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RDC : coupure d’Internet ou « cyberbrutalité » ?

Publié le : 24 January, 2019 à 6 h 30 min

Du 31 décembre au 20 janvier, nous avons passé 20 jours sans connexion Internet, suite à une décision liberticide du gouvernement, prétendument pour des raisons sécuritaires. A Kinshasa comme en provinces, nous avons vécu cette cruelle censure. Certains étaient obligés de traverser les frontières du pays ou recourir au service VPN. D’autres par contre n’avaient guère de solution. Ils sont restés coupés du monde. Sans compter d’énormes pertes économiques enregistrées.

Nous pouvons dire désormais que nous avons l’habitude des coupures d’Internet au Congo. Certains s’y étaient déjà préparés quelques semaines plus tôt en téléchargeant des applications VPN. Hélas, c’était sans compter avec la détermination du gouvernement de nous isoler du monde. D’ailleurs, ces VPN ne nous ont pas servi à grand-chose, car il semble que l’internet était coupé à « sa source ». Ainsi, dans la première semaine, nous nous sommes rendu compte que tout était down : les SMS, l’internet mobile et celui des bureaux, rien ne passait.

Les internautes kinois ont émigré au Congo-Brazzaville

Ce ne sont pas les initiatives qui ont manqué au génie kinois. La ville étant située à quelques minutes de bateau de Brazzaville, les plus riches n’ont pas hésité à débourser quelques dollars américains pour profiter de « l’immigration du net » en allant s’installer dans l’autre Congo. Quant à nous autres, il nous fallait faire application de « l’ Article 15 » [expression populaire signifiant le fait de se débrouiller pour sortir d’une situation difficile NDLR]. Nous avons aussi recouru à la connexion de Brazzaville tout en étant à Kinshasa.

Tôt le matin, nous nous dirigions d’abord vers le port de Kinshasa communément appelé « Beach Ngobila ». C’est là qu’on se procurait les puces de Brazzaville : Airtel, MTN et les forfaits dont les prix étaient triplés pour l’occasion par des marchands. Il fallait débourser entre 25 et 50 dollars pour bénéficier de ce précieux sésame pendant quelques heures. «Cache ça dans ton sac. Il ne faut pas que les agents de l’ANR [service des renseignements] te voient. Utilise les crédits téléphoniques sans activer les forfaits Internet pour que ça marche », conseille un revendeur de cartes de crédit Airtel de Brazza.

Ensuite, faisant semblant de contempler le paysage, on faisait quelques tours au bord du fleuve, près de Brazzaville, pour entendre de nouveau nos téléphones sonner, répondre aux mails, communiquer… Mais avec qui communiquer ? Tout le monde  est absent, même en provinces !

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