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RDC : Certains militaires FARDC affectés dans Sokola 2 devraient être sanctionnés

Publié le : 26 December,15 à 11 h 38 min

(Rubare, 24 décembre 2015) – Dix organisations œuvrant pour la promotion des droits humains à Rutshuru, demandent au commandant de la 34ème région militaire et à la cour militaire opérationnelle du Nord-kivu, de diligenter dans l’urgence une enquête afin de sanctionner les militaires responsables des violations des droits humains, dans les zones concernées par les opérations sokola 2 en Territoires de Rutshuru et Nyiragongo.

Depuis le lancement des opérations de traque des FDLR au mois de février 2015, ces organisations affirment avoir documentées des cas d’arrestations arbitraire de masses, tortures, travaux forcées, détentions illégales, assimilation de certaines communautés aux combattants FDLR, extorsion et menace d’arrestation. Ces violations sont documentées dans les milieux où les opérations militaires de traque des FDLR sont menées.

Des faits accablants

En date du 18 octobre 2015, un officier FARDC du 601 régiment basé à Mulimbi en groupement de Tongo a arrêté le président du site des déplacés de Kanaba pour avoir dénoncé les tracasseries militaire, en violation du caractère civile des sites des déplacées.

En date du 8 décembre 2015, des éléments FARDC du 601e régiment, en patrouille dans les champs autours de la localité de Mushoro, en groupement de Kisigari ont arrêtés et administré des coups violents à plusieurs paysans trouvés dans leurs champs. En plus, ces militaires ont extorqués les produits récoltés par ces paysans.

Du 22 septembre au 1er décembre 2015, 200 personnes issues des villages Bugomba, Musego, Kabaya, Buvunga, katale et Biruma en groupement de Kisigari et Rwaza Kakomero et Rugari centre en groupement de Rugari ont été arrêtées arbitrairement et détenues illégalement dans le cachot du camp militaire de Rumangabo et à l’état-major des opérations sokola2 à Goma, sous prétexte que ces personnes collaborent avec des FDLR. La plupart de ces personnes ont été libérée dernièrement contre rançon, mais 19 personnes issues de ces villages continuent à croupir dans le cachot de Sokola 2 à Goma. Nos organisations demandent également leur libération sans condition.

Un homme de 37 ans qui a été arrêté sur le chemin de retour de son champ et qui a été pris pour guider les militaires qui recherchaient les FDLR dans le parc et qui par la suite a été torturé par un autre commandant FARDC qui devait lui faciliter le transport retour vers sa famille, a témoigné sa situation en ces termes :

«Comme j’étais fatigué après avoir passé une semaine dans la foret avec les militaires, ces derniers m’avaient lassé à la disposition des militaires se trouvant à Kichanga pour me trouver un moyen de retour jusqu’à Goma, pour retrouver ma famille à Rugari. Une fois sur place à la position militaire de Kichanga, le colonel en place avait ordonné mon arrestation disant que je suis un FDLR de Rugari, il a commencé à me battre des coups de pieds dans la poitrine après avoir été ligoté, il avait ensuite ordonné à ses escortes de me mettre dans un cachot souterrain où j’avais passé 4 jours, nous étions six détenus dans ce cachot, nous étions régulièrement battus jusqu’à ce que j’ai commencé à vomir du sang et c’est à partir de là que nous étions transféré à Goma au cachot du quartier général des opérations sokola 2 où j’avais fait 1 mois de détention avant d’être libéré ce 15 décembre 2015.»

Un conducteur de moto, âgé de 29 ans qui a été obliger de laisser ses clients pour déplacer les militaires qui revenaient des opérations avait été torturé et accusé de collaborer avec les FDLR.  « Le major avait dit que si s’était tes frères FDLR, tu n’allais pas hésiter à les transporter. Mais comme ce sont les FARDC, tu ne veux pas. En suite, il avait ordonné que je sois ligoté. Il m’avait fouillé. C’étaient 6 militaires qui m’ont ligotés. Ils avaient pris 19 000 Fc, 1 téléphone portable et 1 jacket ainsi que mes sandales. J’étais déshabillé, ils versaient de l’eau sur moi après chaque heure, ils me battaient une crosse dans la poitrine et des gifles aux Joues, ils cherchaient ceux qui ont des longs ongles pour venir me grignoter sur tout le corps disant qu’ils sont entrain de m’enlever les puces, s’était une façon de me faire souffrir », raconte la victime.

Pour rappel, après expiration de l’ultimatum du gouvernement de la RDC aux groupes armés pour le désarmement volontaire, les opérations militaires visant le désarmement forcé appelé « SOKOLA2 » ont été lancées à partir du mois de février 2015.

La situation sécuritaire était alors caractérisé par le déploiement des militaires dans les zones considérées comme bastion des FDLR et autres groupes armés locaux. Les affrontements ont occasionnés des déplacements massifs des populations craignant les représailles des groupes armés et des FARDC.

Actuellement, les groupes armés dispersés commettent plusieurs exactions contre les civils. Ces derniers sont victime des enlèvements contre rançon, des assassinats, des violences sexuelles, des pillages, braquage des véhicules et motos sur axes routiers, extorsion des produits agricoles dans les champs et prélèvement illégale des taxes.

SYC

Ci – Joint le Commuiqué Conjoint des ONGDH de Rutshuru

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