RDC : Des mouvements citoyens annoncent à Kimbuta la campagne « Bye Bye Kabila » ce samedi à Kinshasa

URGENT ! – La coalition des mouvements citoyens Lutte pour le Changement (LUCHA), Filimbi, Compte à rebours et Ekoki vient de saisir, ce jeudi 24 novembre 2016, l’autorité urbaine pour lui tenir informer de l’organisation de leur campagne « Bye Bye Kabila » en vue de sensibiliser les Kinois sur les articles clés de la constitution de la RDC.

Conformément à l’article 26 de la Constitution sur la tenue des manifestations politiques, cette coalition s’apprête à sensibiliser les kinois, à travers une distribution des flyers sur les articles clés de la Constitution portant sur les Droits et Devoirs constitutionnellement garantis.

« Cette sensibilisation sur terrain couvrira plusieurs endroits de la ville de Kinshasa, à savoir : « Rond point Ngaba, Lemba super, Rond-Point Victoire, Marché central de Kinshasa et Rond-Point Kintambo Magasin », ont – ils informé au gouverneur de la Ville André Kimbuta.

Ils espèrent que ce dernier prenne des mesures utiles pour l’encadrement susceptible de leur garantir l’exercice de leur droit  ce samedi 26 novembre 2016 à partir de 10 heures locales.

Par ailleurs, la coalition invite l’autorité urbaine à se joindre à elle dans cette action républicaine en se rangeant du coté du peuple souverain.

SYC

Ci – jointe : La lettre d’information

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RDC : La LUCHA invite Samy Badibanga à renoncer à sa nomination s’il tient encore à l’alternance politique

Lettre ouverte de la Lucha à Monsieur Badibanga Ntita Samy, Premier Ministre nommé en RDC.

Monsieur Badibanga,

Nous venons d’apprendre votre nomination par ordonnance présidentielle en tant que nouveau Premier Ministre de la République Démocratique du Congo.

Nous aurions aimé vous en féliciter, et nous en féliciter nous-mêmes, d’autant plus que vous avez toujours dénoncé les manœuvres intentionnelles pour ne pas organiser les élections, les atteintes aux libertés publiques, les crimes incessants et impunis contre les congolais (Beni, Maluku, Tshimbulu, …), etc., du moins publiquement. Hélas, comme vous n’avez cessé vous-même de le rappeler, le second et dernier mandat constitutionnel du président de la République de qui vous tenez la nomination prend fin le 19 décembre 2016. C’est dans 32 jours
seulement !

Même avec toutes les compétences et toute la volonté du monde, vous auriez à peine le temps de composer un cabinet et d’élaborer un programme de gouvernement. Vous le savez très bien, le prétendu « accord politique » du 18 octobre 2016 n’a aucune valeur supra-constitutionnelle pour vous donner éventuellement plus de temps.

Si vous tenez toujours au bien de la RDC et des Congolais ; si vous croyez toujours aussi fortement aux vertus de la démocratie et de l’alternance politique pacifique ; si vous n’avez pas hypothéqué la nuit dernière votre dignité et votre probité au nom de nous ne savons quel appât ; alors renoncez à cette nomination !

Dites poliment au président de la République : « Merci de votre confiance, mais la trentaine de jours qu’il vous reste au pouvoir c’est bien trop insignifiant pour me permettre de former un gouvernement et de réaliser une quelconque mission en tant que Premier ministre ! »


Par ce geste simple, vous aurez beaucoup réalisé pour la RDC. La postérité – la vôtre tout comme celle du Congo en général – retiendra votre nom comme l’une des personnalités politiques qui auront défendu les valeurs républicaines et se seront rangées du côté du peuple, y compris en résistant à la tentation du pouvoir et des avantages qui vont avec !

Fait à Kinshasa, le 17 novembre 2016.

La Lutte pour le Changement (Lucha) – mouvement citoyen non-partisan et non-violent des jeunes de la République Démocratique du Congo.

RDC : HRW écrit au Conseil de Sécurité de l’ONU pour éviter une crise de grande envergure

Objet : Éviter une crise de grande envergure en République démocratique du Congo

Chères délégations du Conseil de sécurité des Nations Unies,

Votre visite cette semaine en République démocratique du Congo tombe à un moment critique. Si le Président Joseph Kabila reste au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat autorisé par la constitution le 19 décembre, sans engagement clair quant à si et quand il quittera ses fonctions, il existe un risque réel que des manifestations éclateront, que les forces de sécurité répondront par un usage excessif de la force, et le pays pourrait sombrer dans une violence et un chaos d’une ampleur considérable, avec des répercussions potentiellement explosives dans toute la région.

Voici les recommandations de Human Rights Watch concernant les mesures que le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait prendre maintenant pour éviter une crise de large envergure, pour mettre fin au harcèlement et à la répression de l’opposition politique et de la société civile et pour empêcher la jeune et fragile démocratie du pays de s’effondrer. La date butoir du 19 décembre approchant rapidement, il est crucial d’agir rapidement et de faire preuve d’un leadership fort.

Recommandations :

  • Livrer des messages publics forts dénonçant la répression politique et les autres violations graves des droits humains ; exhorter le gouvernement à libérer immédiatement tous les prisonniers politiques, à cesser toutes les poursuites à motif politique, à rouvrir les médias fermés arbitrairement et à veiller à ce que le droit au rassemblement pacifique soit respecté. Au moins 28 activistes ont été arrêtés après avoir participé à des activités pacifiques au cours des deux dernières semaines uniquement. Depuis samedi dernier, les autorités ont brouillé les signaux des deux stations radio les plus importantes de la RD Congo – Radio France Internationale (RFI) et Radio Okapi, soutenue par les Nations Unies – empêchant ainsi des millions de Congolais d’accéder à des informations indépendantes et crédibles.
  • Appeler le gouvernement à autoriser les observateurs indépendants des droits humains à accéder aux centres de détention, y compris ceux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), à autoriser les groupes internationaux et congolais de défense des droits humains à travailler sans aucune ingérence, et à veiller à ce que les auteurs de violations graves des droits humains soient tenus responsables de leurs actes de façon appropriée.
  • Conformément au mandat du Comité des sanctions du Conseil de sécurité, appliquer de toute urgence des sanctions ciblées de la part des Nations Unies à l’encontre des fonctionnaires des services de renseignements et des forces de sécurité et des représentants du gouvernement responsables de la violente répression et d’autres graves violations des droits humains. Nos recherches ont dévoilé que les personnes suivantes ont joué un rôle crucial dans la répression : le directeur de l’ANR Kalev Mutond ; le général Ilunga Kampete, commandant en chef de la Garde républicaine ; le général Gabriel Amisi, commandant de l’armée dans la région occidentale du pays (alias « Tango Four ») ; le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Évariste Boshab ; et le général Célestin Kanyama, commissaire de police de Kinshasa.
  • Exhorter le Président Kabila à se retirer à la fin de son mandat pour éviter une crise plus étendue, et appuyer les efforts visant à assurer sa sécurité ainsi que celle de sa famille après la présidence. Envisager d’appuyer la feuille de route proposée par une coalition de 173 mouvements citoyens et groupes de défense des droits humains congolais et de la société civile sur la façon de surmonter la crise politique du pays.
  • Dans le cas où le Président Kabila ne quitterait pas ses fonctions, lui recommander avec insistance, au minimum, à s’engager publiquement à se retirer à une date précise avant fin 2017. Promouvoir des mesures claires et spécifiques pour veiller au respect de ces engagements et exposer clairement les conséquences internationales s’il ne s’y tenait pas.
  • Apporter un soutien à un dialogue réellement inclusif pour atteindre un large consensus sur l’organisation de futures élections, pour définir l’autorité de transition, et pour mettre en place des mesures visant à veiller au respect du nouveau calendrier et de la liberté d’expression et de rassemblement pendant la période électorale. Inciter les bailleurs de fonds à s’engager à offrir un soutien financier et technique pour un processus électoral crédible, si un calendrier clair est en place et qu’une volonté politique de l’appliquer est démontrée.
  • Exhorter la MONUSCO à déployer un plus grand nombre de soldats de la paix dans les zones susceptibles de voir des actes de violence politique éclater, y compris à Kinshasa, la capitale. Dans le cadre du mandat de protection des « civils se trouvant sous la menace de violences physiques… dans le cadre des élections » inscrit au Chapitre 7, les soldats de la paix devraient agir par anticipation, se déployer dans les zones à proximité de manifestations politiques pour aider à dissuader toute violence potentielle et être préparés à mettre leur mandat pleinement en œuvre. Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) devrait être impliqué dans le processus de décision afin de déterminer à quel moment et à quel endroit les troupes de police et militaires devraient se déployer dans le but de protéger au mieux les civils en danger. 
  • Exhorter la MONUSCO à mettre en place des plans détaillés pour protéger les activistes, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les politiciens en danger, et à s’assurer que toutes les entités de la Mission sont prêtes et disposées à mettre ces plans à exécution.
  • Soutenir les efforts visant à protéger plus efficacement les civils dans le territoire instable de Beni dans l’est de la RD Congo, notamment grâce à une plus grande participation des communautés locales, à une amélioration de la collecte et de l’analyse des informations, et au soutien apporté aux enquêtes et aux poursuites judiciaires par le biais des Cellules d’appui aux poursuites judiciaires. La MONUSCO devrait également accroître ses patrouilles et être prête à les déployer unilatéralement si des civils sont en danger, tout en suspendant le soutien aux unités militaires ou aux commandants qui pourraient avoir été impliqués dans les massacres de Beni ou dans d’autres abus graves de droits humains.

N’hésitez pas à nous contacter pour toute question ou pour discuter plus longuement de ce sujet.

Bien cordialement,

Ida Sawyer

Chercheuse Senior – Human Rights Watch

Ci – dessous, le lien : https://www.hrw.org/fr/news/2016/11/09/hrw-lettre-au-conseil-de-securite-de-lonu-sur-la-visite-en-republique-democratique