de la crise politique actuelle. Bien qu’il aurait assuré les évêques catholiques de son engagement à mettre en œuvre ledit accord, Kabila n’a pas encore fait de déclaration publique en ce sens ou signé l’accord lui-même.

Le nouveau Premier ministre, Samy Badibanga, et plusieurs autres membres du nouveau gouvernement nommé le 18 décembre dernier, n’ont également pas signé cet accord, de même que le parti d’opposition Mouvement de libération du Congo (MLC).

Un nouveau Premier ministre issu de la coalition d’opposition Rassemblement, comme le prévoit l’accord, n’a toujours pas été nommé, et il semble que peu de progrès aient été accompli jusqu’à présent pour fixer le calendrier de mise en œuvre de l’accord et les modalités de fonctionnement du Conseil de suivi.

Entre-temps, il n’y a eu que peu de progrès en vue de mettre fin à la répression gouvernementale des voix dissidentes. Comme l’a déploré le coordonnateur du mouvement citoyen Filimbi, « le partage du pouvoir semble avoir pris le dessus sur la décrispation politique ».

Sept médias congolais proches de l’opposition, ainsi que Radio France Internationale (RFI) à Kinshasa restent bloqués.

L’activiste de LUCHA Justin Mutabesha a été libéré lundi, après 32 jours de détention à Goma. Le militant de Filimbi Carbone Beni a été libéré mercredi, après 29 jours de détention secrète à Kinshasa, d’abord dans un camp militaire puis dans un centre de détention de l’agence de renseignements. Cependant, au moins neuf autres jeunes activistes pro-démocratie sont toujours en détention, dont les activistes de LUCHA suivants : Jean-Paul Mualaba Biaya et Nicolas Mbiya Kabeya à Mbuji-Mayi ; Fabrice Mutsirwa, Jacques Muhindo, Faustin Dunia et Glody Ntambwe à Goma ; et les activistes de Compte à rebours Chris Shematsi, John Ngandu et Samuel Bosasele à Kinshasa.

Lors d’une conférence de presse lundi, à laquelle Human Rights Watch à assisté, le mouvement citoyen Filimbi a accusé des responsables gouvernementaux de tenter de coopter leur mouvement en organisant une conférence de presse en leur nom. LUCHA a aussi dénoncé des mesures similaires. Certains des activistes maintenus en détention auraient subi des pressions, été menacés ou se seraient vus offert de l’argent pour travailler pour les services de renseignement ou la coalition au pouvoir comme condition de leur libération.

Un certain nombre de dirigeants politiques se trouvent toujours en détention ou doivent encore être officiellement acquittés des chefs d’inculpation pesant contre eux, y compris pour les sept cas « emblématiques » examinés au cours du dialogue.

Lundi, la police est intervenue à deux reprises, avant et pendant une conférence de presse à Kinshasa organisée par des avocats du leader d’opposition Franck Diongo, condamné à cinq ans de prison le 28 décembre au terme d’un procès expéditif. Plusieurs policiers armés ont arrêté deux membres du parti, battu plusieurs autres partisans de Diongo et détruit des affiches et des photos. Le porte-parole de la police affirme qu’un policier a été blessé au cours de l’incident.

Le 5 janvier, le leader d’opposition Gabriel Kyungu a été convoqué devant le parquet pour vérifier l’authenticité d’une transcription vidéo d’une réunion au cours de laquelle il aurait insulté le président. Deux jours plus tard, il aurait été empêché de quitter Lubumbashi et de prendre un vol vers Kinshasa. Le parlement provincial du Haut-Katanga avait voté le 27 décembre la levée de son immunité parlementaire. Kyungu a été harcelé à plusieurs reprises depuis qu’il a quitté la Majorité présidentielle en septembre 2015.

Les responsables gouvernementaux et les forces de sécurité devraient abandonner les poursuites et libérer les activistes et les autres individus arrêtés pour leurs opinions politiques ou des activités pacifiques, rouvrir les médias interdits et mettre fin à tout harcèlement des activistes pro-démocratie et de l’opposition politique. Rendre justice pour la répression passée est également crucial.

Kabila pourrait contribuer à dissiper les doutes et les soupçons subsistant autour de l’accord de la Saint-Sylvestre en le signant lui-même et en s’engageant publiquement à respecter ses dispositions.

Ida Sawyer

Directrice pour l’Afrique centrale

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