RDC : Verdict du procès de Kavumu, un signal fort de la lutte contre l’impunité des crimes contre l’humanité

(Bukavu, le 16 Décembre 2017) – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) salue le verdict rendu, mercredi 13 décembre 2017, par la Cour Militaire du Sud-Kivu, condamnant à perpétuité onze (11) personnes dont le député provincial du Sud-Kivu Frédéric Batumike, chef d’une milice dénommée “Jeshi La Yesu ou Armée de Jésus” poursuivies pour « crimes contre l’humanité par  viol et meurtre» commis sur plusieurs enfants (filles) âgées de moins de 12 ans durant la période allant de 2013 à 2016.

Les victimes de ladite milice ont fait l’objet de viol avec « destruction des organes génitaux » de la part des miliciens de l’Armée de Jésus prétextant devenir ainsi invulnérables lors des combats  après des rapports sexuels avec des fillettes.

Pour la VSV, ce  verdict qui constitue à la fois un motif de soulagement et une satisfaction pour les victimes et/ou leurs familles est un signal fort à l’égard d’autres auteurs des violations des droits de l’homme en général et de viols en particulier qui continuent de jouir de l’impunité en RDCongo. Toutefois, la VSV exhorte les autorités judiciaires rdcongolaises à la réparation d’énormes préjudices subis par les victimes et/ou leurs familles.

En définitive, la VSV encourage également les mêmes autorités judiciaires à redoubler d’efforts pour réprimer davantage d’autres auteurs à la base des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont principalement le viol utilisé comme une arme de guerre à l’Est de la RDCongo en vue de dissuader et de décourager de potentiels auteurs de mêmes crimes.

 SYC

RDC : Une ONGDH appelle à une enquête crédible sur le carnage d’une trentaine de réfugiés burundais à Kamanyola 

Bukavu, le 16 septembre 2017 – “L’Asbl Héritiers de la Justice appelle le Gouvernement congolais à diligenter une enquête crédible sur le carnage de la trentaine des réfugiés et la centaine de blessés par balles lors des échauffourées qui ont eu lieu vendredi 15 septembre 2017 dans la cité de Kamanyola en province du Sud-Kivu. Selon des sources locales, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) semblent avoir fait recours à l’usage excessif de la force lors de sont intervention pour disperser ceux des réfugiés qui manifestaient violemment devant le cachot tenu par l’Agence nationale des renseignements (ANR) pour réclamer la libération de quatre de leurs arrêtés le mercredi la nuit.

Des corps inertes de ces réfugiés ainsi que les blessés ont été exposés devant le bureau et le campement de la Mission de Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO). La Cité de Kamanyola est située aux confins de la RDC, du Rwanda et du Burundi, à quelques encablures de la rivière Ruzizi et à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ville de Bukavu.

En effet, rapporte l’ONGDH, cette situation macabre est partie de l’arrestation dans la nuit du mercredi 13 septembre 2017 de quatre réfugiés burundais munis d’armes blanches, essentiellement des gourdins piquetés de plusieurs clous à la pointe. Interrogés par les services de sécurité congolais, dont la Direction générale des migrations, ces réfugiés ont argué : « nous étions en patrouille et les armes blanches que nous avons ne présentent aucun danger pour le Congo et ses habitants ».

Des sources dignes de foi rencontrées par un membre de l’équipe exécutive de “Héritiers de la Justice” qui, pour d’autres raisons autres que celles liées à cet incident, s’était rendu le jeudi dans la plaine de la Ruzizi et en est revenu le vendredi dans l’avant-midi, certains réfugiés burundais détiendraient des armes dont ils font usage pour commettre des forfaits sur le sol congolais qui les a accueillis. Les autorités chargées des mouvements des populations avaient alors résolu de procéder à la reconduction aux frontières de quatre réfugiés ; ce qui fut fait par la frontière congolo-burundaise d’Uvira le vendredi dans l’après-midi. Les 4 refoulés provenaient de la province burundaise de Bururi au sud du pays.

« Les acteurs locaux de la société civile renseignent qu’à l’arrivée des réfugiés devant les locaux de l’ANR Kamanyola aux environs de 14 heures, ceux-ci auraient exigé la libération de leurs compatriotes y détenus. Ils auraient jeté des pierres sur les policiers commis à la garde de ce lieu carcéral. Un appel a été fait à l’armée pour assister la police en voie d’être débordée par le nombre important de la foule. A leur arrivée, les éléments FARDC auraient été accueillis par des jets des pierres. D’autres informations disent que les réfugiés auraient même ravi une arme à un militaire et l’auraient utilisée pour tirer sur les FARDC et la PNC.

En riposte aux jets de pierres et éventuellement à la fusillade d’un de leurs compagnons, des militaires congolais ont alors indistinctement tiré sur la foule présente sur le lieu. C’est le carnage : une trentaine de morts et une centaine de blessés. Une dispersion des réfugiés dans tous les sens s’en est suivie avant que certains ne reviennent faire le constat. Ils décident de récupérer et de transporter tous les cadavres et les blessés à la MONUSCO pour manifester leur colère et demander la protection», indique l’Asbl Héritiers de la Justice.

Préoccupée par ce nouveau massacre, l’asbl Héritiers de la Justice invite instamment le Gouvernement congolais à diligenter une enquête pour faire la lumière sur ce grave crime et en tirer les conséquences de droit qui s’imposent. Il s’avère que les FARDC ont fait usage d’une force excessive.

Et de préciser : « Le Gouvernement et le HCR doivent également tout faire pour qu’aucun réfugié ne reste tout près de la frontière de son pays d’origine, notamment à Kamanyola, de peur que ce pays ne se serve du prétexte sécuritaire pour faire incursion ou la guerre à ses rebelles sur le sol congolais comme il en a été le cas en 1996 lorsque, sous le label de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), le Rwanda, le Burundais et l’Ouganda ont envahi ce l’actuelle RDC et fait tombé le régime de Mobutu ».

Aussi, l’Association recommande-t-elle aux réfugiés burundais présents en RDC à se conformer aux prescrits des instruments juridiques internationaux relatifs à leur statut et aux lois de la RDC, notamment à cesser toute opposition à leur délocalisation vers le camp érigé pour eux par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés à Lusenda dans le territoire de Fizi.

Héritiers de la Justice les invite aussi à s’abstenir des comportements qui laissent penser qu’ils sont sur une terre conquise au Congo, telle l’organisation des patrouilles nocturnes. Leur sécurité étant l’apanage des services compétents congolais.

En attendant, le bilan avancé à cette Association par une source locale qui suit de très près cette situation fait état de 32 personnes, dont un militaire congolais et 31 réfugiés qui sont mortes et plus de 120 personnes dont un policier qui sont blessées à l’issue des échauffourées du vendredi soir.

Pour rappel, depuis la récente crise politique au Burundi née du troisième mandat contesté de Pierre Nkurunziza, une vague des Burundais fuient leur pays et se réfugient notamment en RDC dans les territoires d’Uvira, de Fizi et de Walungu à Kamanyola. Certains réfugiés sont non armés, mais l’on note aussi des burundais et des rwandais armés qui franchissent la frontière et installent des camps d’entraînement militaire dans les localités congolaises situées dans les collines et les montagnes qui surplombent la plaine de la Ruzizi.

Dans ses récentes publications, l’Asbl Héritiers de la Justice a fait cas d’incursions répétées d’hommes armés dans cette partie de la RDC. Ce pays ayant des frontières très poreuses et des notables espaces qui échappent à son contrôle, car aux mains des groupes armés locaux et étrangers burundais et rwandais notamment.

SYC

RDC : Tentative d’évasion de la prison de Kabare à cause de la famine !

Bukavu, le 19 Juillet 2017 – Des coups des balles ont été entendu a la prison de Kabare l’après midi du mardi 18 juillet. Selon des sources concordantes, ce sont des prisonniers qui ont tenté de s’évader au motif qu’ils manquent la ration alimentaire. Ces prisonniers ont tabassé les policiers commis à la garde de la prison. L’Administrateur du territoire de Kabare, David kitungano a confirmé cette version des faits et précise que des enquêtes son en cours pour connaitre l’origine de cette situation.

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile déplore le bilan de 4 prisonniers blessées lors de cette tentative d’évasion et exige des autorités compétentes d’approvisionner en produits alimentaires cette maison carcérale.

Pour rappelle, 295 prisonniers sont entassés dans cette maison carcérale construite pour accueillir 120 détenus.

SYC