RDC : ANMDH/Kisangani invite la Police à cesser d’être au service des politiciens !

Kisangani, le 18 juillet 2017 – Les Amis de Nelson Mandela pour les Droits de l’Homme (ANMDH)/Kisangani a invité la Police à cesser d’être au service des politiciens. Dans un communiqué rendu public le 18 Juillet, cette ONGDH estime que la République Démocratique du Congo a besoin d’une POLICE REPUBLICAINE et NON une police politicienne à l’instar de celle qu’elle voit présentement à KISANGANI. Allusion faite à l’incursion d’une vingtaine des policiers dans ses bureaux à la suite d’une activité organisée par la LUCHA lundi le 17 juillet.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE N°014/ANMDH/2017

Il est déplorable de constater qu’au moment où le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) se bat jours et nuits pour tenter de sauver les personnalités politiques, de la Police, des Forces Armées Congolaises (FARDC) et des services de renseignement, sous sanction internationale, précisément de l’Union Européenne et des Etats Unis d’Amérique, accusés être responsables de comportement anti-démocratique et de violer délibérément les Droits de l’Homme, certaines officiers de la Police Nationale Congolaise (PNC), à Kisangani, continuent à se comporter en « bulldozer des politiciens au pouvoir » pour traquer ceux qui osent lever la voix pour fustiger les antivaleurs et pour réclamer la démocratie et le respect des Droits de l’Homme en RDC.

En effet, dans leur programme conjoint de sensibiliser la population à se comporter en homme responsable lors des prochaines élections, en commençant par l’étape d’enrôlement des électeurs, le Mouvement Citoyen « LUCHA » a organisé ce lundi 17 juillet 2017 à 11 heures, en collaboration avec ANMDH/Kisangani, une Conférence de presse au siège de ANMDH sis dans la commune de la Makiso, sur le thème : « la sensibilisation à l’enrôlement perturbée par le Maire de la ville de Kisangani, nous le tiendrons responsable ». 

La Conférence s’est déroulée normalement et a pris fin vers 11 heures 30 minutes. Subitement, 20 minutes plus tard, une troupe des policiers, à peu près une vingtaine, commandés par un officier au rend de « Capitaine d’armée » est entrée dans la parcelle où est basé le bureau de ANMDH, l’a assiégé pendant plus d’une demi-heure et est repartie après qu’ils aient été rejoints par un autre officier au rang de « Major d’armée ».

Voulant savoir le motif de cette incursion, ces officiers ont expliqué que l’ordre est venu du Maire de la Ville de Kisangani « d’empêcher que cette rencontre n’ait pas lieu », sans un autre motif. L’équipe du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH/MONUSCO), de passage, les ont trouvés sur place et les a vu pendant qu’ils se retiraient.

L’opinion se souvient que cet acte de terreur s’était encore produit en toute impunité le 31 mars 2017 lorsque le Mouvement « FILIMBI » avait tenu une réunion au bureau de ANMDH. Une soixantaine des policiers avaient également envahi arbitrairement le siège de ANMDH/Kisangani.

Les questions que l’on se demande sont les suivantes :

– Que veut le Maire de la ville de Kisangani et certains responsables des services de l’Etat œuvrant à Kisangani : retourner à un régime dictatorial ou promouvoir la démocratie et la tranquillité ?

– Ces autorités qui agissent sans se conformer à la Constitution et aux normes internationales sont-elles conscientes des actes arbitraires qu’elles posent ou seulement obéissent aveuglement aux ordres, sans évaluer les conséquences des actes qu’elles posent aujourd’hui ?

– L’autorité suprême de la RDC, devant des pareils dirigeants, se sent-il soutenu dans l’exercice de ses fonctions régaliennes ?

– Ces dirigeants au comportement coupable se rendent-ils compte que le peuple est le souverain primaire qui donne le pouvoir en démocratie ?

– Ces officiers qui obéissent aux ordres mal donnés savent-ils que l’article 38 de la Constitution de la RDC leur donne le pouvoir de refuser d’exécuter tout ordre à l’encontre de la Constitution ou qui viole les Droits de l’Homme et leur responsabilité en dépend ?

– La Police Nationale Congolaise, particulièrement celle de Kisangani, est-elle au service des partis politiques ou au service du peuple souverain ?

– S’agit-il d’une flatterie de nuisance ou tout simplement d’une ignorance de la loi ?

– Les mouvements citoyens que ANMDH soutient et continuera de soutenir, à l’instar de la LUCHA, FILIMBI et CCT à Kisangani, étant pacifiques, en quoi sont-ils considérés par les partisans du pouvoir comme des fauteurs de trouble, alors qu’ils ne revendiquent que la démocratie et le bien de la communauté ? 

Pour ce faire, ANMDH recommande : 

– Aux Ministres chargés de l’intérieur et sécurité et des Droits humains, à Kinshasa : d’interdire aux Maires de villes de la RDC, particulièrement celui de Kisangani, de cesser de porter atteinte aux Droits de l’Homme et de sécuriser les Défenseurs des Droits de l’Homme, leurs bureaux ainsi que les Activistes pro-démocratie qui n’agissent qu’en respectant la Constitution et les lois internationales auxquelles la RDC a souscrit ; de prendre des mesures urgentes contre les récalcitrants qui sapent l’honneur de la nation et du Chef de l’Etat par des comportements antidémocratiques ; 

– Aux autorités de la ville de Kisangani, en particulier et de la province, en général : de veiller au respect de la Constitution et des normes internationales des Droits de l’Homme ; de cesser de se comporter en bourreaux de la population, des Défenseurs des Droits de l’Homme et des Activistes pro-démocratie ; bref, de poser des actes qui démontrent soutenir le Chef de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions régaliennes ; 

– Aux responsables urbains et provinciaux de la Police Nationale Congolaise, dans la province de la Tshopo : de bien distinguer l’Etat et le pouvoir ; de se comporter en commandant des services de l’Etat et non comme des personnes manipulées par les politiques ;

– A la population, aux Défenseurs des Droits de l’Homme et Activistes pro-démocratie : de vaincre la peur et de continuer à exercer leurs droits et libertés fondamentales reconnus par la Constitution ; 

– A la communauté internationale, les Nations Unies, les Etats Unis d’Amérique, l’Union Européenne, etc. : de continuer à veiller au comportement indigne de certains dirigeants congolais et d’assister le peuple congolais, les Défenseurs des Droits de l’Homme et Activistes pro-démocratie pour la promotion de la démocratie et le respect des Droits de l’Homme par tous et partout en RDC. 

Pour les Amis de Nelson MANDELA

Jacques-Désiré MUZINGA KUNDA   

Coordonnateur du Pool de Kisangani                                             

Robert ILUNGA NUMBI    

Directeur Exécutif

RDC : L’assassin du journaliste Innocent Banga condamné à 20 ans de prison à Bunia

Bunia, le 15 Juillet 2017 – Le Tribunal de Grande Instance de Bunia (Ituri) a condamné vendredi l’assassin du journaliste de la RTNC, Innocent Banga Karaba, à 20 ans de servitude pénale principale et au paiement de 20 000 dollars américains des dommages et intérêts.

Cet assassin n’est personne d’autre que le frère du défunt. Archange Banga a reconnu avoir tué son frère mercredi 12 Juillet 2017 pour une affaire d’héritage. Ce qui l’a poussé à donner à la victime 3 coups de bâton à la nuque afin de mettre un terme à cette querelle.

Vue du Bâton avec lequel Archange Banga a tué son frère.

Le procès en flagrance n’a durée que deux jours. Et ce verdict a été prononcé vendredi soir.

Pour rappel, le jour de l’assassinat d’Innocent Banga, la corporation des journalistes avait exigé l’identification des auteurs de cet acte ignoble et leur mise à la disposition de la justice pour répondre de leurs actes. Ils ont même observé une journée sans radio.

Innocent Banga Karaba trainait près de 40 ans d’expérience de journaliste. S’il a présenté son journal habituel la veille, il n’a pu le faire le matin de sa mort alors qu’il se préparait à se rendre à la station RTNC. Il a laissé derrière lui une veuve et 9 orphelins.

SYC

RDC : Appel à la sécurisation urgente de l’enrôlement des électeurs face à l’activisme de la LRA les Haut et Bas Uélé

DUNGU, le 13 Juillet 2017 – La Commission Diocésaine Justice et Paix de Dungu Doruma est vivement préoccupée par la recrudescence de l’insécurité dans les provinces du Haut et Bas-Uélé caractérisée par des nouvelles incursions des présumés éléments de la LRA chacun muni de deux ou trois armes à feu, en provenance du Bas-Uélé. Ces éléments se dirigent vers le Parc National de la Garamba dans le territoire de Dungu.

La CDJP constate que ces nouvelles incursions dans la contrée replongent la population dans une psychose sévère des graves atrocités que ces groupes terroristes lui font subir depuis 2008 à ce jour. Pour ce, les autorités congolaise et la MONUSCO devraient faire en sorte que l’autorité de l’Etat soit rétablie dans ces zones et que tous les groupes rebelles qui sévissent dans la région soient anéantis, arrêtés et poursuivis en justice pour répondre de leurs actes. Les autorités devraient également se préoccuper de la sécurité de personnes et de leurs biens dans la région.

Plusieurs ménages ont été attaqués et systématiquement pillés, le 29 et 30 Mai 2017 dans le village de Li-Ika à 25 km de Dungu sur l’axe routier Dungu-Ngilima, dans la localité de Li-May à 25 km de Dungu sur l’axe routier Dungu-Duru au Nord et à Nakubu village situé à 30 km est de Li-May. Casseroles, provisions alimentaires, habits ont été pillé. Ces éléments se sont dirigés vers le nord-est de Dungu.

Un Prêtre Combonien qui rentrait de Ango à Bondo est tombé dans une embuscade tendue par des hommes armés non autrement identifiés à Li-nyavua, 72 km ouest de Ango dans le Bas-Uélé, le 01 juin 2017. Un  ordinateur portable, deux  téléphones marque Androïd, 1000 $ et 3.950.000 FC ainsi que sa valise lui ont été pillé et il a été pris en otage pendant quatre heures.

Le 06 juin 2017, les présumés éléments de la LRA ont attaqué Gangala na Bodio, 75 km est de Dungu dans la province du Haut Uélé. Plus de 200 personnes ont été kidnappées, des jeunes pour la plus part. Prêt de la moitié de ces otages a été libéré un peu plus tard dans la nuit. Le 7 juillet 2017 dans la même localité plus ou moins 30 personnes ont été enlevées encore.

Comme conséquence de cette situation, le processus électoral risque d’être bloqué sur toute l’étendu nord et nord-ouest de ces deux provinces. Ces populations en déplacement massif vers les localités voisines non encore attaquées, déplorent le manque d’un dispositif sécuritaire adéquat.

Les ONG de la société civile locale concernées par la défense des droits humains s’inquiètent de la situation humanitaire de ces populations, car ayant abandonné derrière elles leurs biens et produits de champs.

SYC