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RDC : Les conditions de vie inhumaines à la prison Angenga

Publié le : 5 April, 2016 à 9 h 46 min

Les quelque 750 prisonniers d’Angenga souffrent d’une grave pénurie d’eau et de nourriture et l’infirmerie de la prison n’a presque aucun médicament ou autre fourniture pour soigner les malades.

« La clinique de la prison ne mérite pas d’être appelée une clinique », a déclaré un responsable de la prison à Human Rights Watch. A lui de renchérir : « Il n’y a pas de médicament. C’est une catastrophe. Nous n’avons pas de paracétamol pour la diarrhée ou le paludisme. Nous devrions évacuer ceux qui sont vraiment malades vers Lisala [la ville la plus proche], mais nous ne pouvons pas financer cela. Les conditions sont inhumaines. »

Un prisonnier a dit :

Pour obtenir des médicaments, vous devez attendre une réponse de Dieu. Certains d’entre nous ont la tuberculose mais on leur donne des médicaments dont la date de péremption est passée. D’autres sont atteints du VIH, mais il n’y a aucun médicament anti-rétroviral. Ne voyez-vous pas que nous sommes voués à mourir ici l’un après l’autre?

Un autre détenu a déclaré :

Quand vous êtes malade, on s’occupe de vous dans une clinique qui n’a aucun médicament approprié. Personnellement, j’ai une grave infection des voies urinaires et je souffre énormément parce que mon transfert à l’hôpital de Lisala est constamment retardé. J’ai connu deux prisonniers qui sont morts parce qu’ils n’ont pas été transportés à temps à l’hôpital.

Un détenu a décrit ainsi les maigres rations d’eau :

Comme vous pouvez le voir, nous vivons dans des conditions inhumaines ici. Le plus gros problème est le manque d’eau. Nous n’en avons pas beaucoup et parfois nous sommes privés de bain pendant une semaine. Quand il pleut, c’est bien car nous avons de l’eau pour laver nos vêtements. Pour boire, ils nous donnent un seau d’eau de 15 litres pour environ 50 personnes. Et cette eau n’a pas été traitée. Quant à la nourriture, nous n’en recevons qu’une petite quantité par jour. On nous donne des haricots, parfois avec du riz, du manioc ou du foufou.

Un autre prisonnier a ainsi décrit les conditions sanitaires et d’hygiène :

Parfois, nous ne nous lavons même pas pendant une semaine. Et en plus de cela, nous n’avons pas de toilettes. Et la puanteur est insupportable. Dans le bloc cellulaire numéro un, par exemple, il y a plus de 300 détenus et seulement six petits trous dans le sol. Imaginez cela!

Pour rappel, Angenga a été construite au début des années 1950 lors de la période coloniale belge, à l’intention de prisonniers condamnés à de longues peines, et elle a ensuite été utilisée comme prison pour des personnels militaires et des prisonniers politiques pendant la dictature de Mobutu Sésé Seko, de 1965 à 1997. Elle a été fermée en 1997, puis rouverte en mars 2015.

En plus des anciens combattants des FDLR et d’autres personnes accusées d’avoir des liens avec les FDLR, plusieurs centaines de prisonniers originaires de toutes les régions du pays y sont incarcérés. Human Rights Watch a interrogé sept prisonniers à Angenga qui ne faisaient pas partie du groupe des combattants présumés des FDLR.

SYC

Ci – Joint : 

https://www.hrw.org/fr/news/2016/04/04/rd-congo-des-enfants-sont-detenus-dans-une-prison-militaire-dune-region-reculee 

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