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Lorsque les militaires FARDC tuent les chefs de Raia Mutomboki, cela encourage ou empêche la reddition des éléments?

Publié le : 18 December, 2014 à 10 h 46 min

Depuis des années, le Raia Mutomboki a quasiment contrôlé le territoire de Shabunda. Un des leaders, Kindo Sisawa, qui dirigeait les éléments qui ont commis des viols, de tracasserie et des exécutions a été exécuté par les FARDC en Septembre 2014. Les militaires, dans leurs traquent des groupes armés, elles ont réussi à tuer deux autres chefs de Raia Mutomboki à Shabunda et Bunyakiri. Quel sera l’impact de ses morts sur le processus Désarmement, Démobilisation et Réintégration ?

Depuis que le M23 a été vaincu, plusieurs dynamiques ont changé dans la province du Sud Kivu si bien qu’à défaut de comprendre les réalités qui sous-tendent ces différentes disparitions de ces chefs des groupes armés, il faut aussi voir les réalités sous  adjacentes.

Dans l’espace de moins de quatre mois, plus de trois chefs Raia Mutomboki ont été tués par les militaires du  FARDC ce qui a rendu la question plus complexe et plus sensible.

En effet, au courant  du mois de septembre dernier, le chef milicien répondant au nom de Kindo Sisawa Byangozi avait été tué dans le territoire de Shabunda après un terrible  affrontement qui avait opposé ses milices contre les FARDC.

En fait, la scène s’est passé lorsque un de ces combattants est allé tuer un capitaine FARDC au point de le décapiter la tête. Cela n’avait pas enchanté l’ex 10e région Militaire (actuellement la 33eme région Militaire) qui avait diligenté une mission dans le cadre des représailles. Après un violant affrontement entre les éléments de Kindo Sisawa et les militaires du FARDC, celui- ci trouva la mort.

Pour mémoire, Kindo Sisawa est mort après avoir commis des graves violations des droits Humains. Lui-même fut cité dans les différentes extorsions des matériels des agents du CICR mais aussi  dans le trafic des minerais à l’est de la RD Congo. On en peut oublier le fait qu’un autre chef d’une fraction militaire Juriste Kikuni qui a fait sa reddition, après avoir commis des graves violations des Droits Humains lesquels, nous pensons, ne resteront pas impunis par les juridictions Congolaises.

Ensuite, selon des informations concordantes de nos sources  basées dans le territoire de Shabunda, mais aussi confirmé par les sources officielles, le Mwami Alexandre, qui fut un Raia Mutomboki qui avait été arrêté et écroué dans la prison centrale de la ville de Bukavu ; après avoir purgé sa peine, celui-ci fut relâché mais il est allé encore se joindre au groupe du Kindo Sisawa mais alors avec sa femme nommé Cynthia. On se rappellera que Cynthia, alliée à Mwami Alexandre se sont lancés dans une grande bataille et avaient réussis à occuper les villages de Nyalukungu ainsi que d’autres villages environnants. Une ou deux semaines après, ils seront chassés de ces villages. Malheureusement, dans sa détermination à pouvoir combattre les FARDC, Mwami Alexandre avait été tué le vendredi 5 Décembre 2014 alors qu’il voulait aller se rallier au chef rebelle Général autoproclamé aussi Amuri Yakutumba basé dans le territoire de Fizi.

Selon l’Administrateur du territoire de Shabunda, capté ce matin dans une radio de la place :

« Nous avions pensé que les chefs des groupes armés devraient écouter l’appel que nous leur avions lancé et de quitter les forêts. Alexandre ne serait pas mort s’il avait suivi nos conseils. Les notables du territoire de Shabunda devraient nous aider dans la sensibilisation».

Aussi, faut-il le dire, dans un autre territoire voisin à celui de Shabunda, le territoire de Kalehe  plus spécialement dans la cité d’Etat d’encadrement administratif mais aussi dans le limites entre la province du Sud-Kivu et celle de Nord Kivu notamment à Hombo Sud, vivait un chef Raia Mutomboki, répondant aux ordres du Chef  Byamungu dit « Hamakombo » du nom de Shukuru Kawaya. Ce dernier vient d’être tué aujourd’hui par les soldats du FARDC alors qu’il fut impliqué dans le trafic des ressources naturelles et des violations graves des droits humains. Devant ce tableau que nous venons de peindre,  quelle analyse faire de ces différents assassinats des chefs rebelles ? Quel avenir  peut-on présager pour le processus DDR qui était favorable à la population locale et qui demeure en cours et qui avait été mis en place par le commandement militaire  FARDC?

De sa part, Monsieur Mazambi Moseka, membre de la société civile de  Hombo Sud , pense que l’avenir de ce processus DDR est incertain : «  je ne vois pas l’avenir du processus DDR qui pourtant était bénéfique pour la population locale du territoire de Kalehe  car on doit repenser les autres méthodes de la réinsertion, appliquer pour  ces miliciens étant donné que les chefs sont tués ; et d’autres miliciens continuent à être ciblés par les FARDC, nous craignons que ces attaques successives ne puissent pas laisser un état de psychose à la population locale ».Dans un autre chapitre, un autre acteur de la ville de Bukavu interrogé a affirmé que «  les chefs miliciens doivent se rendre dans le cas contraire, ils seront pourchassés par les forces loyalistes de la RDC dans le but de restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire Congolais »

Du coté des éléments de la branche du groupe armé Raia Mutomboki basé à Kabare vers Irhegabaronyi, répondant aux ordres du Général autoproclamé Nanderema,  ce derniers seraient arrivés dans la ville de Bukavu afin de négocier leur reddition.

Par ailleurs ; nous pensons que la question est complexe et d’un point de vue objectif, le processus devrait se poursuivre au lieu de l’arrêter en cours.

Le fait de tuer les chefs de ces groupes, est une des stratégies  qui affaibli aussi lesdits groupes mais ne résout pas les problèmes complètement. Il apparaît aussi qu’un plan aurait été arrêté afin d’exterminer tous ces chefs.  Que retenir de ces tueries ? La leçon à retenir est que soit les chefs tués ont été réfractaires au processus, ils n’ont pas répondus positivement à l’appel de capitulation lancé par les FARDC ou alors ils ont infligés une résistance aux FARDC.

Une autre face de la problématique est que, dans le processus de rétablissement de l’autorité de l’Etat , les FARDC devraient aussi savoir que le processus avait commencé mais ils devraient épuiser l’approche de négociations avant de s’en prendre à ces chefs parce que cela renforce davantage l’adversité entre les FARDC et les groupes armés .Qui serait alors derrière tous ces multiples assassinats des Chefs Raia Mutomboki dans la province du Sud Kivu ?

Par Centre de Recherche et d’Etudes Stratégiques en Afrique centrale (CRESA)

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