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[Point de vue] Gérard Bisambu : A qui profiterait le blocage de l’Accord Politique Global et Inclusif ?

Publié le : 9 March,17 à 16 h 30 min

Sous le titre « Non au blocage de l’Accord Politique Global et Inclusif (APGI) », La CENCO a fait une mise au point sur les obstacles qui prennent avalanche quant à la signature de l’Arrangement Particulier et l’application effective de l’APGI.

Outre que cette mise au point rappelle à l’opinion publique les points d’antagonisme entre les acteurs politiques en négociation, particulièrement la Majorité Présidentielle et le Rassemblement, celle-ci en précise surtout les vecteurs du blocage qui sont, de ce fait, les porteurs de solution au redémarrage de la machine du consensus politique.

 

Il s’agit, outre les deux composantes politiques susmentionnées, principalement du Président de la République. La présente réflexion pose la problématique en se penchant sur les bénéficiaires d’un éventuel blocage dont les conséquences s’abattent sur l’avenir de la démocratie congolaise.

Lorsque l’AETA faisait une mise au point sur la possibilité encore existante d’organiser les élections d’ici décembre 2017 selon les termes de l’APGI, elle tenait de façon intrinsèque à révéler que le contraire d’une telle possibilité sous-jacente au blocage de l’APGI était déjà entrain en exploitation de façon spécifique par la Majorité Présidentielle et/ou le Rassemblement, deux principaux acteurs actuellement qui conditionnent la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2017.

A qui profiterait le retard de la mise en œuvre de l’APGI?

  1. A la Majorité Présidentielle et à la coalition signataire de l’Accord du 18 octobre 2016 :
  2. le blocage de l’APGI maintiendrait et permettrait de perdurer, avantageusement à ces regroupements politiques, une gestion centraliste élargie à plusieurs tendances politiques rassemblées en un bloc par l’Accord de l’OUA par le fait qu’il :

– projette hypothétiquement les élections en avril 2018. Ce délai pourrait même être renvoyé sine die, si l’on y prend garde ;

– ne rassure pas l’alternance politique : la fin du dernier mandat du Président de la République n’ayant pas été prise en compte par l’Accord Politique en question qui, par contre, lui a tacitement laissé une large ouverture; – n’a pas planté de haie en faveur de la Constitution en vigueur qui agonise au risque de changement par referendum;

– reste flou sur les mesures politiques et pragmatiques liées à la décrispation politique et social;

– émet des vœux pieux quant aux problèmes de sécurité qui gangrènent la stabilité du territoire national et perturbent le bon déroulement des opérations préélectorales et électorales, sans affirmer une volonté manifeste d’y mettre fin, etc.

 

  1. Le blocage de l’APGI retarderait, au bénéfice de cette frange de coalition politique, l’organisation des élections en maintenant le statu quo sur des contraintes électorales d’autres fois, notamment les finances, la sécurité, l’absence du consensus politique, les réformes légales, la crise socioéconomique, le refus de l’aide étrangère. Encore que la question sécuritaire suscite autant d’interrogations quant à son origine, ses motivations et sa pertinence.
  2. L’accumulation de tant d’opérations électorales dont la réalisation s’avère complexe et exige autant de moyens techniques, financiers, logistiques, surtout temporel en est un autre stratagème. d. L’usage bénéfique de l’alibi culturel consistant à suspendre les discussions politiques au profit des obsèques du Président Etienne TSHISEKEDI en signe du respect voué aux morts dans la culture congolaise.

 

  1. Au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, RASSOP
  2. Une transition d’une durée de plus ou moins neuf mois sera-t-elle acceptée par le gouvernement du RASSOP comme suffisante pour maîtriser les paramètres économiques et sociopolitiques, afin maintenir le délai d’organisation des élections au plus tard décembre 2017 ? Cette durée, estimée courte, ne constituera-t-elle pas une raison pour justifier comme pertinente la sollicitation d’une rallonge quant à la tenue des élections (question abordée par la commission thématique processus électoral dans les discussions directes de la CENCO. Cfr Esprit de l’Accord).
  3. Le RASSOP s’accroche à l’argument consistant à « Présenter le candidat Premier Ministre » conformément au point III.3.3. de l’APGI depuis voici plus de 30 jours sans la moindre volonté d’évoluer dans sa position vers un rapprochement de vue avec la MP.
  4. L’affaire de la lettre testamentaire laissée par feu le Président TSHISEKEDI a plus alimenté la confusion que d’apporter la solution au blocage autour de la question de la désignation du Premier Ministre, tant il est vrai que cette proposition est intervenue avant le compromis sur le mode de désignation ;
  5. La crise actuelle à la tête du RASSOP annonce des conséquences profondes qui pourront entamer nuisiblement le compromis autour de l’Arrangement Particulier et, de ce fait, l’application de l’APGI. Il s’agit notamment du fait que :

L’APGI est le fruit du consensus auquel contribue en partage le consensus interne qu’est le RASSOP. Dès lors, l’implosion de ce dernier entache le consensus global ;

– Certaines dispositions de l’Arrangement Particulier, en occurrence le point VI.2.2. alinéa 3 sur la présidence du Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral, s’exposent au risque de renégociation (Esprit de l’APGI). Il y a donc à craindre un compte à rebours;

– Le RASSOP s’est constitué sur le modèle d’une opposition identitaire personnalisée dont les antagonismes internes actuels traduisent la quête de la vraie identité impersonnelle. Il est important de prédire que d’autres regroupements politiques tels la Majorité Présidentielle (MP), l’Alternance pour la République (AR), le G7 n’échappent guère à ce péché ;

– Le RASSOP dans sa configuration actuelle donne l’image d’une nébuleuse qui entretient un imbroglio ;

– Le RASSOP présente une attitude de peur pour affronter les stratégies de débauchage de l’autre camp politique ;

  1. Le RASSOP prépare le lit de la Majorité Présidentielle à réussir son plan politique.
  2. Les Pratiques et Comportements du RASSOP présagent une connivence originelle contre le délai de l’organisation des élections proposé par l’APGI.
  3. Pire, la distraction, sinon l’indifférence du RASSOP vis-à-vis des opérations d’enrôlement en cours démontrerait à suffisance qu’il n’est pas prêt, si pas intéressé à embrasser la compétition électorale. Il lui faudra certainement encore du temps et des moyens. Tenez : le suivi et l’observation de cette importante opération préélectorale qui se déroule déjà dans 13 provinces ne sont en rien sa préoccupation. Il s’en suivra, par conséquent, qu’au moment venu, la problématique de la fiabilité et crédibilité du nouveau fichier électoral pourra être reposée et servira de stratagème pour retarder de nouveau les élections. Ce qui ne sera qu’une aubaine pour la MP.

Et qui est le dindon de la farce ?

L’enjeu politique électoral actuel semble blanchir les politiques en chargeant et incriminant, à tort, la CENCO qui n’est qu’un médiateur. a. Car la CENCO est décriée dans l’opinion publique comme étant à la base du blocage et ayant échoué. Des nombreuses accusations suivantes peuvent être notées à son endroit, à savoir:

– Elle a caché la lettre du Président TSHISEKEDI désignant le candidat Premier Ministre ;

– Elle est corrompue par le pouvoir en place de tirer à longueur le processus politique pour qu’il n’y ait pas élections dans le délai prévu et le pouvoir actuel prolonge son règne;

– Elle a menti en promettant d’appliquer un plan B en cas de blocage des négociations; – Elle est sous le coup de la ruse des politiques congolais;

– Elle a fait manquer en vain, le 19 décembre 2016, à la population sa meilleure occasion d’imposer le changement politique, etc. Par conséquent, elle n’inspire plus confiance et son leadership s’est affaibli.

Quel éclairage donner à l opinion nationale congolaise?

La CENCO n’est qu’un médiateur dont le rôle est d’accompagner les politiques à s’accorder autour d’un compromis politique favorisant l’organisation des élections apaisées qui débouche sur l’alternance démocratique, de ce fait :

– Elle interpelle régulièrement les parties prenantes à leur obligation et sens patriotique face aux attentes de la population ;

– Elle ne cesse de rappeler les responsabilités de chacune des parties prenantes face aux questions qui les divisent ;

– Elle facilite en toute neutralité l’élan de rapprochement requis à chacune des parties prenantes ;

– Elle sert, en cas de nécessité, de passerelle aux discussions directes entre des protagonistes;

– Elle n’a donc ni pouvoir ni mandat d’imposer des solutions aux blocages politiques et il ne reviendra pas ainsi à elle de mettre en œuvre ledit Accord politique ;

– Elle a le rôle d’accompagner et suivre la mise en œuvre des compromis politiques dégagés, tant elle s’en est approprié l’esprit et la moralité.

– Elle est appelée à communiquer clairement et franchement avec la population sur les enjeux politiques et sociaux qui caractérisent les négociations entre acteurs politiques;

A qui revient la responsabilité ?

  1. Au Président de la République qui est la voie incontournable de la solution au blocage. La réussite et l’échec de l’APGI dépend de son entière volonté à engager ou pas le pays dans le chemin de la consolidation de la démocratie par l’organisation des élections crédible dans le délai consensuel. Car, « le Vrai leader prête son oreille à son peuple et tourne son regard vers lui », dit-on.
  2. A la MP de faire réellement preuve d’un engagement éprouvé en faveur de la mise en œuvre imminente de l’APGI et de l’organisation des élections dans le délai imparti par cet accord.
  3. Au RASSOP de dépasser les querelles d’ambitions et de positionnement au profit de la consolidation de son Unité et de sa cohésion interne, afin de faire face aux enjeux avec efficacité. Avec les autres plates-formes de l’opposition, il devront jouer au moteur de la réussite.
  4. A la CENI qui est appelée à maintenir son rythme efficace dans la réalisation des opérations d’enrôlement en cours, afin d’éviter de donner prétexte aux politiques qui s’accusent ne pas être prêts à aller aux élections dans les temps impartis.
  5. A la population congolaise qui a le dernier mot pour ses élections et sa démocratie. Elle devra se mettre débout et se mobiliser pour trancher en définitive.
  6. La communauté internationale a le devoir de solidarité de soutenir de manière inlassable la mise en œuvre de l’APGI et l’organisation des élections dans le délai imparti par cet Accord.

 

Par conséquent, son appui politique, diplomatique, financier et technique est requis.

Fait à Kinshasa, le 3/03/2017

 

Gérard BISAMBU MPANG’DE

Secrétaire Général de l’AETA

Expert sur les questions électorales

et de gouvernance Assistant chargé des cours à l’Université

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