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A la tête de la SADC, l’Afrique du Sud doit réaffirmer son engagement envers les droits humains

Publié le : 19 August,17 à 11 h 09 min

Kinshasa, le 19 Août 2017 – L’Afrique du Sud doit prendre la tête des initiatives visant à contrer les menaces qui planent sur les droits fondamentaux dans la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a déclaré Amnesty International à la veille de l’ouverture du 37e sommet des chefs d’État à Pretoria.

Le pays succède au Swaziland à la tête du bloc régional, alors que plusieurs États membres – notamment l’Angola, la République Démocratique du Congo (RDC), la Zambie et le Zimbabwe – connaissent une forte instabilité politique en lien avec des élections qui ont mis à rude épreuve la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association.

« L’Afrique du Sud doit mettre à profit son mandat à la présidence de la SADC pour enrayer la spirale infernale en matière de droits humains dans la région. […] Les dirigeants d’Afrique australe ne sauraient ignorer la détresse des citoyens pris pour cibles au motif qu’ils exercent leurs droits fondamentaux », a déclaré Deprose Muchena, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

Pour cette organisation, cela nécessitera également la coopération d’autres chefs d’État, qui devraient se mobiliser pour protéger les droits essentiels de la personne humaine et les libertés fondamentales dans leurs pays, dans un contexte politique très tendu.

« Sous la présidence de Nelson Mandela, la ” nouvelle ” Afrique du Sud a fait naître l’espoir dans la région – et  dans le monde – de réparations pour les violations des droits humains commises par le passé, et de justice, d’égalité et de respect des droits de tous. Alors que le pays s’apprête à présider la région pendant l’année à venir, il est temps de renouer avec cet espoir et de donner corps aux valeurs qui l’ont inspiré », a insisté Deprose Muchena.

Situation dans 7 pays de la sous-région

En République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement n’a pas respecté le délai de 2016 pour organiser l’élection présidentielle programmée. Depuis janvier 2015, les manifestations contre les retards dans l’organisation de l’élection se heurtent fréquemment à la répression violente des forces de sécurité – arrestations arbitraires, détentions et homicides illégaux notamment.

En Angola, des journalistes et des défenseurs des droits humains ont fait maintes fois l’objet d’actes d’intimidation pour avoir dénoncé la corruption et les violations des droits en amont de l’élection prévue le 23 août. Ceux qui descendent dans la rue pour réclamer le respect de leurs droits sont arrêtés et la police use d’une force excessive à leur encontre. En février, la police aurait lancé des chiens contre un groupe de manifestants pacifiques lors d’un conflit lié aux élections.

Depuis 2014, le Lesotho est en proie à une crise politique et sécuritaire, qui a entraîné une multiplication des violations des droits humains. Amnesty International a recueilli des informations faisant état d’une pratique bien établie qui consiste à arrêter et à détenir arbitrairement des membres de partis d’opposition, des journalistes, des défenseurs des droits humains et des éléments des Forces de défense du Lesotho (LDF).

À Madagascar, les journalistes et les défenseurs des droits humains sont visés par de longues périodes de détention provisoire, en vue d’entraver la liberté d’expression. En effet, plusieurs défenseurs des droits humains sont maintenus en détention provisoire pendant de longues périodes pour avoir dénoncé la corruption et les atteintes aux droits humains.

En Afrique du Sud, les médias sont pris pour cibles parce qu’ils dénoncent la corruption, notamment la « captation de l’État » par le président Jacob Zuma. Des rédacteurs et des journalistes sont menacés et harcelés, ils sont parfois suivis jusque chez eux par des agents non gouvernementaux et placés sous surveillance. L’hebdomadaire sud-africain The Sunday Times a déclaré avoir renforcé les mesures de sécurité pour protéger le journaliste d’investigation Mzilikazi wa Africa, qui serait menacé depuis qu’il a dénoncé la corruption au sein de la compagnie publique d’électricité, Eskom.

En Zambie, le leader de l’opposition Hakainde Hichilema et cinq de ses employés étaient détenus depuis le 11 avril pour des accusations de trahison forgées de toutes pièces, au motif qu’ils auraient gêné le passage du convoi présidentiel. Ils affirment que, lors de leur arrestation, des policiers les ont battus, et ont aspergé leurs parties génitales de gaz lacrymogènes et de gaz poivre. Ils ont été libérés le 16 août après l’abandon des charges retenues contre eux.

Au Zimbabwe, le Parlement n’a pas réaligné les lois sur la Constitution adoptée en 2013. Les autorités continuent de s’appuyer sur des lois répressives, comme la Loi relative à l’ordre public et à la sécurité et la Loi relative à l’accès à l’information et à la protection de la vie privée, pour supprimer la dissidence et faire taire les journalistes. Depuis 2016, elles ont durci la répression visant les défenseurs des droits humains, empêché des manifestations pacifiques et parfois interdit des réunions publiques. Les policiers sont régulièrement déployés pour disperser de force les manifestations pacifiques.

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