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RDC: 210 femmes violées de janvier à mars à Masisi

Publié le : 3 May, 2019 à 10 h 18 min

Environ deux cent dix cas de viols ont été commis sur des femmes et des jeunes filles de janvier à mars 2019 en territoire de Masisi, province du Nord-Kivu en RDC.

D’après Sauti ya Mama Mkongomani (SMM), un cadre d’échange et de plaidoyer qui réunit en son sein plus de trente structures et réseaux des femmes, cette situation inquiète du fait que ces violences ont atteint un niveau insupportable. Les organisations de la societé civile et les défenseurs des droits de l’homme ne cessent de le déplorer.

Selon Mme Nelly Lumbulumbu, point focal de la plateforme Sauti ya Mama Mkongomani en RDC, « Nous avons été alertés par nos activistes pour la défense des droits de la femme et de la jeune fille sur place. Plus de 210 cas de viols sur les femmes et jeunes filles ont été enrégistrés à Masisi Nord, à Kitchanga mais aussi à Pinga dont une partie de cette zone est situéée dans le territoire de Walikale. Nos informations précisent que ces viols ont été pérpetrés par des membres des groupes armés encore actifs  dans la zone mais également par des civils lors des opérations de traque des groupes rebelles par les forces armées de la RDC«.

Elle précise que l’âge des victimes varie entre 13 et 59 ans. Plusieurs d’entre elles ont été ciblées lorsqu’elles étaient au champs ou lorsqu’elles fuyaient les hostilités dans les villages environnants.

Pour Junior Ndakola Bakulu, 2e vice-président de la société civile de Kitchanga, chefferie de Bashali, la présence des groupes armés en territoire de Masisi tels que les Nyatura, les NDC-Rénové de Guidon et alliés, les FDLR, les APCLS et autres reste un vrai problème du fait que plusieurs villages de Masisi se vident de leurs occupants qui fuient l’insécurité, les viols et les taxes illégales imposées par des miliciens.

« Cette situation s’est accentuée par rapport à il y a deux ans. Les groupes armés actifs à Masisi ont multiplié leurs actions pour attirer l’attention des autorités militaires. Ces dernières, à leur tour, ne cessent de lancer des appels aux groupes rebelles pour qu’ils déposent les armes et viennent servir la République. Il n’y a pas vraiment d’amélioration », a déclaré Nelly Lumbulumbu.

Dans une déclaration, la plateforme féminine Sauti ya Mama Mkongomani s’interroge sur l’efficacité des actions entreprises par les gouvernements congolais dans la protection des civils, particulièrement des femmes et des enfants vivant dans les zones touchées par les conflits armés depuis plus de 20 ans. Elle demande aux autorités congolaises de prendre des mesures efficaces pour assurer la protection des populations civiles particulièrement des femmes et des enfants dans les zones affectées par les conflits armés.

Par Esther N’sapu | Source : La libre Afrique

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