RDC : La VSV plaide pour des mesures idoines contre les affrontements interethniques en vue dans le Kasai et Lomami

(Kinshasa, le 13 avril 2017) – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement préoccupée par l’imminence des affrontements interethniques dans les provinces du Kasaï et de la Lomami entre  les Pende et les Tshokwe contre les Luba et les lulua  d’une part, entre les Kanyoka  contre les Kete d’autre part, et ce, en marge du phénomène Kamuina Nsapu.

En effet, selon les informations alarmantes parvenues à la VSV, ces conflits seraient entretenus dans la province du Kasaï par certaines autorités de la contrée dont le Maire de la ville de Tshikapa, monsieur Laurent KAMBULU MPUTU (de l’ethnie Tshokwe) et l’ex Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, monsieur Maker MWANGU (de l’ethnie Pende) qui auraient distribué des armes à feu avec munitions et des armes blanches dont des machettes aux Tshokwe en vue de faire la chasse aux kasaïens Luba et Lulua.

La même source indique que les conflits entre les ethnies précitées ont déjà occasionné depuis le début du mois d’avril des dizaines des morts dans le territoire de Kamonia du côté des ethnies luba et lulua et plusieurs maisons leur appartenant ont été incendiées. De nombreuses familles qui ont tenté de se mettre à l’abri lors de la vraie chasse à l’homme en se dirigeant vers Tshikapa se sont retrouvées en brousses où elles ont perdu les traces de leurs enfants en débandade entre le tronçon Tshikapa et Kamonia.

Toutes les brousses frontalières entre les rivières Mungamba et Lova sont parsemés des hommes Pende munis des armes de guerre pour faire la chasse aux luba et lulua. Les Pende auraient déclaré avoir reçu lesdites armes et munitions de la part de messieurs MBINGO NVULA, Vice-Gouverneur (de l’ethnie Pende) et Maker MWANGU avec la mission d’exterminer tous les Kasaïens Luba et Lulua. Les autorités précitées auraient tenu plusieurs réunions au cours desquelles elles s’en prenaient souvent aux luba et lulua.

La VSV craint que ces derniers qui en ont déjà marre puissent à leur tour s’attaquer aux autres ethnies qui les persécutent pour se défendre car, disent-ils, ils n’ont rien à faire avec les Kamuina Nsapu qualifiés de Luba comme eux.

« C’est ici l’occasion pour la VSV de fustiger l’instrumentalisation par certains notables et autorités de la province du Kasaï des militaires des Forces Armées de la RDCongo (FARDC) et des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC)  qui, en lieu en place de protéger sans discrimination toute la population de cette partie du Kasaï se rangeraient du côté des tshokwe qui persécutent et tuent les luba et les lulua », indique le communqiué.

Sur un autre registre, il sied de souligner les menaces qui pèsent, dans la province de la Lomami, sur les Kete accusés à tort par les Kanyoka d’être de non originaires de la contrée comme les Kamuina Nsapu ayant récemment attaqué la ville de Mwene-Ditu. Les kete sont sommés par les Kanyoka de quitter la ville de Mwene-Ditu et de rentrer chez eux.

Tout en appelant à la bonne foi de toutes et de tous d’œuvrer en faveur de l’unité et de la concorde nationale, la VSV exige des autorités congolaises :

« Prendre des mesures idoines pour éviter  les affrontements entre les ethnies précitées en vue de  sécuriser indistinctement et sans discrimination la population des provinces du Kasaï et de la Lomami ; Interpeler toutes les autorités locales citées par les victimes comme auteurs et commanditaires de ces violations graves des droits de l’homme en vue de les sanctionner sévèrement et conformément à la loi ; Restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo afin de mieux sécuriser et protéger les personnes et leurs biens ».

SYC

RDC : Les catholiques appellent à une solution politique à la crise socio-sécuritaire et humanitaire dans le Grand Kasaï

La CENCO, la Nonciature Apostolique et l’Archevêque de Kananga en appellent aux Autorités congolaises, garantes de la sécurité des populations et de leurs biens, de faire tout ce qui est dans leur pouvoir pour mettre fin à ces atrocités. Dans un communiqué conjoint, ils estiment que seul un dialogue franc et sincère demeure la voie privilégiée pour sortir du cycle de la violence.

« A ce propos, il est urgent de rechercher sans relâche une solution politique à la crise socio-sécuritaire et humanitaire qui sévit dans le Grand Kasaï. En même temps, que des actions concrètes soient posées pour identifier rapidement les auteurs des crimes par une enquête indépendante et objective », indique le communiqué.

Dans ce même document, la CENCO, la Nonciature Apostolique et l’Archevêque de Kananga dénoncent et condamnent toute forme de violence contre les vies humaines et les structures publiques et privées. Ils condamnent également le recrutement des jeunes et des enfants, les jugements arbitraires et l’assassinat des civils par les insurgés.

Ils demandent instamment que « l’exécution sommaire de paisibles citoyens s’arrête, que les Forces de l’ordre fassent un usage proportionné de la force et fassent preuve de retenue dans le rétablissement de la paix ».

Par ailleurs, les signataires de ce communiqué conjoint sollicitent l’appui multiforme de la MONUSCO, de Communauté internationale, des Organisations humanitaires ainsi que des hommes et des femmes de bonne volonté, pour contribuer à la recherche d’une solution durable à cette tragédie.

SYC

Ci-joint : Le COMMUNIQUE CONJOINT-NONCIATURE-CENCO-TRAGEDIE KASAI

RDC : Mort de deux experts de l’ONU, la VSV exige une enquête et des sanctions sévères contre les auteurs

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a appris avec consternation l’assassinat de deux Experts des Nations Unies arrivés officiellement en RDCongo en vue d’enquêter entre autres sur les violations des droits Humains y perpétrés par toutes parties au conflit dans la province du Kasaï Central.

Enlevés depuis le 12 mars 2017, les deux Experts Michael Sharp de nationalité américaine et Zaida Catalan de nationalité suédoise en compagnie de quatre (4) congolais dont l’interprète BETU TSHINTELA alors qu’ils étaient en plein exercice de leurs fonctions, les corps sans vie de trois (3) précités ont été découverts parmi lesquels celui de madame Zaida décapité.

La VSV dénonce et condamne fermement cet ignoble assassinat qui rappelle la récente tuerie on ne peut plus choquant de trente-neuf (39) policiers et les massacres et autres tueries perpétrés en République Démocratique du Congo en toute impunité prouvant ainsi à suffisance la problématique de l’absence de la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national.

Pour la VSV, l’assassinat de deux Experts des Nations Unies qui pourtant devraient inspirer des réserves de la part des criminels sans foi ni loi est un signal fort en direction des défenseurs des droits humains et autres chercheurs internationaux ainsi que toute personne éprise du respect des droits de la personne humaine que personne n’est à l’abri en RDCongo.

Aussi, la VSV pense qu’une enquête internationale indépendante susceptible de faire la lumière sur les circonstances réelles dudit assassinat est la seule à même de contribuer à la lutte contre l’impunité et d’aboutir sur des sanctions sévères contre les auteurs dudit assassinat en vue de prévenir la commission des crimes similaires à l’encontre des experts venant à la rescousse de la RDCongo pour lutter effectivement contre les violations des droits humains.

La VSV dénonce la précipitation avec laquelle, le porte parole du gouvernement attribue la responsabilité dudit assassinat aux miliciens de Kamwina Nsapu alors que tout le monde en appelle à la coopération du gouvernement congolais pour une enquête internationale indépendante devant établir toute la lumière sur ce crime.

En définitive, la VSV invite toutes parties au conflit à respecter le droit à la vie qui est non seulement sacré mais également le premier des droits de l’homme.

SYC