Abbé Nshole : “Dolly Makambo doit restituer les banderoles arrachées et s’amender pour son comportement indigne”

Kinshasa, le 04 juin 2018 – La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a demandé au bourgmestre de la Commune de la Gombe, Dolly Makambo de restituer les banderoles a fait arracher par le policier sur la façade du bâtiment principal du Centre interdiocésain et de demander pardon au peuple congolais pour son comportement indigne. Dans un communiqué officiel, l’Abbé Donatien Nshole a condamné la violation du domicile. ci-dessous, la substance du communiqué :

1. Le Samedi 2 juin 2018, à 15h22, Monsieur DOLLI MUTOMBO NAWEZI, Bourgmestre de la commune de la Gombe, est entré dans l’enceinte du Centre Interdiocésain où il a fait arracher par le policier qui l’accompagnait les banderoles qui étaient déployées sur la façade du bâtiment principal du Centre. Ces banderoles invitaient au respect des dispositions de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre. Plus grave encore, Monsieur le Bourgmestre a
menacé les gardiens de la CENCO qui, dans le cadre de leur fonction, leur interdisaient de poser cet acte ignoble.

2. Les deux banderoles sur lesquelles était écrit : « Pas de 3ème mandat pour le Président de la République » et « Non à la révision de la Constitution », ont été posées à l’initiative du Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo (CALCC) dans le cadre de la campagne de sensibilisation à l’appropriation de l’Accord de la Saint Sylvestre par le Peuple congolais.

3. La CENCO condamne avec la dernière énergie cette violation et cette atteinte aux droits garantis des particuliers par une autorité politico-administrative qui clamait haut et fort son statut de juriste pendant qu’il posait cet acte incivique. Le comble de tout c’est que le Centre Interdiocésain se trouve dans la Concession de la Nonciature Apostolique qui est une Ambassade. Il s’agit donc d’une violation des immunités diplomatiques. C’est un scandale et c’est inacceptable. C’est pourquoi ce geste, présentement dénoncé, mérite toute l’attention des autorités de la ville et du pays. Sinon nous conclurons au banditisme d’Etat et nous nous réservons le droit d’aller en justice.

4. La CENCO est surtout troublée par le fait que l’affichage, sur le lieu du dialogue, des fondamentaux de l’Accord de la Saint Sylvestre soit perçu par le premier citoyen de la Gombe comme un danger à l’ordre public. Pourtant cet Accord constitue, de par son inclusivité, l’unique feuille de route susceptible de sortir pacifiquement le pays de la grave crise sociopolitique qu’il traverse.

5. A cet effet, la CENCO exige au bourgmestre Dolly MAKAMBO de restituer les banderoles et de demander pardon au Peuple congolais pour son comportement indigne. Par ailleurs, elle invite la population de demeurer vigilante et toujours prête à barrer la route à quiconque se hasardera à déconsidérer l’Accord de la Saint Sylvestre, dont la mise en œuvre intégrale garantit la tenue des élections inclusives et crédibles le 23 décembre 2018, en vue de mettre fin
à la crise que traverse notre pays.

6. Puisse le Seigneur bénir la RDC pour un avenir meilleur.

Abbé Donatien NSHOLE
Secrétaire Général de la CENCO

RDC : 8 ans après l’assassinat de Chebeya, le principal suspect n’a jamais été incriminé

Kinshasa, le 1er juin 2018 -Des activités des droits de l’homme de la RDC constatent que le 8ème anniversaire de l’assassinat crapuleux de Floribert Chebeya intervient dans un contexte où le procès des présumés auteurs s’est terminé avec un goût d’inachevé. Le principal suspect n’a jamais été incriminé ni fait l’objet de poursuite judiciaire, à part la suspension de ses fonctions qui avait été annoncée 5 jours après le crime.

Il est prévu un recueillement au cimetière de Benseke Futi/Nouvelle Cité en présence notamment des membres de Voix des Sans Voix des familles des victimes. Une messe sera également organisée à cet effet. Et ce, après une conférence dont la modération sera assurée par Jean-Bosco PUNA à la Paroisse Notre Dame de Fatima (15h00-16h00) suivant le thème : Floribert Chebeya Bahizire, un DDH engagé et un modèle à suivre à tout prix par tous les DDH RD-congolais pour plus d’efficacité dans leur travail de promotion et défense des droits humains.

C’est fut le 1er Juin 2010 que le corps sans vie de Floribert CHEBEYA a été découvert à Mitendi, un quartier périphérique de la ville de Kinshasa, alors qu’il était invité la veille à l’Inspectorat Général de la Police Nationale Congolaise (IG/PNC) en vue de rencontrer le Général John NUMBI, responsable de cette institution de l’Etat, qui l’attendait vers 17 heures pour un entretien.

A peine arrivé au lieu du rendez-vous, il fit signe par un texto à sa femme et à la MONUSCO, puis aucun signe de vie jusqu’à la publication le lendemain, par un officier de la Police Nationale Congolaise, d’un communiqué officiel tronqué, annonçant cet acte criminel. Si le corps sans vie de Floribert a été retrouvé, par contre celui de son compagnon, Fidèle BAZANA, n’a jamais été retrouvé jusqu’à ce jour.

Huit ans après, les ONGDH de la RDC déplorent que le principal suspect, le général John Numbi, n’a pas été condamné par la justice congolaise et il est totalement libre de tous ses mouvements.

Le seul espoir repose sur la justice internationale pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Chebeya et Bazana avec le procès ouvert contre le Major Paul Mwilambo au Sénégal.

SYC

RDC : les indices de la justice de deux poids et deux mesures

Kinshasa, le 31 mai 2018 – Les Organisations non gouvernementales de promotion et de défense des droits de l’Homme sont préoccupées par la manière dont la justice est administrée en RDC et ce, en violation grave des principes d’équité et d’impartialité qui doivent fonder une décision de justice. Dans une déclaration conjointe, le Collectif de ces structures a recommandé au ministre de la Justice de veiller à ce que la justice soit rendue dans le strict respect des règles d’équité et d’impartialité. Les Magistrats, eux, sont appelés à dire le droit en observant scrupuleusement les principes et obligations à leurs devoirs.

En effet, ces organisations relèvent avec la plus grande amertume un degré élevé de complaisance, de légèreté et de laxisme dans l’administration de la justice ainsi qu’illustre le contenu de plusieurs décisions rendues par les cours et tribunaux et parquets. Plus de la moitié de décisions rendues par les magistrats ne résistent pas à une analyse juridique, à la foi sérieuse et profonde, de la part des justiciables et non justiciables et de leurs conseils.

Pourtant, la justice a toujours été considérée comme un véritable sanctuaire hermétiquement fermé à l’arbitraire et aux partis pris. La justice qui est rendue par des cours et tribunaux ainsi que les parquets n’a qu’un très faible pourcentage de confiance auprès des populations éprises de paix, de justice et de liberté.

Déjà l’accès à la pose d’énormes problèmes sur le pouvoir d’achat du citoyen, obtenir jugement ou arrêt dans le délai légal, le faire exécuter ou obtenir réparation devient un mystérieux océan à traverser. Même ceux des justiciables qui, par complaisance ou manœuvres frauduleuses, obtiennent gain de cause dans une affaire judiciaire, éprouvant la frayeur lorsqu’ils se trouvent devant la justice par manque de confiance car, pour lui, tout peut arriver.

Cas de RMP 9854/PG/KAD.PG/Gombe

En attendant de rendre public à une prochaine occasion de conférence de presse le tableau synoptique de l’état de justice en RDC, le monitoring et l’observation des différents procès dans les parquets et cours et tribunaux nous révèle un cas que nous avons extrait au hasard de notre liste et qui se trouve inscrit sous RMP 9854/PG/KAD et qui oppose les magistrats N’SILU DIAKELEKA Garry et NTOTO MBIKILA Ange à leur collègue Gilbert MWAMBA MWAMBA devant le parquet général de Kinshasa/Gombe.

En effet, le magistrat MWAMBA MWAMBA Gilbert organise au sein du parquet, avec la complicité de certains membres de sa hiérarchie, l’opération dite « NGULU ». il utilise l’identité des vrais magistrats (nom, matricule, grade) pour faire voyager vers l’Europe et l’Amérique des personnes privées à qui il attribue la qualité de magistrat. Il leur fait bénéficier des ordres des missions du conseil supérieur de la magistrature dont certains sont réputés faux et obtient pour eux des visas en lieu et place de vrais magistrats, et se fait payer par le budget.

Le traitement de ce dossier frise la complaisance, la légèreté et la corruption. Sous cette espèce, le magistrat instructeur a retenu l’infraction de faux et usage de faux prévu et punie par l’article 124 du Code Pénal Livre II punissable de 5 ans alors que c’est l’article 125 du même code devrait être retenu étant donné que ça été commis par un fonctionnaire qui du reste punit ces faits de 10 ans maximum et tout ça dans le but d’adoucir sa peine, en outre l’usurpation des fonctions publiques, immigration clandestine et détournement des deniers publics devront aussi être retenus à sa charge.

“Notre étonnement est de constater que le Magistrat Gilbert MWAMBA MWAMBA qui était en état de détention a bénéficié de la liberté provisoire alors que beaucoup d’autres magistrats ayant commis non seulement des faits moins graves mais aussi dont pour certains les doutes persistent encore n’ont jamais été bénéficiaires de cette liberté bien que demandée. Et aussitôt sorti de la prison, le même magistrat s’est illustré encore dans un autre cas grave d’incitation des militaires et de détention d’armes et de munitions de guerre, dossier pendant devant l’auditorat de garnison de Ndjili. Malgré tout, ce cas n’a toujours pas convaincu le parquet général de la Gombe pour révoquer la liberté provisoire accordée à ce magistrat, qui est devenu un danger public”, indique le Collectif des ONGDH de la RDC.

En dépit de ce désastre, un faux dossier a été ouvert sous le RMP 9980/PG/KAD ou un certain KAYEMBE reconnait à l’aveuglette les faits reprochés au prévenu MWAMBA avec des déclarations teintées de contradictions au cours de son audition pour distraire les acteurs de la justice afin de dédouaner ce dernier.

Selon notre enquête, les victimes, c’est-à-dire les vrais magistrats dont les identités ont été utilisées contre leur gré dans cette opération de « NGULU », sont considérés par les ambassades comme des faussaires. Leurs comptes bancaires bloqués, interdiction d’accès à l’espace SHENGEN et d’autres conséquences. Abandonnés à leur triste sort sous l’indifférence de leurs hiérarchies communes.

Et pour couronner le tout, quoi qu’il ait une requête expresse depuis plus de deux semaines au parquet général de la République tendant à demander ledit dossier en communication afin de pallier aux insuffisances d’instruction, demeure jusqu’à ce jour lettre morte.

De ce qui précède, les ONGDH recommandent ce qui suit :

  1. Que le Ministre de la Justice veille à ce que la justice soit rendue dans le strict respect des règles d’équité et d’impartialité ;
  2. Que les Magistrats appelés à dire le droit observent scrupuleusement les principes et obligations à leurs devoirs ;
  3. Que le Conseil Supérieur de la magistrature prononce impérativement des sanctions à l’encontre des magistrats complaisants, légers et laxistes ;
  4. Que l’affaire soit fixée devant une juridiction autre que celle de la Gombe pour raison d’impartialité ;
  5. Que les pays européens et américains lèvent la mesure d’interdiction d’entrée dans leurs territoires respectifs, mesure qui frappe les victimes.

Les ONGDH signataires

  • Groupe Exporteur INTL (GE), Prof. Samuel MIMBU KANGU
  • Human Rescue (HR), Maitre William BUMBU
  • Promotion de la PDUDH, Maitre William BAYE
  • Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP), Emmanuel Cole
  • Ange du Ciel (AC), Mme Phonème MUKENDI
  • Dieu Défenseur Universel (DDU), Désiré MAKWAMBO MAKAMBO