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RDC : Crack down de la liberté d’expression !

Publié le : 8 December,15 à 19 h 23 min

Lubumbashi, le 07 décembre 2015. Dans un communiqué officiel, l’IRDH pense que le gouvernement devrait mieux argumenter que de menacer les défenseurs des droits humains défendant la Constitution de la République Démocratique du Congo. Ci-dessous l’intégralité :

Le Projet d’Application des Droits Civils et Politiques (PAD-CIPO) de l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) est vivement préoccupé par des menaces intempestives du Gouvernement contre les défenseurs des droits humains soutenant l’opinion contraire aux avis du parti au pouvoir et ses alliés.  Ceci se manifeste dans le contexte où le parti politique au pouvoir et ses alliés cherchent à conserver leurs positions et ceux de l’opposition cherchent à conquérir le pouvoir.

L’IRDH note qu’en plus des propos désobligeants qui se tiennent sur la chaîne publique (Radiotélévision Nationale Congolaise, RTNC), des termes ci-après qui font peur sont de plus en plus utilisés, au lieu et place d’arguments convaincants, afin d’obtenir que la population cède à la voie préférée par le parti au pouvoir.

ACCUSATION GRATUITE CONTRE LA COALITION DE 33 ONG

Le 05 décembre 2015, le ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, Monsieur Lambert Mende Omalanga, intimide les animateurs de 33 ONG qui argumentent contre toute tentative de vider le contenu des dispositions constitutionnelles intangibles.

De prime abord, il affirme sur les antennes de Radio France Internationale (RFI) que « ce collectif n’a aucune existence légale et relève donc de la fiction ». Dans son accusation a priori, le Porte-parole du gouvernement affirme, sans réserve, « qu’il s’agit d’une manipulation grandeur nature ». Et, c’est pour cette raison qu’il a demandé au garde des Sceaux de se saisir de ce dossier. [1] Dossier dans lequel il a déjà affirmé la culpabilité des ONG avant une quelconque enquête.

MENACE D’ARRETER CEUX QUI INTERPRETENT « ABUSIVEMENT L’ARTICLE 64 ».

Le 02 décembre 2015, au cours de son point de presse, le Procureur Général de la République (PGR) avait menacé d’arrêter ceux qui interprèteraient abusivement l’article 64.

Habitué à analyser les arguments politiques des partis et ONG, Radiookapi.net titre « Dialogue politique: le procureur général met en garde contre toute incitation à la violence ».  Et d’ajouter que le PGR avait invité à une lecture «non abusive» de l’article 64 de la Constitution, avant de relever que « Flory Kabange Numbi s’était interrogé si les institutions démocratiquement installées dans ce pays exerçaient le pouvoir en violation de la Constitution ».[2] Orientant ainsi l’opinion publique en faveur de l’un des groupes en discussion politique.

INTERDICTION DE FONCTIONNEMENT DE LA LUCHA

Le 30 novembre 2015, le Maire de la Ville de Goma déclare que la LUCHAn’a pas de documents juridiques et l’interdit de fonctionner, et pourtant ce mouvement existe depuis 2012. La dernière manifestation organisée en date du 28 novembre 2015, en faveur des victimes de Beni, avait été dispersée par la police avec un usage abusif de la force.[3]

LE SANG VA COULER !   

Le Porte-parole de la Majorité Présidentielle, monsieur Alain Atundu Liongo s’entend dire, le 30 novembre 2015, « qu’au cours de leur réunion politique, cette plate-forme a insisté que le dialogue préconisé par le chef de l’Etat est effectivement la seule voie royale pour éviter le chaos post-électoral et éviter que le sang ne coule ».[4] La question reste de connaître ce qui fait penser à « faire couler le sang ».

Au regard des différents faits sous analyse, l’IRDH craint que le Gouvernement ait conçue et adoptée une politique de faire taire les défenseurs des droits humains qui soutiennent le point de vue selon lequel le dialogue ne devrait être ni un préalable ni un obstacle à la tenue d’élections présidentielle et législatives prévues au cours de l’année 2015 ;

Par voie de conséquence, l’Institut recommande au Gouvernement de mieux argumenter ses vues et cesser de menacer et restreindre les libertés d’opinion et d’expression.

Pour l’IRDH

Maitre Tshiswaka Masoka Hubert

Email : info@tcct.co.za

Téléphone : +243 85 110 3409

Quelques liens :

[1] http://www.rfi.fr/afrique/20151205-rdc-enquete-administrative-lancee-contre-collectif-33-ong

[2] http://www.radiookapi.net/2015/12/02/actualite/politique/dialogue-politique-le-procureur-general-met-en-garde-contre-toute

[3] http://www.rfi.fr/afrique/20151207-rdc-maire-goma-interdit-activites-lucha

[4] http://www.radiookapi.net/2015/11/30/actualite/politique/dialogue-politique-la-mp-invite-la-population-accompagner-joseph

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