Environ 270 personnes tuées à Beni

Cercle International pour la Défense des Droits de l’Homme, la Paix et l’Environnement/asbl (CIDDHOPE)

COMMUNIQUE DE PRESSE N/Réf. : 018/CIDDHOPE/POCBG/14

le 24 décembre 2014

Dès le mois d’octobre 2014 à décembre 2014, différents villages de Beni se sont vu sans défense devant les attaques des présumés rebelles malgré la présence de l’armée et de l’ONU. Beaucoup de civiles ont été tués et d’autres blessés. Durant toutes ces attaques aucun des rebelles n’a été attrapé ni tué malgré la proximité des forces de sécurité du lieu de massacre.

Depuis le début du mois octobre 2014 à ce jour, le CIDDHOPE a mené et continueà mener des actions de monitoring des cas d’attaques contre les civils en ville de Beni et dans le territoire du même nom par les présumés rebelles ougandais ADF.  Le CIDDHOPE est consterné de constater que dans moins de trois mois, au moins 270 civils ont été massacrés par ces présumés rebelles utilisant des machettes, haches, gourdins et armes à feu.

Le CIDDHOPE déplorel’impuissance de l’armée congolaise et de la Monusco devant ces attaques systématiques contre les populations civiles.Dans certains cas les attaques contre les civils se sont déroulés non loin des bases de l’armée Congolaise et celles des soldats de maintien de la Nations Unies qui n’ont pas protégé les vies civiles en péril.

Le CIDDHOPE est sidéré d’entendre le Président de la République déclarer au cours de son discours à la Nation que la Monusco devrait réduire ses effectifs arguant que la paix était restaurée. D’une part, les ADF ne sont qu’un parmi des centaines de groupes armés très actifssemant la désolation au Nord-Katanga, au Sud et Nord-Kivu ainsi que dans le district de l’Ituri. D’autre part, force est de faire remarquer que les ADF ont étendu leurs crimes aux populations civiles en district de l’Ituri. La dernière attaque a eu lieu dans la nuit du 18 au 19 décembre dans  la collectivité de Welesse Vonkutu, en territoire d’Irumu où six civils ont été tués à l’arme blanche.

En plus de l’affliction que vivent les parents des personnes mortes ; la douleur indicible des blessés graves, les habitants de plusieurs zones se sont soit déplacés sans assistance adéquate soit ont choisi de passer leurs nuits dans la brousse se protégeant contre les massacres nocturnes des présumés ADF mais exposés aux intempéries et morsures des serpents et autres bestioles nuisibles.

Les populations civiles exaspérées dans la ville de Beni et dans les agglomérations du territoire de Beni ont organisé des manifestations contre la Monusco et les FARDC. Au moins 4 manifestants auraient été tués soit par les casques bleus des Nations Unies soit par les FARDC.

Le CIDDHOPE est surpris de constater que les troupes de l’armée congolaise ainsi que des services de renseignements civils et militaires qui ont fait un flagrant forfait devant les présumés ADF soient maintenus en territoire et ville de Beni.

Certains officiers  de l’armée auraient soit éteint les téléphones avec des numéros d’urgence soit ordonner aux troupes sous leurs supervision de ne pas intervenir en faveur des populations attaquées par les présumés ADF.

Dans cette veine, le CIDDHOPE peine à saisir la réelle portée du conseil du porte–parole, Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement de la RDC,qui a demandé aux populations vivant dans les agglomérations en proie aux attaques par les assaillants de quitterces lieuxpour aller s’abriter dans des agglomérations sous contrôle des FARDC.

Le CIDDHOPE redoute des représailles contre les populations civiles. Au titre d’exemple, le commandant des opérations des FARDC de la ville de Beni s’est blotti sur ce message du Gouvernement en annonçant aux médias locaux que les civils qui ne quitteraient pas les villages visés seront considérés comme des ennemis.

Pour que la paix soit consolidée dans la partie dont  la situation décrite et décriée ci-dessus, le CIDDHOPE demanderait :

Al’Auditeur Militaire près la Cour Opérationnelle du Nord-Kivu

  • D’ouvrir les enquêtes judiciaires sur les massacres et autres exactionssystématiques commis contre les civils en ville et territoire de Beni ;
  • D’entamer des poursuites judiciaires contre tous les Officiers militaires des FARDC qui sont co-auteurs ou complices des massacres précités ; le cas échéant, de procéder à leurs arrestations ;

Au Chef d’Etat-major Général des Forces Armées Congolaises et au Directeur Général de l’Agence Nationale des Renseignements

  • De relever sans délais le Général Akili Muhindo Mundose,commandant des opérations contre les présumés ADF, de son poste ainsi que ses troupes ;
  • Permuter sans délai les commandants des services de renseignements tant militaires et civils ;
  • De relever tous les officiers militaires ainsi que les hommes des troupesdu 1iersecteur militaire dont la défaillance est manifeste en matièrede protection de la population civile. Ils ont leur place dans des centres de recyclage militaire situés à l’ouest de la RDC ;
  • De remplacer ces militaires par les militaires des unités de réaction rapide (commandos).

A la Mission des Nations Unies en RDC

  • D’ouvrir une enquête sur les allégations de meurtre des manifestants par des casques bleus en territoire de Beni.

Pour le CIDDHOPE,

Me Justin MAPENZI NZUGHUNDO                                                                          Me DellycoMbambu NYAMWAMI

 

 

Chargé de Programme                                                                                                         Secrétaire Exécutif

L’état Congolais : Protégez la population civile dans les zones de FDLR

La mise en œuvre et en application de l’Accord – Cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la Région signé par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de onze pays membres de la CIRGL – Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ; en date du 24 Février 2013 ainsi que de la Résolution 2098 (2013) du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 28 Mars 2013 exige et prévoit certaines mesures et des mécanismes d’accompagnement, surtout en ce qui concerne la protection des populations et de leurs biens.

Fort est de constater avec regret que de suite des informations recueillies et reçues de nos animateurs sur terrains et auprès d’autres organisations de la Société Civile ; ces dispositions et mesures accompagnement  ne sont pas prises en compte par les parties prenantes ; dans certaines Zones de Réduction des éléments des FDLR – Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda volontaires au processus de démobilisation, de désarmement et de rapatriement.

Cette situation s’observe particulièrement dans la Zone de Réduction de Kateku et environs, Groupement d’Ikobo, Secteur des Wanianga en Territoire de Walikale ; où aucune mesure d’accompagnent telle que prévue n’est prise en compte notamment en ce qui concerne la protection et la sécurité des populations civiles et de leurs biens.

Dans cette partie du Territoire National de la RDCongo ; il n’y a ni des éléments des FARDC – Forces Armées de la République Démocratique du Congo ni de la MONUSCO – Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo.

Seuls les éléments FDLR y font la loi avec une base principale à BULEUSA / IKOBO sous le Commandement d’un Certain Colonel FDLR du nom de KIZITO et des bases secondaires à Rusamambu, à Bukumbirwa, à Mashuta, à Kalehe ainsi que dans d’autres villages périphériques.

Ainsi ; dans tous ces villages et agglomérations, toutes les activités socio-économiques ne sont réalisées à priorité que par les seuls éléments FRDLR et dépendants ; qui du reste sont plus nombreux que les populations autochtones.

La petite minorité de la population autochtone qui tenter de se livrer à telles d’activités est astreinte à de multitude des taxes, des tracasseries, d’extorsions et des rançonnements de tout genre de la part des éléments dudit Colonel.

Dans cette partie du Territoire de Walikale en Province du Nord-Kivu ; l’Autorité de l’Etat et l’Administration Publique y sont quasi inexistant, car assurées au premier plan par ledit Colonel FDLR KIZITO ; et toute autorité soit coutumière, traditionnelle ou politico-administrative qui veut tenter d’organiser une quelconque activité politico-administrative dans ces entités doit d’abord passer par le Colonel KIZITO pour une autorisation préalable.

Suite à cette situation ; il y a donc risque que certains de ces éléments FDLR ne puissent pas avoir la volonté de renter dans leur patrie d’origine et natale, le Rwanda, car ils se sont déjà considérés comme des ressortissants et originaires.

D’après nos sources ; la situation des femmes, des filles et des enfants y reste précaire et très préoccupante; car ces dernières restent toujours victimes de plusieurs actes de violences sexuelles et autres basées sur le genre entre autres des viols, des mariages forcés, occasionnant ainsi des enfants et naissances forcés et indésirables avec toutes les conséquences néfastes et fâcheuses y relatives.

Parmi ces conséquences, il faut souligner que les femmes violées, les femmes et filles victimes des mariages forcés avec leurs enfants nés et issus de ces éléments FDLR ; restent et demeurent déconsidérés et marginalisés dans la communauté et la société, car qualifiés à tort et à travers comme des Rwandais et FDLR.

Les populations locales et les chefs coutumiers et traditionnels quant à eux dénoncent et s’indignent aussi pour leur non prise en compte par les autorités gouvernementales et leur implication dans l’identification des éléments FDLR, car ces derniers estiment qu’ils sont censés avoir plus des informations que le gouvernement et les services de sécurité, sur les mouvements de ces éléments FDLR qui errent dans le Territoire de Walikale.

Au même moment ; la population locale et les chefs coutumiers et traditionnels dénoncent aussi le fait que les éléments FDLR identifiés pour aller dans la Zone de Réduction sont moins nombreux que ceux existants et vivants dans les différents villages de ce groupement du territoire de Walikale.

Pendant ce temps ; des cachots souterrains y sont aussi entretenus où des paisibles citoyens y sont arrêtés, détenus et subissent des actes des actes de torture, d’intimidation, victimes d’extorsions et de rançonnements, et où à leur sortie payent des frais et des amendes de tout genre au compte dudit Colonel KIZITO.

Aussi ; pour chaque manifestation ou fête ; la population est aussi contrainte à collecter de la nourriture, de l’argent,… frais pour satisfaire les besoins desdits éléments et combattants FDLR qui gèrent les milieux.

Tout en dénonçant encore une fois et avec le toute dernière énergie, et en compatissant cette paisible population, victimes de toutes ces actes d’atrocités ; et au regard de ce qui précède ; le Centre pour la Paix et les Droits de l’Homme – Peace and Human Rights Center, CPDH – PHRC en sigle, formule entre autres les recommandations ci-après :

Au Gouvernement Congolais (National et Provincial)

  1. D’impliquer la population et les autorités locales et traditionnelles dans l’identification des éléments FDLR et leurs dépendants avant leur regroupement dans les Zones dites de Réduction avant leur départ dans les Sites de Cantonnement ;
  2. D’intensifier en collaboration avec les OSC – Organisations de la Société Civile des activités de sensibilisation d’une part auprèsde la population et communautés locales en vue de leur désolidarisation avec non seulement les éléments FDLR mais aussi avec les différents Groupes Armés Locaux et Nationaux qualifiés à tort et à travers des Groupes Armés Ethiques si pas Communautaires ; et d’autre part auprès des éléments FDLR afin d’avoir le courage et la volonté de rentrer et de regagner leur patrie et pays d’origine et natal le Rwanda, pour contribuer à son développement et reconstruction aulieu de sacrifier la population congolaise et innocente dans les conflits Rwandais Hutu è Tutsi.

Aux Pays Membres de la CIRGL – Conférence Internationale sur la Région des Grands – Lacs

De respecter scrupuleusement leurs engagements vis – à vis de l’Accord – Cadre d’Addis Abeba notamment à ce concerne le point trois stipulant« Respecter la souveraineté et l’intégrité des Etats voisins » et le point cinq stipulant « Respecter les préoccupations et intérêts des Etats voisins, en particulier au sujet des sujets de sécurité ».

A la MONUSCO – Mission d’Observation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo

Conformément aux dispositions de l’Accord – Cadre et de la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies ; et tout en saluant ses efforts ; de continuer à renforcer ces derniers et à accompagner et à appuyer le Gouvernement Congolais ; afin du démantèlement définitif de tous les Groupes Armés tant locaux, nationaux et étrangers, toujours actifs sur le territoire national congolais et qui continuent à sèment la désolation, le terreur et autres actes de vandalisme auprès de la population.

Le rétablissement total et la consolidation de la paix, de la sécurité, de la stabilité, du développement et de la reconstruction des pays de la Région des Grands – Lacs en dépendent énormément.

A la Communauté Internationale

  • Comme ce fut en 1994 ; avec l’opération dite « TIRQOUISE »qui avait déversé des milliers des réfugiés rwandais, civils, militaires, policiers, miliciens du Régime du feu Juvénal HABWARIMANA avec tout un arsenal militaire dont des armes et des munitions, des tenues, des équipements militaires et autres matériels connexes :

D’organiser une opération semblable afin de ramener tous les réfugiés rwandais civils, politiciens et militaires confondus, dans leur pays s’origine, le Rwanda ; afin de contribuer au développement, à la reconstruction et à la démocratisation de leur pays.

  • D’exerce une forte pression au Régime Actuel de Paul KAGAME et au Gouvernement Rwandais afin d’organiser un Dialogue Inter-Rwandais, à l’instar de ceux imposés aux autres pays Africains en sortie des conflits, à l’instar de la République Démocratique du Congo de 2001 à 2003 qui avait abouti à un Gouvernement jamais vu au monde, dont un le « Système UN PLUS QUATRE », un Président et Quatre Vice – Présidents. Ce dialogue est l’une des solutions pour contribuer au rétablissement effectif et à la consolidation de la paix et de la démocratie en République du Rwanda où ce processus y est encore si pas erroné alors hypothétique.

Le rétablissement totale et la consolidation de la paix, de la sécurité, de la stabilité, de la coopération, de la reconstruction et du développement durable dans les pays de la Sous – Région Africaine des Grands Lacs en dépendent énormément.

Aux Partenaires Internationaux de la Société Civile

De continuer à appuyer et à soutenir les OSC – Organisations de la Société Civile en vue de leur permettre :

  • De multiplier et de mener des fortes campagnes de sensibilisation auprès de la population et des communautés locales pour de la socialisation de ces femmes et filles – mères victimes de ces actes de violences sexuelles mais aussi de ces enfants issus des viols et mariages forcés de la part des éléments FDLR ; cela afin de leur acceptation dans la communauté et la société ;
  • D’initier et d’entreprendre des activités socio – économiques et génératrices des recettes et des revenus en faveur de ces femmes et filles – mères victimes de ces actes de violences sexuelles mais aussi de ces enfants issus des viols et mariages forcés de la part des éléments FDLR. 

Fait à Goma le 10 Décembre 2014

Pour le CPDH – PHRC

Nestor BAUMA

Coordonnateur

CONTACTS

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E-mail : nestorcpdh@gmail.comnestorcpdh_phrc@yahoo.fr, SiteWeb :www.reseau-rafal.org

Centre pour la Paix et les Droits de l’Homme/ Peace and Human Rights Center:CPDH – PHRC