RDC : la VSV craint que John Numbi soit chargé d’une autre mission des représailles contre les défenseurs des droits humains

Kinshasa, le 15 juillet 2018 – La Voix des Sans Voix (VSV) a exprimé son inquiétude après la nomination du général John Numbi en qualité d’inspecteur général des FARDC samedi dernier par ordonnance présidentielle. Elle dit craindre que ce dernier soit chargé d’une nouvelle mission des représailles contre les défenseurs des droits humains en RDC.

D’après Rostin Manketa, cette nomination est un motif réel d’inquiétude pour tous les défenseurs des droits humains au regard du contexte sociopolitique actuel en RDC.

« Nous craignons, à la suite de l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana, que le général John Numbi, fort de ses nouvelles fonctions en RDC, soit chargé d’une autre mission des représailles contre les défenseurs de droits humains en RDC », s’est inquiète le directeur exécutif de la VSV dans une interview accorée à 7sur7.cd.

Si le nouvel inspecteur général des FARDC fait l’objet de suspicions dans l’assassinat de feu le président et fondateur de la VSV, Floribert Chebeya, cette organisation de la société civile s’oppose catégoriquement à sa nomination. Elle estime que même au sein de l’armée, le peuple a besoin des officiers supérieurs ou généraux qui sont des modèles en matière de respect des droits humains.

« Lui, avec tout ce qu’il a comme dossier par rapport aux violations de droits humains dans notre pays, ne pouvait pas être élevé à cette fonction si importante des Forces Armées de la RDC », a conclu Rostin Manketa.

Huit ans après l’assassinat de Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana, les ONGDH de la RDC déplorent que le principal suspect, le général John Numbi, n’a pas été condamné par la justice congolaise et il est totalement libre de tous ses mouvements.

Le seul espoir repose sur la justice internationale pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Chebeya et Bazana avec le procès ouvert contre le Major Paul Mwilambo au Sénégal.

SYC

RDC : FBCP dénonce la barbarie policière contre les civils à Kinshasa

Kinshasa, le 16 juillet 2018 – La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) dénonce la continuité de la barbarie policière contre la population civile à Kinshasa. Alors que la police est censée assurer la protection des civils et de leurs biens, le garde du corps d’un major a ouvert le feu sur la population. Cette structure demande des poursuites judiciaires contre ce policier pour la meute et des blessés graves. Et son chef, pour non-assistance à la personne en danger et mauvaise consigne.

En effet, en date du 14 juillet 2018 vers 17H30, un major de la police, non autrement identifié à bord d’un voiture communément appelé KETCH de couleur grise, habitant sur l’avenue Maringa dans la commune de Kasa-Vubu dans une maison d’étage entre l’avenue Éthiopie était de passage pour aller chez lui. Arrivé au niveau du marché KOWEÏT, il y a avait des marchandises étalées sur l’avenue Maringa. Le garde du corps du major est sorti de la voiture pour dégager la route brutalement. Et, il y a eu des disputes avec les vendeurs.

Devant son chef le major, le garde du corps va arrêter un parmi eux avant de le mettre par la force dans le coffre de leur voiture. Ceux qui voulaient intervenir, le garde du corps a menacé de tirer sur eux.

A l’instant, il a commencé à tirer en l’air. Ensuite, à bout portant sur un jeune homme âgé de 27 ans dénommé FRANÇAIS qui était assis en train de boire son jus et priant dans l’Église NOUVEL ISAREL (CMEN). Il a été trouvé mort non loin de cette l’Église. Trois blessés graves dont un état de coma. Il s’agit de messieurs LOAMBO, Nzinga et autre non autrement identifié. Tous les blesses ont étaient acheminés à l’hôpital de la Colonel KOKOLO pour les soins médicaux appropriés.

Cette situation a irrité davantage les jeunes du quartier qui ont tenté de manifester leur mécontentement devant de la FUNA. Parce que cet incident été produit tout près du sous-commissariat de la Maringa sans que les policiers en poste ne se soient déplacés pour intervenir.

Selon information de la FBCP, il y a eu des arrestations parmi des mécontents que certains policiers ont considérés comme des KULUNA simplement parce qu’ils ont protesté contre la barbarie policière.

La FBCP demande des poursuites juridiques contre le garde-corps du major pour meurtre, et blessés gravés et son chef le major pour non-assistance à la personne en danger et la consigné mal donnée.

“Que le corps de Monsieur FRANÇAIS soit remis à sa famille par l’intermédiaire de son Église et que l’état procède au dédommagement de la famille ; que l’état congolais prenne en charge les frais d’hospitalisation des blessés ; que la ministre de l’Intérieur et les responsables de la Police nationale congolaise instruise les agents en uniformes pour éviter de tueries et des arrestation arbitraires ; enfin, que la police libère toute les personnes arrêtées dans la même l’affaire”, a recommandé Emmanuel Adu Cole, président de la Fondation Bill Clinton Pour la Paix FBCP.

FBCP

RDC : un journaliste craint pour sa vie après avoir réalisé un film sur les violations des droits de l’homme

Bukavu, le 16 juillet 2018 – Selon des informations parvenues à Journaliste en danger (JED), Gaël Mpoyo ainsi que toute sa famille ont été contraints à vivre dans la clandestinité depuis le 6 juillet 2018. Cela depuis la projection, dans une salle de Bukavu, du film-documentaire dans lequel ce journaliste-correspondant de la chaîne Africanews a interviewé les habitants de la  localité « Mbobero » déguerpis avec extrême violence et leurs habitations démolies sur un terrain qui appartiendrait au Président Joseph Kabila.

Ce film-documentaire expose les irrégularités et magouilles qui entourent ce dossier devenu, selon le journaliste, une véritable affaire d’Etat au vu des acteurs qui y sont impliqués.

Après la diffusion de cette vidéo, Gaël Mpoyo a reçu un appel téléphonique du Gouverneur de la province du Sud-Kivu, Jean-Claude Nyamugabo, lui demandant avec insistance de ne pas s’exposer en s’hasardant de diffuser ce film-documentaire qui, selon son entendement, énervera davantage le Président de la République.

Une personne non autrement identifiée, a envoyé, le mercredi 11 juillet 2018, un SMS le menaçant en ces termes :

« Petit, cesse de jouer avec le feu. Tu as profité de notre silence en postant ta vidéo sur YouTube. Arrête de t’en prendre à Raïs (Ndlr : Président Joseph Kabila). Nous te donnons 24 heures pour retirer cet élément de Youtube si tu as besoin de vivre. Nous savons où tu te caches et suivons de près tous tes mouvements ».

Contacté par JED, Gaël Mpoyo a déclaré que ses voisins ne cessent de repérer presque chaque jour des gens suspects rodant autours de sa résidence vers 5 heures du matin et le soir vers 21 heures.

Dans une alerte, Journaliste en danger (JED) considère ces menaces adressées à ce journaliste-réalisateur de ce film-documentaire comme extrêmement sérieuses. D’autant qu’il existe un climat d’insécurité généralisée particulièrement dans la province du Sud-Kivu où plusieurs journalistes ont été assassinés dans des circonstances non encore élucidées jusqu’à ce jour.

JED condamne ces menaces qui mettent en insécurité physique le journaliste ainsi que les membres de sa famille.

Gaël Mpoyo, journaliste-correspondant de la chaine Africanews à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (Est de la RD Congo), et réalisateur d’un film-documentaire intitulé : « Mbobero : la raison du plus fort est toujours la meilleure » craint pour sa vie.

SYC