Réunion de Dakar : Pour Human Rights Watch, « il n’y a rien de déstabilisant lorsque les Congolais exercent leur droit »

Human Rights Watch est profondément préoccupée par la réaction de certaines autorités de la RDC au sujet d’une réunion de représentants de l’opposition politique et de la société civile à Dakar, au Sénégal, du 12 au 14 décembre 2015.

« Il n’y a rien d’illégal ou de déstabilisant lorsque les Congolais exercent leur droit de se réunir pour discuter des élections ou de planifier des manifestations pacifiques, que ce soit en RD Congo ou ailleurs », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior de la division d’Afrique à Human Rights Watch.

Dans une déclaration officielle publiée mardi 15 décembre 2015, Human Rights Watch fustige les allégations faites par les autorités congolaises selon lesquelles les personnes qui discutent ou dénoncent une prorogation du mandat du Président Kabila, au-delà de deux mandats autorisés par la constitution, conspireraient à déstabiliser les institutions congolaises ou complotent des actes criminels.

Considérant les atteintes aux libertés publiques commises ces douze derniers mois, Ida Sawyer estime que « les autorités congolaises devraient prendre des mesures dans les plus brefs délais  pour mettre fin à la préoccupante répression politique et pour s’assurer que tous les Congolais – y compris les participants à la rencontre de Dakar – aient la possibilité de d’exprimer librement leurs opinions et participer à des réunions, des manifestations et d’autres activités pacifiques.» Ci – dessous, l’intégralité du communiqué :

RD Congo :

Déclaration de Human Rights Watch au sujet de la rencontre de Dakar

(Kinshasa, le 15 décembre 2015) – Human Rights Watch est profondément préoccupée par la réaction de certaines autorités de la République démocratique du Congo au sujet d’une réunion de représentants de l’opposition politique et de la société civile à Dakar, au Sénégal, du 12 au 14 décembre 2015. La réunion était co-organisée par un mouvement d’action civique de jeunes congolais, Filimbi, et par Konrad Adenauer Stiftung, une fondation allemande pour la démocratie qui a aussi en partie financée la rencontre.

Selon les organisateurs et les participants à la rencontre de Dakar, elle consistait à discuter d’une stratégie commune pour encourager des actions non violentes afin de tenir les élections présidentielles dans le délai et le transfert pacifique de pouvoir au nouveau président démocratiquement élu en 2016, conformément à la constitution et aux lois congolaises.

La rencontre de Dakar a rassemblé des leaders politiques, des représentants de la société civile, et des activistes des mouvements de jeunes congolais. Des leaders politiques de Namibie, du Togo, de la Tanzanie et d’autres pays africains ont aussi participé à cette rencontre pour échanger des points de vue sur leurs expériences et discuter des défis électoraux à travers le continent Africain.

Cette année, des leaders de l’opposition et de la société civile congolaise ont dénoncé à plusieurs reprises les tentatives visant à proroger le mandat du Président Joseph Kabila, au-delà de deux mandats autorisés par la constitution, qui prennent fin en décembre 2016.

Le 13 décembre, dans une interview avec l’Agence France Presse (AFP), Lambert Mende, le ministre congolais des Médias, a dit qu’il avait des « éléments » indiquant que l’objectif de la rencontre de Dakar était de « déstabiliser les institutions » de la RD Congo. Il a dit que l’attitude des autorités sénégalaises qui ont autorisé la rencontre était « inacceptable » et que cela « dénote d’une forte dose d’irresponsabilité ».

Réaction d’Ida Sawyer, chercheuse senior de la division d’Afrique à Human Rights Watch :

« Il n’y a rien d’illégal ou de déstabilisant lorsque les Congolais exercent leur droit de se réunir pour discuter des élections ou de planifier des manifestations pacifiques, que ce soit en RD Congo ou ailleurs.

Les allégations faites par les autorités congolaises selon lesquelles les personnes qui discutent ou dénoncent une prorogation du mandat du Président Kabila, au-delà de deux mandats autorisés par la constitution, conspireraient à déstabiliser les institutions congolaises ou complotent des actes criminels, sont sans fondement.

De telles remarques ne sont que le dernier exemple d’efforts du gouvernement congolais visant à réprimer l’opposition politique et d’autres personnes perçues comme opposants au gouvernement. Tous les citoyens congolais ont le droit de tenir des réunions, de discuter des élections, et d’organiser et de participer à des manifestations pacifiques sans être emprisonnés, maltraités, menacés ou tués par les forces de sécurités ou les officiels du gouvernement, comme cela a souvent été le cas au cours de ces douze derniers mois.

Les autorités congolaises devraient prendre des mesures dans les plus brefs délais  pour mettre fin à la préoccupante répression politique et pour s’assurer que tous les Congolais – y compris les participants à la rencontre de Dakar – aient la possibilité de d’exprimer librement leurs opinions et participer à des réunions, des manifestations et d’autres activités pacifiques.»

Contexte

La rencontre à Dakar était co-organisée par Filimbi, un mouvement d’action civique de jeunes congolais. A la fin d’un atelier dans la capitale congolaise, Kinshasa, en mars 2015 pour lancer Filimbi, environ 30 personnes étaient arrêtées, dont des activistes de mouvements des jeunes congolais et ouest africains, des journalistes, des musiciens et d’autres personnes. A l’époque, le ministre congolais des Medias, Lambert Mende, accusait Filimbi de planifier des « activités terroristes » et une « insurrection violente ».

Une mission « d’information parlementaire », établit le 27 mars pour examiner la manière dont les services de sécurité ont géré le dossier Filimbi, n’a trouvé aucune preuve démontrant que les dirigeants de Filimbi et les participants à l’atelier étaient impliqués dans la commission ou la préparation d’actes terroristes ou d’autres crimes violents. L’Assemblée nationale de la RD Congo a par la suite recommandé une « solution politique » qui permettrait la libération des activistes de Filimbi qui sont en détention et d’abandonner toutes les charges contre les représentants de Filimbi. A ce jour, deux activistes de Filimbi restent en détention : Fred Bauma et Yves Makwambala. D’autres représentants de Filimbi craignent être arrêtés s’ils retournent en RD Congo et ont cherché asile à l’étranger.

Ida Sawyer
Senior Researcher
Human Rights Watch
+243 81 33 78 478 | +243 99 86 75 565
ida.sawyer@hrw.org
Twitter: @ida_sawyer

RDC : Hausse alarmante du nombre d’enlèvements dans l’est du pays

Dans un communiqué officiel publié ce mercredi 16 décembre 2015, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur cette hausse alarmante du nombre d’enlèvements dans l’est de la RDC et recommande aux autorités congolaises de créer une unité de police spéciale chargée de lutter contre cette menace.

(Goma, le 16 décembre 2015) – Au moins 175 personnes ont été enlevées contre rançon en 2015 en République démocratique du Congo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Des membres actuels et anciens de groupes armés semblent être responsables de plusieurs cas de ces kidnappings.

La grande majorité des cas documentés par Human Rights Watch ont eu lieu dans le Rutshuru, territoire de la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays. Au moins trois otages ont été tués et un autre est décédé de ses blessures lors d’une tentative d’enlèvement. Un autre otage est toujours porté disparu. Presque tous les otages ont été relâchés après que des membres de leurs familles ou des employeurs aient payé une rançon. Vingt des victimes étaient des travailleurs humanitaires congolais et étrangers.

« La hausse alarmante du nombre de kidnappings constitue une grave menace pour la population de l’est de la RD Congo », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les autorités congolaises devraient de toute urgence créer une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, et de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs. »

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Human Rights Watch a mené des entretiens auprès de 45 anciens otages et témoins dans le Nord-Kivu entre mai et décembre. Ceux-ci ont indiqué que les ravisseurs opèrent en général en groupes d’une dizaine d’individus ou plus, et sont souvent lourdement armés de kalachnikovs et autres armes d’assaut militaires. Nombre d’entre eux portent des tenues militaires et semblent appartenir, ou avoir appartenu, à l’un des nombreux groupes armés actifs dans l’est de la RD Congo.

Les ravisseurs suivent souvent une procédure similaire ; ils frappent, fouettent ou menacent leurs otages de mort, leur demandant d’appeler leurs proches ou leurs employeurs afin de les persuader de payer pour leur libération. Les ravisseurs ont souvent utilisé les téléphones portables des victimes ou bien leurs propres téléphones afin de négocier le paiement des rançons. Dans certains cas, les ravisseurs ont enlevé un seul otage, et dans d’autres cas un groupe d’otages.

Dans un incident survenu le 2 septembre, des hommes armés ont enlevé une étudiante de 27 ans près de l’hôpital général de Goma et l’ont emmenée au fin fond de la forêt, où elle a été détenue avec d’autres otages. Les ravisseurs frappaient et maltraitaient les otages, même en les brûlant avec des baïonnettes chauffées. « Lorsque nous avons demandé de la nourriture, ils ont choisi un homme parmi nous et l’ont tué en lui tranchant la gorge », a-t-elle confié à Human Rights Watch. « ‘Si vous voulez manger, voilà la viande’, nous ont-ils dit. » Elle a été détenue pendant neuf jours, et relâchée après que sa famille ait versé une rançon.

Dans les cas documentés par Human Rights Watch, les ravisseurs ont réclamé de 200 à 30 000 $US par otage, même si les montants payés étaient souvent bien inférieurs à la somme réclamée, selon des proches et d’anciens otages.

Les paiements de rançon ont souvent entraîné de graves difficultés financières pour les familles. Un homme a été obligé de vendre sa ferme afin de pouvoir rembourser l’argent emprunté par sa famille pour payer la rançon de sa libération, laissant sa famille sans aucune source de revenu.

Les ravisseurs ont également pris pour cible des travailleurs de l’aide nationale et internationale, du personnel sous contrat travaillant pour les Nations Unies, et des chauffeurs d’une importante société de transport. Dans tous les cas, les otages ont ensuite été relâchés. Aucune information n’a été rendue publique quant à savoir si des rançons ont été versées.

Dans la plupart des cas documentés par Human Rights Watch, les membres des familles des otages n’ont pas informé la police ni d’autres autorités à propos du kidnapping, soit parce qu’ils pensaient qu’ils n’obtiendraient aucune aide, soit parce qu’ils craignaient que cela n’empire la situation et ne les expose à d’autres actes d’extorsion de la part des autorités pour toute aide fournie. Une ancienne otage a indiqué que lorsque sa mère a informé un fonctionnaire judiciaire à Goma du fait que sa fille avait été kidnappée, celui-ci s’est contenté de répondre que la mère devrait « aller payer ».

Au moins 14 personnes ont été kidnappées à proximité de zones où des militaires congolais étaient basés, amenant certaines des victimes et de leurs familles à se demander si les militaires pouvaient s’être rendus complices. Human Rights Watch n’a trouvé aucune preuve indiquant que des militaires congolais aient participé aux kidnappings, mais certains des individus impliqués semblent être ou avoir été des membres de groupes armés que des officiers de l’armée congolaise avaient armés ou soutenus par le passé.

L’un des groupes impliqués est les Forces de défense des intérêts du peuple congolais (FDIPC) qui a collaboré avec l’armée congolaise pendant les opérations militaires contre le groupe rebelle M23 en 2012 et 2013, selon les recherches de Human Rights Watch et de l’ONU. D’anciens otages et des autorités locales ont affirmé à Human Rights Watch que des combattants et anciens combattants des FDIPC étaient responsables de certains des enlèvements.

Le 14 avril, les autorités congolaises ont arrêté le chef militaire des FDIPC, Jean Emmanuel Biriko (connu sous le nom de Manoti), son épouse, ainsi qu’une dizaine de ses combattants et les ont mis en accusation pour enlèvement, entre autres crimes. Leur procès s’est ouvert dès le lendemain devant un tribunal militaire dans la ville de Rutshuru. Le 18 mai, à la suite de procédures profondément entachées d’irrégularités au cours desquelles les droits des accusés ont été violés, le tribunal a condamné à mort Manoti et dix de ses co-accusés pour appartenance à un gang criminel. Bien que la peine de mort soit encore autorisée en RD Congo, un moratoire sur les exécutions est en vigueur depuis 2003. Human Rights Watch est opposé en toutes circonstances à la peine de mort, en tant que sanction inhumaine et irrévocable.

Au cours du procès, Manoti a prétendu avoir collaboré avec plusieurs officiers de l’armée congolaise, dont un qui, selon lui, était impliqué dans les enlèvements. Human Rights Watch n’a pu identifier aucune enquête judiciaire menée sur le rôle présumé de ces officiers de l’armée ni sur d’autres, même si des responsables gouvernementaux et de l’armée sont au courant de ces allégations. Un officier haut-gradé du renseignement militaire a reconnu auprès de Human Rights Watch que Manoti « pourrait avoir travaillé avec certains des militaires » durant les incidents de kidnapping.

L’arrestation de Manoti et de ses hommes n’a pas mis fin aux enlèvements. La majorité des cas documentés par Human Rights Watch en 2015 s’est produite après leur arrestation. Si les autorités congolaises affirment qu’elles ont arrêté d’autres ravisseurs présumés, aucun d’entre eux n’a été traduit en justice.

A lire aussi : Témoignages d’anciens otages

Invoquant « l’ampleur incommensurable » des kidnappings dans l’est de la RD Congo, la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée Nationale a tenu une audition le 3 décembre avec le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Évariste Boshab au sujet de la réponse du gouvernement. Boshab a répondu que la situation est « vraiment très préoccupante » et « compte parmi les grands défis sécuritaires auxquels le gouvernement est confronté en ce moment ».

Trois membres de la commission ont indiqué qu’il avait été décidé d’établir une commission d’enquête parlementaire afin d’enquêter sur les enlèvements et sur l’éventuelle complicité de membres du gouvernement et des services de sécurité, d’évaluer ce qui a déjà été fait et de formuler des recommandations.

Human Rights Watch a préconisé vivement à la commission de soutenir la création d’une unité de police spéciale chargée de documenter les affaires de kidnapping et d’y répondre, d’identifier et d’arrêter les ravisseurs présumés, de signaler les allégations de complicité entre les ravisseurs et des officiels, et de travailler avec les membres du système judiciaire pour traduire les coupables en justice dans des procès équitables et crédibles.

« Mettre fin à la menace de kidnapping devrait constituer une haute priorité pour le gouvernement congolais », a conclu Ida Sawyer. « Les autorités devraient non seulement traduire les individus responsables en justice dans le cadre de procès équitables, mais également identifier et agir contre tout fonctionnaire impliqué. »

Pour d’autres informations et des témoignages d’anciens otages, veuillez voir ci-dessous.

Pour consulter ce document en ligne, veuillez suivre le lien :

https://www.hrw.org/fr/news/2015/12/16/rd-congo-hausse-alarmante-du-nombre-denlevements-dans-lest-du-pays

Pour consulter une carte des incidents d’enlèvements documentés par Human Rights Watch, veuillez suivre le lien :

https://www.hrw.org/fr/video-photos/map/2015/12/15/drc-kidnappingsmap-2015-fr

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la République démocratique du Congo, veuillez suivre le lien : 

https://www.hrw.org/fr/africa/democratic-republic-congo

Pour plus d’information, veuillez contacter :

À Kinshasa, Ida Sawyer (anglais, français): +243-81-33-78-478 (portable); ou +243-99-86-75-565 (portable); ou sawyeri@hrw.org. Twitter: @ida_sawyer
À Londres, Anneke Van Woudenberg (anglais, français): +44-20-7618-4786; ou +44-771-166-4960 (portable); ou woudena@hrw.org. Twitter: @woudena

RDC : La situation des droits de l’homme est toujours préoccupante selon la VSV

LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME TOUJOURS PREOCCUPANTE   EN RD CONGO

COMMUNIQUE DE PRESSE N°037/RDC/VSV/CE/2015

 A l’occasion de la célébration de la 67ème journée internationale des droits de l’homme consacrée au lancement de la campagne « Nos droits, Nos libertés. Toujours » marquant le 50ème anniversaire des Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques et aux droits économiques, sociaux et culturels adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies, la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme est vivement préoccupée par la détérioration de la situation des droits de l’homme en République Démocratique du Congo avec la violation quasi constante des dispositions pertinentes de ces deux instruments par l’Etat congolais.

Point n’est besoin de rappeler qu’à l’approche de l’élection présidentielle prévue constitutionnellement vers la fin de l’année 2016, des droits et libertés fondamentales garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques sont foulés aux pieds bien que la RDCongo fasse partie des Etats ayant ratifié ledit Pacte international. Des atteintes et violations du droit à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique, de la liberté d’expression et d’opinion ainsi que le droit aux manifestations et aux réunions publiques pacifiques….font partie du lot quotidien des congolaises et congolais ces derniers mois.

A l’Est de la RDCongo, des dizaines voire des centaines des personnes ont perdu la vie et d’autres continuent à vivre dans une insécurité grandissante du fait de la présence des groupes armés dont les ADF/NALU devenus maîtres de certaines parties du territoire de Beni. Les attaques des installations sanitaires dont récemment celle de Erengeti, province du Nord-Kivu où des personnes malades sans défense ont été lâchement tuées sur le lit de l’hôpital et une infirmière tuée à bout portant en disent long et prouvent une fois de plus le besoin ardent de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national congolais.

A Kinshasa et dans de nombreuses provinces de la RDCongo, des personnes ont fait et continuent à faire l’objet d’arrestations arbitraires, de détentions illégales, des procès expéditifs et non équitables des opposants politiques accusés des infractions montées de toutes pièces pour le besoin de la cause ou dans l’unique but de les réduire tout simplement au silence, des interdictions , répressions parfois dans le sang et des perturbations des manifestations publiques de l’opposition politique… en violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques pourtant dûment ratifié en 1976 par la RDCongo ne sont plus à compter ou à dénombrer.

Sur un autre volet, bien que la VSV reconnaisse à l’actif du gouvernement congolais les efforts fournis dans certains secteurs comme ceux de la santé, de l’éducation et des infrastructures…, le non respect du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels est bel et bien une réalité avec laquelle s’accommodent les dirigeants de la RDCongo appelés seuls à une vie décente avec des salaires faramineux qui n’ont jamais été rendus publics et des fonds importants leur alloués sous divers prétextes tels le fonctionnement des institutions que personne ne peut ni n’a le droit de contrôler au grand dam de la population congolaise, souverain primaire.

Les agents et fonctionnaires de l’Etat, les enseignants à tous les niveaux, les policiers, les militaires et les agents des services de sécurité, les magistrats, médecins, les infirmiers et autres paramédicaux ont des salaires de misère et vivent dans la précarité quotidienne alors que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels demande aux Etats partie de payer un salaire décent à toute personne qui travaille.

Au regard de ce tableau combien sombre en matière de respect des droits civils et politiques ainsi que les droits économiques, sociaux et culturels, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme demande aux autorités de la RDCongo d’être à l’écoute de ceux et celles qui les invitent au respect des droits humains et à respecter scrupuleusement et sans faille les dispositions de deux Pactes précités en apportant des solutions idoines ou appropriées à toutes les préoccupations soulevées par des organisations nationales et internationales des droits humains ainsi que les agences du système onusien en matières de non respect des droits humains , en lieu et place des tergiversations pour plaire au Président de la République en vue de conserver des avantages et autres postes juteux.

Fait à Kinshasa, le 10 décembre 2015.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

A Télécharger : COMMUNIQUE DE PRESSE N°037/RDC/VSV/CE/2015