RDC : ACAJ demande à Kabila d’annuler son ordonnance nommant les membres de la Cour constitutionnelle

Kinshasa, le 25 mai 2018 – L’Association congolaise pour l’accès à la Justice (ACAJ) a demandé au président de la République, Joseph Kabila de « rapporter son ordonnance n°18/038 du 14 mai 2018 portant nomination des membres de la cour constitutionnelle. Dans un courrier officiel lui adressé le 23 mai 2018, cette organisation de la société civile soulève quatre principales préoccupations constituant des irrégularités qui devraient être corrigées.

Il s’agit entre autres :

Du procès-verbal de tirage au sort. L’ACAJ comme toute l’opinion publique savons qu’en date du 9 avril 2018 la séance du tirage au sort à la Cour Constitutionnelle s’était clôturée sur le dépôt de démission de deux juges à savoir Jean Louis Esambo et Banyaku Luape Epotu. Que par la suite la Cour avait rendu public un communiqué par lequel elle informait l’opinion qu’il aurait plus de tirage au sort. Ce communiqué a été même lu sur les antennes de la RTNC dont une copie est en notre disposition.

Présence de deux juges qui seraient d’une même province. Aux termes de l’article 2 alinéa 2 de la Loi organise que n° 13/026 du 15 octobre 2014 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle, il ne peut y … plus d’un membre issu d’une même province. Il semblerait que les juges Benoit Lwamba et Norbert Nkulu soient dans cette situation préoccupante.

Absence de femmes au sein de la Cour Constitutionnelle. Aux termes de l’article 4 de la Loi n° 15 /013 du premier Aout 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité, … La femme est représentée d’une manière équitable dans toutes les fonctions nominatives… à tous les niveaux. L’ACAJ constate que la Cour Constitutionnelle n’a aucune femme.

S’agissant de la désignation d’un membre par le Conseil supérieur, l’ACAJ constate que l’Assemblée Général de ce dernier ne s’est pas tenu depuis le début de l’année en cours et que son bureau n’a aucune compétence en la matière.

SYC

RDC : REVI exige la libération immédiate du journaliste Socrate Bisimwa détenu depuis 4 jours à Bukavu

Bukavu, le 24 mai 2018 – Le Réseau des victimes de l’insécurité (REVI) a dénoncé l’arrestation et la détention arbitraire du journaliste Socrate Bisimwa depuis quatre jours au cachot de militaire de Sokola 2 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.

“Nous en appelons à l’implication du Conseil Supérieur de l’Audiovisuelle et de la communication (CSAC), de Journaliste en Danger (JED) ainsi que toutes les institutions et organisations de promotion des droits humains, de s’impliquer activement pour la libération de ce journaliste. Nous demandons aux autorités de libérer immédiatement Mr BISIMWA Socrate parce qu’il n’a commis aucune infraction”, a déclaré la coordinatrice du REVI, Maître Clarisse Awan’Ibamba.

La liberté d’expression étant un droit en RD Congo, REVI évoque l’article 23 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui garantit la liberté d’expression à tout citoyen et la loi n°96-002 du 22 Juin 1996 fixe les modalités d’exercice de la liberté de presse pour dénoncer cette arrestation qu’il qualifie d’arbitraire parce que ce journaliste a été arrêté sans avoir commis une seule infraction.

D’après un communiqué rendu public ce jour par cette structure, Socrate Bisimwa serait accusé d’avoir animé une émission débat sur le processus électoral, durant laquelle il a émis quelques doutes quant à l’aboutissement de ce processus tel que prévu par le calendrier électoral.

Pour rappel, c’est dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 mai 2018 que le journaliste Bisimwa Socrate de la radio Mugote émettant dans le territoire d’Idjwi en province du Sud-Kivu a été arrêté par les Forces armées de la RDC et conduit au cachot de SOKOLA 2  à Bukavu.

Jusqu’à ce jeudi 24 mai 2018, déplore REVI, le journaliste y est encore détenu.

SYC

RDC : CENCO invite la population à observer les mesures préventives contre Ebola à l’Equateur

Mbandaka, le 24 mai 2018 – La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a invité la population de Mbandaka en général et celle de la Zone de Santé de Bikoro, Ikoko et Impenge en particulier, à faciliter le travail des experts et à observer strictement les mesures de protection contre l’épidémie d’Ebola. Dans un message de solidarité des évêques, l’Archeveque de Kisangani et président de la CENCO, Marcel Utembi Tapa invite également les habitants des parties de la RDC touchées à ne pas céder à la peur et à la stigmatisation qui risqueraient de faire obstacle à la riposte à l’épidémie.

“Nous recommandons à la miséricorde de Dieu les victimes de cette épidémie, en rassurant aux malades et à la toute la population de l’Equateur, de notre compassion et de notre solidarité. Nous prions pour que le Seigneur nous vienne en aide afin d’éradiquer définitivement cette maladie mortelle”, indique le message.

D’après le rapport obtenu de ses services compétents fait état de 42 cas de fièvre hémorragique signalés. Sur ce total, une vingtaine de cas de décès ont été enregistrés. A ce sujet, la CENCO présente ses sincères condoléances aux familles qui ont perdu les leurs. Elle rassure de ses prières et sa proximité toutes les victimes de cette 9ème épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola.

Et d’alerter : “La présence d’un nouveau cas dans la ville de Mbandaka, chef-lieu de la Province de l’Equateur nous inquiète. En raison de la nature de la maladie et du manque d’informations, le risque de sa propagation dans cette ville de près de 1,2 million d’habitants et dans d’autres villes est à craindre. Plusieurs éléments préoccupants risquent d’amplifier cette épidémie mortelle dont le taux de létalité va de 20% à 90%. La menace de l’épidémie d’Ebola est donc à prendre au sérieux au niveau tant provincial, national, que régional”.

Par ailleurs, la CENCO encourage l’action des Autorités compétentes nationales, provinciales et locales mais aussi celle des partenaires nationaux et internationaux (OMS,MSF…) qui, avec la participation des communautés locales, sont à pieds d’œuvre pour prendre toutes les dispositions nécessaires afin de rendre la riposte effective, contenir la propagation de cette terrible maladie et ainsi assurer la sécurité et la santé de la population.

La CENCO salue la réaction rapide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)avec la présente remarquée d’une forte délégation composée notamment du Directeur Général, et une équipe d’experts. Cette présence témoigne de la
solidarité internationale afin d’aider la RD Congo à faire face à cette épidémie.

“Au nom de tous les Archevêques et Evêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), préoccupés par cette nouvelle alarmante, et du mien propre, j’exprime notre solidarité et notre proximité fraternelle à Son Excellence Mgr Fridolin AMBONGO, Archevêque Coadjuteur de Kinshasa, Administrateur Apostolique de Mbandaka-Bikoro et Vice-Président de la CENCO, ainsiqu’à tout le peuple de Dieu qui est à Mbandaka-Bikoro”, a précisé Marcel Utembi Tapa.

Aux personnes touchées par cette épidémie, l’archevêque de Kisangani et président de la CENCO les invite à demeurer confiant en Dieu, source de toute consolation et de toute guérison véritable.

A lui d’insister : “les difficultés, même les plus graves, ne doivent pas nous jeter dans le désespoir et dans la résignation“.

SYC