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Les leaders du G7 sont victimes de règlement de compte à cause de leurs opinions exprimées

Publié le : 17 September, 2015 à 19 h 41 min

Kabila

Kinshasa, le 17/09/2015 : 33 organisations de défense des droits de l’homme de la RDC condamnent le harcèlement dont sont victimes les leaders du groupe de sept partis politiques (G7) qui ont demandé au Président Joseph Kabila le respect de la constitution et l’alternance politique pacifique au pouvoir en 2016.

Le 14 septembre 2015, les partis politiques MSR, ARC, PDC, ACO, UNAFEC, UNADEF et ADP/MSDD[1] ont adressé une lettre au Président Joseph Kabila, avec copie aux membres du bureau politique de la majorité présidentielle, lui exprimant leurs inquiétudes notamment quant aux velléités de révision ou changement de constitution, au démembrement précipité des provinces et à l’organisation très controversée des élections locales et municipales, et demandant à ce qu’il respecte la constitution.

Au lieu d’engager un débat démocratique interne sur ces préoccupations, le Bureau politique de la majorité présidentielle a exclu ces partis de son regroupement politique. M.M. Pierre LUMBI et Olivier KAMITATU, respectivement conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité et Ministre du plan ont été limogés le 17 septembre 2015. Aussitôt après, le député Charles MWANDO SIMBA a dû démissionner de son poste de 1èr vice-président de l’Assemblée Nationale après que son bureau ait été scellé tôt le matin, et que la résidence du député Christophe LUTUNDULA ait été encerclée par la police pendant plusieurs heures sans donner de motif.

Les policiers commis à la sécurité de tous les signataires de la lettre ainsi qu’à leurs résidences ont été retirés sur ordre du Ministre de l’intérieur sans préavis.

Certains membres de la majorité présidentielle usent de leurs positions officielles pour exercer de fortes pressions sur les directoires de partis signataires de la lettre en vue d’obtenir des sanctions contre leurs leaders ou d’y provoquer des dissidences.

Ces faits rappellent l’attaque commise, le mardi 15 septembre 2015, au meeting organisé par les partis politiques membres de la Dynamique de l’opposition politique dans l’enceinte de la paroisse Sainte Thérèse à N’djili par un groupe des personnes qui seraient proches de la majorité présidentielle munies d’armes blanches, et qui s’est soldée par un mort, plusieurs blessés graves et des dégâts matériels.

Les 33 organisations condamnent fermement toute utilisation abusive des positions officielles par certains membres de la majorité présidentielle pour régler des comptes à leurs adversaires politiques, le retrait sans préavis des policiers chargés d’assurer la sécurité de signataires et leurs résidences, l’encerclement de la résidence du député Christophe Lutundula. Il s’agit là de cas d’abus et de détournement de pouvoir inacceptables en démocratie.

Elles condamnent aussi l’attaque délibérée du meeting des partis de l’opposition le 15 septembre 2015 et exigent une enquête indépendante pour identifier tous les auteurs et leurs commanditaires de manière à les faire poursuivre en justice. Les membres des partis politiques doivent être formés à la tolérance des opinions des autres et non le contraire.

Les organisations signataires du présent communiqué rappellent que la liberté d’expression, la liberté d’opinion et le droit d’égale protection par la loi sont garantis à tout citoyen par la Constitution et que tous les partis politiques ou regroupement des partis, principalement ceux de la coalition au pouvoir, doivent respectés et faire respecter en leurs seins. Le Bureau politique de la Majorité présidentielle devrait faire preuve de retenue et garantir en son sein l’expression libre des opinions notamment celle qui s’inquiète de plus en plus de la tentative à la révision ou au changement de la constitution et à l’organisation controversée des élections locales et municipales au lieu de se concentrer sur les élections législatives nationales et présidentielle de 2015.

Elles dénonceront toute instrumentalisation de la justice et/ou des services de sécurité en vue de harceler les responsables de G7.

Nos organisations appellent la population congolaise à rester vigilante pour faire échec à toute tentative de violation de la constitution et retarder ainsi  l’organisation des élections législatives et présidentielle de 2016.

Les organisations signataires :

  1. ABC
  2. ACAJ, Association congolaise pour l’Accès à la Justice
  3. ACIDH, Action contre l’impunité pour les Droits Humains
  4. AFECOPAD
  5. AJD
  6. AJLOD
  7. ANMDH, Les Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme
  8. ARD
  9. CADTM
  10. CDF
  11. Centre de Droits de l’Homme et du droit international Humanitaire
  12. CI, Congo en Image
  13. CJP/Kimbanguiste
  14. CLCJR
  15. COSCCET
  16. CVDHO
  17. DFMP
  18. FDH
  19. FJPM, Fédération des Jeunes pour la Paix Mondiale
  20. GANVE
  21. GJL, Groupe Justice et Libération
  22. GL, Groupe Lotus
  23. GLJP, Groupe Lufulanga pour la Justice et la Paix
  24. Human Rescue
  25. IRDH, Institut de Recherche en Droits Humains
  26. Justitia ASBL
  27. La Voix des Opprimés/Isiro
  28. LACAF
  29. LICOF, Ligue Congolaise contre la Fraude
  30. LINAPEDHO
  31. MEEDAF-d
  32. OCDHDS
  33. OIDHAC

Pour tout contact presse :

M. Timothée Mbuya, Membre de la Coalition de 33 ONG

Téléphone : +234 814 709 184, Email : timmbuya11@gmail.com

Rashidi AKIDA, Membre de la Coalition de 33 ONG

Téléphone : +243 85 034 35 71, Email : oscar_rashidi@yahoo.fr

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