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Point de vue du CODHAS sur le procès de Bosco Ntaganda

Publié le : 3 September, 2015 à 9 h 21 min

Bosco 2

Rubare, le 3 septembre 2015.

Quel est le parcours de Ntaganda au Nord- Kivu ?

Rwandais de son origine, Bosco Ntaganda était avec la coalition de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratique pour la Libération du Congo), il a été intégré dans l’armée de la République démocratique du Congo par le brassage de masse des rebelles du RCD (Rassemblement de Congolais pour la Démocratie), avant de se rendre en Ituri, où il était le chef d’état-major de la milice, Union des Patriotes Congolais (UPC) de Thomas Lubanga pour la période de 2002 à 2003.

De 2006 à 2009, il a été chef d’état-major du CNDP (Congrès National pour la Défense des peuples), un mouvement politico-militaire dont Laurent Nkunda était Président.

Très reconnu au Nord –Kivu de par son rôle dans plusieurs rébellions et mutineries. Il s’était enrichi grâce aux commerces illicites des minerais de Bisie, Nyabibwe,…. et dans  le détournement des soldes des militaires fictifs.

Au courant de cette période, Bosco Ntaganda a perpétré des graves atrocités ; le recrutement d’enfants au Congo et dans les pays voisins, ses combattants se sont livrés à l’arme la plus redoutable des viols des femmes dans les zones contrôlées par son mouvement, à des exécutions sommaires des civiles et à la traque des activistes des droits humains et d’autres acteurs de la société civile.

Parmi les dates inoubliables, la date du 5 novembre 2008, dans la cité de Kiwanja, les combattants du CNDP sous commandement de Bosco Ntaganda avaient massacrés plus de 150 civiles pour une journée dans la cité de Kiwanja.Haut du formulaireBas du formulaire

Depuis 2009, après avoir écarté Laurent Nkunda du CNDP, Bosco avait créé une mutinerie au sein de l’armée en empêchant les militaires d’expression Kinyarwanda d’être mutée dans d’autres provinces de la République Démocratique du Congo.

Etant sous le coup d’un mandat d’arrêt de la cour pénale internationale depuis le 22 Aout 2006 sur les crimes commis en Ituri de 2002 à 2003, le gouvernement congolais avait affiché l’intention de le livré à la CPI.

C’est par la suite, en avril 2012, il créa une nouvelle rébellion dit « M23 », dans laquelle, il commet également des crimes de guerres et des crimes contre l’humanité. Suite à la crise interne  au sein de ce mouvement entre lui et Sultani Makenga, ce dernier le contraint par force à fuir vers le Rwanda en mars 2013 où il s’était rendu à l’ambassade des Etats Unies.

Le Rwanda qui faisait face à une pression internationale sur son soutien au M23, ne pouvait plus s’engager sur un autre front de protection de Ntaganda, qui avait déjà deux mandats d’arrêt international de la CPI dont le deuxième était délivré le 13 juillet 2012.

Quelles sont nos attentes sur le procès Ntaganda ?

Pour ce procès qui connait la participation de 2 150 personnes qui ont obtenu le statut de participant au procès, ouvert le 2 septembre 2015 à la Haye. La procureur de la CPI doit savoir que Bosco Ntaganda ne pas un criminel ordinaire, il a été capable de déstabiliser et d’endeuiller la région des Grands Lacs par son rôle maitresse dans la succession des  rebellions à l’est de la République Démocratique du Congo, en créant un réseau de recrutement d’enfants dans les pays des grands lacs, en RD Congo, au Rwanda, en Ouganda et au Burundi.

La présence de Ntaganda à la Cour Pénale Internationale est un ouf de soulagement pour les populations de l’est de la République Démocratique du Congo qui sont victimes des rebellions et crimes des guerres, crimes contre l’humanité que Ntaganda les avait infligé depuis son arrivée en République Démocratique du Congo jusqu’au dernier jour de son reddition.

Même s’il ne pas poursuivi pour des crimes commis au Kivu, nous attendons que la peine qui lui sera infligé soit la plus lourde peine pour que ça revêt des caractères d’un procès juste, équitable, dissuasif et répressif pour les crimes commis en Ituri et à l’est de la République Démocratique du Congo.

Nous attendons également que la CPI, lève les défis de l’indemnisation et réparation aux victimes.

Pour le CODHAS,

Hervé NSABIMANA

herv.nsabi@gmail.com

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