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Sauti Ya Congo > Non classé > Pas de levée de sanctions ciblées contre les hauts responsables Congolais impliqués dans les violations graves des droits humains sans garantie de justice [Communiqué conjoint]

RDC : Les arrestations à Lubumbashi selon le monitoring de Human Rights Watch

Publié le : 9 May,16 à 20 h 28 min

Le 22 avril vers 20h30, des policiers ont perquisitionné sans mandat le domicile à Lubumbashi du professeur Huit Mulongo, qui avait été le directeur de cabinet de Katumbi lorsque ce dernier était gouverneur. Mulongo est l’un des dirigeants du Front Citoyen 2016, une coalition de partis et de groupes qui exhortent le président Kabila à accepter l’actuelle limite constitutionnelle du mandat présidentiel.

Les policiers ont arrêté Mulongo après avoir trouvé un revolver dans sa jeep et des tracts relatifs au G7 et au Front Citoyen à son domicile. Ils l’ont emmené à l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), où il a passé la nuit avant d’être déféré devant un tribunal militaire. Des magistrats ont interrogé Mulongo sur ses activités politiques et sur son revolver, dont il a affirmé qu’il était dûment enregistré. Par la suite, Mulongo a été transféré à Kassapa, la prison centrale de Lubumbashi, où il est toujours en détention. Son avocat a indiqué à Human Rights Watch que Mulongo n’avait été officiellement inculpé d’aucun crime et qu’une demande de remise en liberté provisoire était restée sans réponse.

Tôt dans la matinée du 24 avril, avant la réunion publique d’opposition prévue à Lubumbashi, des agents de l’ANR ont perquisitionné sans mandat l’Hôtel Rift Congo, propriété de la famille de Pierre Lumbi, un dirigeant du G7 et président du Mouvement social pour le renouveau (MSR), un parti politique. Les agents ont visé quatre chambres, trouvant cinq armes à feu dans l’une d’elles.

Des employés de l’hôtel ont affirmé que les agents de l’ANR avaient été rejoints par des agents de police et des membres des services de renseignement militaires. Ils ont saisi les enregistrements vidéo des caméras de surveillance de l’hôtel et arrêté les deux fils de Lumbi, Larry, âgé de 29 ans, et Djela, 32 ans, qui gèrent l’hôtel, ainsi qu’un employé de la réception, un garde de sécurité et le technicien qui s’occupe des caméras de surveillance. Ils ont tous été emmenés dans un centre de détention de l’ANR.

Le fils plus jeune de Lumbi et le technicien ont été libérés sans faire l’objet d’un chef d’accusation vers 21h00. Les autres ont été également libérés sans chef d’accusation le lendemain soir, vers 20h00.

La direction de l’Hôtel Rift Congo n’a pas pu visionner la vidéo prélevée sur les caméras de surveillance, qui devrait fournir des images de la personne qui a séjourné dans la chambre dans laquelle les armes ont été trouvées, ainsi que la plaque d’immatriculation du véhicule dans lequel cette personne est arrivée.

Le 24 avril vers 17h00, des agents de police et de l’ANR ont arrêté six employés de Katumbi qui l’attendaient dans deux véhicules garés sur l’avenue Bukama devant le stade de la Kenya: deux chauffeurs, trois gardes de sécurité et un ressortissant américain employé comme conseiller de sécurité par Katumbi. L’un des chauffeurs a affirmé que les agents de police l’avaient passé à tabac avant de l’emmener, avec les autres, dans un centre de détention de l’ANR. Vers 2h00 du matin, des agents de l’ANR ont sorti de cellule l’un des gardes de sécurité détenus et lui ont donné des dizaines de coups de fouet. Des témoins ont affirmé qu’il était revenu dans la cellule avec des traces de coups sur le dos et une blessure au bras droit.

Les deux chauffeurs ont été libérés le lendemain, tandis que les autres étaient transférés à l’ANR à Kinshasa, où ils sont toujours détenus. Katumbi a déclaré à Human Rights Watch que lui et sa famille avaient reçu de nombreuses menaces et qu’il avait engagé des conseillers de sécurité américains, après que le gouvernement lui eut retiré les gardes du corps qu’il avait lorsqu’il était gouverneur.

Parmi les 10 membres de partis d’opposition et autres personnes également arrêtés le 24 avril, après être sortis pour participer au meeting public prévu dans la commune de la Kenya à Lubumbashi, 5 ont été libérés et 5 autres sont toujours en détention, selon les observateurs des droits humains de l’ONU. Parmi les personnes arrêtées se trouvait un journaliste travaillant pour une station de radio et de télévision pro-UNAFEC, VKAT, qui a été fermée le 11 mars. Il a déclaré à Human Rights Watch qu’il avait été accusé de « partage d’images », et qu’il avait été remis en liberté le lendemain sans chef d’accusation, après avoir payé une somme d’argent.

Le 5 mai, les autorités ont arrêté un des anciens gardes de sécurité de Katumbi. Il a d’abord été détenu dans un tribunal militaire, avant d’être transféré auprès de l’ANR à Lubumbashi, où il est toujours en détention.

Le 7 mai, des forces de sécurité ont été déployées dans la ferme de Katumbi à Futuka, à environ 30 kilomètres en dehors de Lubumbashi, et ont fouillé les locaux sans mandat, selon Katumbi et des personnes présentes à la ferme. Quatre activistes des droits humains congolais qui observaient la situation ont été arrêtés vers midi. Ils ont été retenus par l’ANR à la ferme jusqu’à environ 18h, lorsque trois d’entre eux ont été relâches. Le quatrième, Hubert Tshiswaka, a alors été emmené au centre de détention de l’ANR de Lubumbashi, où il a été détenu jusqu’à environ 22h30. Son téléphone lui a été confisqué.

Ci – dessous, le lien du Communiqué de Human Rights Watch : 

https://www.hrw.org/fr/news/2016/05/09/rd-congo-manoeuvres-dintimidation-lencontre-dun-candidat-la-presidence

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