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RDC : 195 Organisations de la société civile saluent les sanctions individuelles prises par l’Union Européenne et les États-Unis

Publié le : 8 June,17 à 14 h 34 min

195 Organisations non gouvernementales congolaises, signataires du présent communiqué, saluent les sanctions prises par l’Union Européenne et les États-Unis contre de hauts responsables du gouvernement et leurs intérêts commerciaux pour leur implication dans la répression politique, les exactions commises dans les provinces du Kasaï, et d’autres violations des droits humains à travers le pays, ainsi que le blocage dans l’organisation des élections conformément à l’accord politique du 31/12/2017.

Après les sanctions de décembre 2016, l’Union Européenne a imposé le 29 mai de nouvelles sanctions ciblées à l’encontre de membres du gouvernement actuel et du gouvernement précédent, d’officiers militaires et du chef d’une milice. Il s’agit de :

  1. Lambert Mende Omalanga, Ministre de communication et des médias ;
  2. Ramazani Shadari, Vice-Premier ministre, et Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ;
  3. Kalev Mutondo, Administrateur général de l’Agence Nationale des Renseignements ;
  4. Alex Kande Mupompa, Gouverneur de la Province du Kasaï- Central ;
  5. Jean Claude Kazembe, Gouverneur du Haut-Katanga ;
  6. Evariste Boshab, ancien Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ;
  7. Muhindo Akili Mundos, Général de Brigade et ancien commandant des FARDC en charge des opérations militaires contre les ADF ;
  8. Eric Ruhorimbere, Général de Brigade et commandant adjoint de la 21eme région militaire basée à Mbuji-Mayi ;
  9. Gédéon Kyungu Mutanga, Chef milicien.

Les sanctions européennes, qui ont immédiatement pris effet, consistent au gel des avoirs, à l’interdiction de voyager dans l’Union Européenne, ainsi qu’à celle de mettre des fonds ou des ressources économiques à la disposition des personnes visées par ces mesures. Il est reproché aux personnes sanctionnées d’avoir contribué aux actes constitutifs des violations des droits humains en RDC, en les planifiant, les dirigeant ou les commettant.

Dans son annonce, l’Union Européenne a soulevé notamment la crise dans la région du Kasaï et l’usage excessif et disproportionné de la force par les services de sécurité dans la gestion de celle-ci – appelant à une enquête internationale et crédible – , la restriction de l’espace démocratique et de l’exercice des droits fondamentaux, le manque de consensus dans la gestion de la transition devant conduire à la tenue des élections transparentes et crédibles conformément à l’accord du 31 décembre 2016. L’Union Européenne a reproché au Ministre des médias d’être responsable de la politique répressive appliquée en RDC à l’endroit des médias, qui enfreint le droit à la liberté d’expression et d’information, et porte atteinte à une solution consensuelle et pacifique à la tenue d’élections.

L’Union Européenne a promis de suivre de près les développements politiques et ceux liés aux droits humains dans les prochains mois, soit en vue de prendre de nouvelles mesures de restrictions soit de relever celles déjà prises.

« L’impunité qui est assurée aux plus hauts responsables d’atteintes aux droits humains, par le Gouvernement, les encourage à en poursuivre leur commission », a déclaré Me Timothée MBUYA, président de JUSTICIA. « L’effet de ces sanctions les poussera à plus de retenue dans leurs agissements et, est dissuasif surtout sur ceux qui y échappent actuellement ».

Les Etats-Unis ont, après avoir imposé des sanctions à certains officiels congolais en juillet 2016, appliqué de nouvelles sanctions à l’encontre du Général François Olenga, chef de la maison militaire du président Joseph Kabila ainsi qu’à son site touristique situé dans la périphérie de la ville de Kinshasa.

« Ceci est un message aux autorités congolaises, et même à ceux qui agissent dans l’ombre, que si elles échappent à la justice congolaise, elles paieront le prix de leurs actes sur le plan international. » a déclaré Jonas TSHIOMBELA, Coordonnateur National de la Nouvelle Société Civile Congolaise.

humains

Les personnes sanctionnées se sont illustrées par des actes qui ont encouragé les violences contre la population civile dans les provinces du Kasaï et ont contribué à la répression des manifestations de l’opposition et de la société civile qui réclamaient entre autres l’application intégrale de l’accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 devant conduire le pays à des élections libres, transparentes, crédibles et apaisées d’ici la fin de l’année 2017.

Nos organisations réitèrent tous les appels lancés à la justice congolaise en vue de lutter contre l’impunité de plus hauts responsables des violations graves des droits humains, notamment dans l’opération Likofi ; la découverte des fosses communes de Maluku et dans les provinces de Kasaï ; les tueries de Beni-Lubero; les détentions au secret opérées par les services de renseignements (ANR et DEMIAP); et les exécutions sommaires commises par les forces de sécurité à l’occasion des manifestations de janvier 2015, septembre et décembre 2016. Car pour les faits relevés ci-haut, aucun responsable de haut niveau n’a été inquiété par la justice congolaise, alors que la justice devrait être rendue aux victimes de ces abus ainsi qu’à leurs familles.

« Ces sanctions sont un signe que l’Union Européenne et les États-Unis ne restent pas indifférents aux violations des droits humains commises en RDC, et que leurs responsables devront en payer le prix », a déclaré Jean Claude BUUMA, Président du Cercle National de Réflexion sur la Jeunesse.

Ainsi donc, nos organisations exhortent le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Union Africaine, et les dirigeants des Etats africains à prendre des sanctions similaires, ou à revoir leur stratégie de coopération avec le gouvernement congolais afin d’encourager ce dernier à appliquer intégralement l’accord du 31 décembre 2016, garant d’un climat de paix pour le pays, et d’aider à mettre fin aux violations des droits humains dans le pays.

Kinshasa, le 08 juin 2017

Télécharger ici : Le Communiqué Conjoint 

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