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Les allégations contre l’entreprise SOCO

Publié le : 17 June, 2015 à 9 h 31 min

Gorille de montagnes dans la Virunga, Nord Kivu, 2004.

Les allégations contre l’entreprise SOCO devront être prises au sérieux pour protéger les communautés riveraines et sauver le Parc National des Virunga.

Les Organisations Non Gouvernementales Environnementales de la Société Civile du Nord-Kivu, à travers le Réseau CREF, IDPE, CREDDHO, SOPR et FECOPEILE se félicitent de la publication du rapport de l’ONG britannique Global Witness responsabilisant l’entreprise SOCO suite à ses agissements dans et autour du Parc National des Virunga.

En effet, c’est en date du 10 Juin 2015 que ces organisations ont suivi, par la voix des ondes (Radio France Internationale « RFI ») que la compagnie pétrolière SOCO avait trempé en 2014 dans les actes de corruption et de violence envers ceux qui ont des opinions contraires à son projet d’exploitation pétrolière au sein du Parc National des Virunga. Rappelons que ce dernier est l’un des plus anciens parcs d’Afrique et constitue la dernière demeure des gorilles de montagne à travers le monde.

Les allégations contenues dans le rapport de Gobal Witness viennent confirmer toute une série de dénonciations et alertes venues des communautés riveraines du Parc National des Virunga, victimes depuis le lancement de cette campagne et qui malheureusement n’ont jamais eu de suite.

Tout en appréciant, à sa juste valeur, les différentes recommandations émises par Global Witness, les organisations ci-haut citées ont été désagréablement surprises de la réaction de la compagnie SOCO, qui tend à nier toutes les allégations et se couvrir derrière une enquête dite “indépendante” qui reste inconnue de différentes parties prenantes dont les acteurs de la société civile et les communautés à la base.

Ces organisations ci-haut citées, expriment leur déception par rapport à cette attitude de l’entreprise qui démontre une mauvaise foi et un caractère oppresseur. Rappelons que certains des animateurs de ces organisations s’étaient rendus personnellement au bureau de SOCO International à Londres en 2012 pour l’informer des menaces qui étaient portées sur leurs personnes au niveau local (zone d’intervention de l’entreprise). A l’occasion de ladite visite, une enquête indépendante sur ces menaces leur avait été suggérée. Au jour d’aujourd’hui, l’on est surpris que cette enquête dite indépendante menée par le bureau d’avocats « Clifford Chance », se soit menée sans prendre contact avec les acteurs de la Société Civile et les communautés locales au cours de sa réalisation. En plus, ce bureau n’a pas pris en considération les différents déclarations, témoignages et messages publiés par ces derniers.

Par ailleurs, les organisations ci-haut citées félicitent le gouvernement congolais pour sa prompte réaction à travers le communiqué officiel du 12 Juin 2015 signé par le ministre de communication et médias et porte-parole du Gouvernement, Monsieur Lambert Mende Omalanga, et l’encouragent dans sa décision d’initier une enquête à cet effet. Nous souhaitons vivement que cette décision ne reste pas lettre morte.

De tout ce qui précède, les organisations recommandent ce qui suit :

Au Gouvernement Congolais :

  • S’approprier les recommandations du rapport de Global Witness et y réserver une suite favorable ;
  • Interpeller l’officier des Forces Armées de la RDC par rapport à toutes les allégations à sa charge ;
  • Privilégier la survie durable des communautés en abandonnant ce projet d’exploitation pétrolière au profit de l’économie verte pour laquelle la RDC est actuellement ventée comme champion d’Afrique dans le processus participatif REDD+ ;
  • Respecter les textes juridiques nationaux et ses engagements internationaux auxquels, la RDC, notre pays, a librement souscrit. Ces textes n’entament nullement la souveraineté nationale, mais plutôt la crédibilité du pays vis-à-vis de l’extérieur.

A la Compagnie SOCO International

  • Rendre public l’enquête dite indépendante et qui serait déjà réalisée ;
  • Soulager les victimes de différentes allégations en abandonnant le projet d’exploitation du pétrole dans le Parc National des Virunga, une aire protégée et site du patrimoine mondial de l’UNESCO ;
  • Cesser de mener les démarches pour vendre le Bloque V à une autre compagnie ;
  • Respecter les obligations environnementales et sociales dans les pays partout où elle investit ses capitaux.

Fait à Goma, le 17 Juin 2015.

Pour plus d’information, contactez :

  • Alphonse M. VALIVAMBENE (Réseau CREF, alphonse.valivambene@reseaucref.org, Tél : +243 99384839)
  • Bantu LUKAMBO (IDPE, idpe_kc@yahoo.fr, Tél : +243 997 70 40 42)
  • Eddy K. SIWAYITIRA (SOPR, soprgraben@yahoo.fr, Tél : +243 994 02 94 12)
  • Isaac M. WIKEREVOLO (Réseau CREF, isaac.wiker@reseaucref.org , Tél : +243 995 47 20 18)
  • Jules MBOKANI (CREDDHO, julmbokani@gmail.com , Tél : + 243 994000110)
  • François BILOKO (Réseau CREF, francois.biloko@reseaucref.org, Tél : +243 998 60 56 65)
  • Josué MUKURA (FECOPEILE, copeile_lake@yahoo.fr, Tél. : +243 994175988)

Pour plus d’informations:

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