Mise à jour le 12 December,19 à 10 h 33 min
Sauti Ya Congo > Nos actualités > DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA PROMOTION ET DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME DU KASAI ORIENTAL, A L’OCCASION DU 71 eme ANNIVERSAIRE DE LA DECLARATION DE DROIT DE L’HOMME.

Ida Sawyer : « Le droit des congolais à des élections périodiques et à s’exprimer librement ne peut leur être retiré par un Etat d’urgence »

Publié le : 19 July,17 à 15 h 54 min

Kinshasa, le 19 Juillet 2017 – Dans un article publié sur le Blog de Human Rights Watch, la Directrice pour l’Afrique Centrale Ida Sawyer estime que les Congolais ont droit à la tenue d’élections périodiques véritables, et à exprimer librement leur opinion à ce sujet. Et que ces, indique – t – elle, ne peuvent leur être retirés par un « état d’urgence » ou d’autres mesures qui les priveraient d’un processus démocratique crédible.

Le vendredi 14 juillet, à environ 13h30, une douzaine de jeunes gens au front ceint d’un bandeau rouge et armés de fusils, couteaux, machettes et bâtons de bois attaquent le marché central très animé de Kinshasa, dit « Grand Marché ». Les assaillants incendient deux postes de police proches du marché avant de se fondre dans la foule des acheteurs et des vendeurs fuyant ces troubles. L’administratrice du marché, Chantal Mboyo, âgée de 50 ans, et deux policiers trouvent la mort.

Le général Célestin Kanyama, qui jusqu’à lundi, était le commissaire de la police de Kinshasa, a immédiatement imputé l’attaque à « un groupe de voleurs et criminels ». Toutefois, en République démocratique du Congo, de nombreux observateurs doutent que des assaillants aient pu mener une attaque aussi audacieuse en plein jour dans la capitale – et puis réussir à s’échapper – sans une part de complicité du gouvernement. D’autres ont émis l’hypothèse que l’attaque du marché justifierait l’instauration d’un ‘état d’urgence’ qui pourrait servir de prétexte supplémentaire pour retarder les élections et pour réprimer davantage encore les manifestations politiques et la liberté d’expression.

Rien de surprenant donc, à ce que, le lendemain de l’attaque, Patrick Nkanga, président de la ligue des jeunes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le principal parti de la coalition au pouvoir du président Joseph Kabila, ait publié un communiqué appelant à des mesures de sécurité complémentaires, « même si » cela signifiait proclamer « l’état d’urgence » – pour contrer les « actes terroristes » perpétrés dans la région centrale du Kasaï et maintenant à Kinshasa.

Lundi soir, des ordonnances présidentielles ont été lues dans les médias d’état annonçant de nouvelles nominations au sein de la police et de l’armée. Parmi les nouvelles nominations, l’inspecteur général de la police nationale Gén. Charles Bisengimana a été remplacé par le Gén. Dieudonné Amuli Bahigwa, l’ancien chef d’état-major adjoint de l’armée en charge des opérations. Ce changement de garde conduit à se demander s’il annonce une militarisation plus poussée de la police, la force de sécurité essentiellement chargée de la protection de la population et du maintien

L’attaque du marché de Kinshasa est survenue une semaine après l’annonce par le président de la commission électorale nationale, Corneille Nangaa, de l’impossibilité d’organiser des élections avant la fin de l’année, comme en appelait l’accord de partage de pouvoir signé à la fin de l’an dernier sous la médiation de l’Église catholique après l’expiration le 19 décembre du second et dernier mandat de Kabila autorisé par la constitution. Nangaa a attribué le retard à la violence régnant dans la région du Kasaï, qui, selon lui, a rendu impossible dans certains endroits, l’inscription sur les listes électorales. Plus de 3 300 personnes ont été tuées et 1,4 million déplacées de leur foyer depuis que la violence a éclaté en août dernier, et les forces de sécurité ont utilisé une force excessive pour éliminer les milices locales.

L’annonce de Nangaa a suscité l’indignation des critiques du gouvernement. Le leader d’opposition Félix Tshisekedi a estimé que Nangaa avait « déclaré la guerre au peuple congolais ». Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le changement) a lancé un appel à des manifestations nationales le 31 juillet, date à laquelle la commission électorale était censée avoir terminé l’enrôlement des électeurs pour les scrutins devant se dérouler d’ici la fin 2017. Auparavant, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) avait appelé les congolais à « se mettre debout » et à protester contre l’échec du gouvernement à organiser des élections conformément à la constitution.

Les Congolais ont droit en vertu de leur constitution et du droit international à la tenue d’élections périodiques véritables, et à exprimer librement leur opinion à ce sujet. Ces droits ne peuvent leur être retirés par un état d’urgence ou d’autres mesures qui les priveraient d’un processus démocratique crédible.

Lien de l’article : https://www.hrw.org/fr/blog-feed/la-rd-congo-en-crise#blog-306829

A lire aussi

Publié le : 5 September,17 à 23 h 38 min

RDC : La mise en œuvre de l’ITIE patine, 9 personnalités appellent à des mesures urgentes !

Publié le : 3 May,16 à 13 h 55 min

RDC : Journée de la presse, OLPA appelle les animateurs des institutions à libérer les médias

Publié le : 30 September,16 à 10 h 43 min

RDC : La défense de l’opposant Moïse Moni Della conteste la constitutionalité la loi relative à la procédure de flagrance

CONTACTEZ-NOUS

Courriel: sautiyacongo@gmail.com
Skype: sautiyacongo
Facebook: Sautiyacongo
Twitter: Sautiyacongo







Sauti ya Congo | Design By Le mak | Instagram