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La RDC, ce pays des hommes

Publié le : 21 January, 2019 à 10 h 43 min

Mobilisons-nous contre cet espace durablement réduit de la femme dans la gouvernance post-électorale en RDC.

Sans pour autant verser dans un féminisme militant, il reste aisé d’établir un constat amer à partir de l’étude de la condition de la femme congolaise et de sa participation à la vie politique et à la reconstruction de son pays. Il est juste de féliciter sincèrement les 50 femmes qui se sont battues pour s’imposer aux législatives nationales et celles élues au niveau des provinces. Les femmes de la RDC ne peuvent qu’être fières d’elles et leur souhaiter pleins succès dans ce combat que les hommes et femmes ne mènent pas souvent à armes égales, en RDC.

Les résultats des élections présidentielles et législatives de cette fin d’année démontre, si besoin s’en faut, cette forte précarité de la situation de la femme congolaise et les inégalités criantes de genre notamment en matière de représentation politique et d’accès aux postes des décisions qui gangrènent le pays. Les résultats provisoires publiés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), sous réserve de leur confirmation par la Cour constitutionnelle, sont sans appel. La prochaine assemblée nationale comptera 50 femmes, soit seulement 10% de députés élus. Au niveau des assemblées provinciales, les femmes députés représenteront moins de 15%. Bref, dans les Assemblées provinciales et nationale, sous le nouveau mandat, il y aura 1 femme pour 9 hommes face aux décisions majeures impliquant l’avenir de toute la nation, et des femmes congolaises.

Ces chiffres (8 et 10) qui sont devenus une sorte de mauvais sort pour la femme congolaise.

Les femmes ont récemment représenté respectivement 10%, 12%, et 8% dans les gouvernements Tshibala, Badibanga, Matata et Muzito et ne seront décidemment pas mieux logées dans les institutions qui s’annoncent. A l’Assemblée nationale, les femmes ont occupé 8% des sièges en 2006 et en 2011 et aujourd’hui, ce taux est à 10%, soit une progression maigre de 2% sur plus d’une décennie. Vraisemblablement, la RDC ne réussit pas à dépasser durablement la part du dixième de sa gouvernance assurée par la femme. La participation quantitative de la femme tangue dans un environnement où les abus massifs de droits de celle-ci cherchent des porte-voix, des militantes et “leaders” femmes qui deviennent audibles dans la sphère politique. Les femmes n’ont presque pas été représentées à la tête des gouvernements provinciaux démontrant une facette de l’échec patent de la politique de genre dès le niveau local.

Quel que soit le niveau, une vérité est claire : des inégalités criantes de droits et de chances persistent entre les hommes et les femmes et font durablement perdre à la République l’utile contribution des femmes à la réalisation de ses objectifs de développement.

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