RDC : EurAc appelle à des sanctions ciblées contre le cercle plus restreint de Joseph Kabila

Kinshasa, le 29 mai 2018 – Le Réseau européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) a appelé l’Union européenne et ses États membres à étendre les sanctions ciblées (interdiction de voyager et gel des avoirs) en RDC à l’encontre de nouveaux individus qu’il identifie comme “hauts responsables des forces de sécurité, personnalités politiques et personnalités influentes, issus du cercle plus restreint du Président Kabila”. Et qui sont responsables de violations graves des droits humains dans le pays et d’actes de violence au cours des manifestations du 31 décembre 2017, du 21 janvier et du 25 février 2018, et/ou responsables d’entraves au processus démocratique et à la recherche d’une solution consensuelle et pacifique de la crise.

« L’UE et ses Etats membres doivent mettre fin à la rhétorique positive actuelle qui loue les différentes avancées que le gouvernement congolais aurait effectuées ces derniers mois. L’UE doit se rendre à l’évidence que la situation est urgente, grave et préoccupante : l’UE et ses états membres doivent prendre rapidement des mesures concrètes, fortes et unies afin de prévenir une détérioration encore plus profonde de la crise politique, des droits humains, sécuritaire et humanitaire actuelle qui pourraient avoir des répercussions encore plus grandes sur la région toute entière », a déclaré Julie Capoulade, chargée de plaidoyer au sein d’EurAc, dans un communiqué officiel publié le 28 mai 2018.

L’EurAc reste profondément préoccupée quant à la crise des droits humains, sécuritaire et humanitaire qui prévaut en RDC et qui ne montre aucun signe d’amélioration, sept mois avant les élections présidentielles en RDC.

« La situation est loin de s’améliorer : aucun signe positif qui pourrait amener à croire que des élections justes, transparentes et crédibles seront effectivement organisées en Décembre 2018 n’est actuellement visible. En effet, les mesures de décrispation prévues dans l’accord de la Saint-Sylvestre signé en décembre 2016 n’ont pas été mises en œuvre. Au contraire, la répression brutale des voix dissidentes continue. Des mesures répressives et punitives, telles que les différentes réformes juridiques controversées en cours ou la fermeture de la maison Schengen à Kinshasa, sont prises par le régime mettant directement en péril les droits et libertés les plus fondamentaux de sa population. Ce sont donc des signes forts qui montrent que le régime n’a aucune volonté réelle de mettre un terme à la crise politique ni d’organiser des élections justes, crédibles et transparentes en décembre 2018 », précise le communiqué.

Au demeurant, l’EurAc invite l’UE et ses États membres à employer des moyens supplémentaires de pression et déclencher les mécanismes de dialogue politique renforcé prévu à l’Article 8 de l’Accord de Cotonou en vue d’initier les consultations prévues à l’Article 96 du même accord ; mais aussi d’exiger que le gouvernement respecte pleinement les exigences de l’Accord de Cotonou et de l’Accord de la Saint-Sylvestre, et ainsi procéder à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d’opinion (notamment les 4 militants de Filimbi détenus à Kinshasa depuis le 30 décembre 2017) et lève l’interdiction des manifestations publiques.

SYC

 

RDC : GADHOP alerte sur la persistance du banditisme à Butembo et l’activisme de groupes armes à Lubero

Butembo, le 28 mai 2018 – Le GADHOP lance une alerte  sur les actes d’insécurité posés par les assaillants armés  qui torturent, pillent, agressent après s’être introduits en masse dans des maisons des habitants dans certains  quartiers en ville de  Butembo.  Il invite les militaires FARDC déployées dans les zones concernées du territoire de Lubero de faire preuve de patriotisme afin d’inspirer confiance et rassurer les populations.

Le GADHOP déplore le fait que quatre incursions ont intervenues en l’espace d’une semaine (du 14 au 20 mai et du 21 au 25) dans  les Communes Mususa et  Bulengera dont le cas de la nuit du 21 au 22 mai 2018 de l’incursion des bandits armés dans plusieurs maisons : en commune Mususa au quartier Kitulu, puis sur avenue masisi et dans le Quartier Matanda, …, et la cellule Vichayi où 2 personnes ont été blessées par balles, 400$ et plus de 10 téléphones emportés ainsi que d’autres biens de valeur sans aucune intervention des services de sécurité.

Comme si cela ne suffisait pas, dans la nuit du jeudi au vendredi 25 mai 2018, des bandits armés ont fait nouvelle incursion dans la maison du nommé Kambale Kangitsi au N° 217, quartier Rughenda, cellule Kahondo. Ils ont emporté un matelas, un écran plat, un lecteur vidéo ainsi que quatre chaises plastiques et quatre téléphones portables.

“Le GADHOP s’insurge également contre l’attitude des éléments des FARDC et de la Police nationale congolaise en territoire de Lubero, précisément dans les villages Kimbulu-Ngatha, Kinystsi et Musasa. A ces endroits, les précités s’adonnent aux pillages des chèvres dans des  maisons sous prétexte que les habitants de ces villages collaborent avec les groupes Maï Maï. C’est le cas vécu le 23 mai 2018 à 13 heures locales lorsque ces éléments ont pris des chèvres dans des fermes dont celle de Monsieur Kasereka Kasaï qui a perdu 2 chèvres et un autre citoyen qui en a perdu 5”, rapporte le communiqué officiel.

Condamnant ces actes de dépouillement des paisibles citoyens de leurs bêtes, lesquelles constituent leur principale richesse, et des arrestations arbitraires qui s’en suivent en vue de rançonner une population sans moyens et sans protection, le GADHOP regrette que des mesures durables n’ont pas été prises lors des ce genre d’événements qui ont attristé la population durant toute l’année 2017. Et surtout que l’identité des auteurs de ces dégâts n’a pas été connue jusque-là.

“La Police nationale congolaise est trop visible la journée en ville pour empêcher, quelque fois, des manifestations des groupes de pression ou des mouvements des jeunes. Une présence remarquée également dans les carrefours pour la circulation routière et le contrôle des documents de bord des engins roulants. Malheureusement, cette Police est absente la nuit lorsque les incursions se réalisent pour  maltraiter la population qu’elle est censée protéger”, fait observer le GADHOP.

Face à cette situation qui, le Réseau GADHOP recommande:

Aux militaires FARDC déployées dans ces zones de se comporter avec patriotisme afin d’inspirer confiance et rassurer la population ;

Aux services de sécurité d’éviter de confondre, parfois pour raison de tracasseries, des innocents pour des Mai-Mai ;

A la population locale de maintenir sa collaboration avec les services de sécurité en vue d’un front commun contre l’ennemi et d’éviter tout soutien à ces groupes armés ;

A la justice militaire de mener des enquêtes approfondies afin de punir d’une part, les militaires auteurs d’exactions contre les civiles, d’autre part, tous les collaborateurs ou acteurs des ces mouvements rebelles.

SYC

RDC : CEFOP/DH dénonce l’interdiction des manifestations publiques et sportives à Mbuji-Mayi

Mbuji–Mayi, le 25 Mai 2018 – Le Centre d’Études et de Formation Populaires pour les Droits de l’Homme (CEFOP/DH) a dénoncé la mesure de l’autorité urbaine de la ville de Mbuji-Mayi interdisant les manifestations publiques et sportives sur toute l’étendue de la ville de Mbuji-Mayi, province du Kasaï–Oriental. D’un ton ferme, il s’oppose à ce qu’elle qualifie de « violation constante des droits et libertés publiques et une atteinte au droit aux loisirs » des citoyens.

En effet, en date du 22 mai 2018, le Maire de la ville de Mbuji-Mayi a pris une mesure aux termes de l’arrêté urbain N° 610/01/04/CM/MBM/2018 du 22 mai 2018 interdisant la tenue des manifestations publiques et sportives sur toute l’étendue de la ville de Mbuji-Mayi du 22 mai au 02 juin 2018.

Cette mesure est motivée par le maire de la ville comme une réponse appropriée à l’insécurité grandissante et à la mauvaise volonté manifeste affichée par quelques organisations sociales tenant à envahir les places publiques pour y créer des désordres, troubles, violences et autres actes de vandalisme.

D’après le CEFOP/DH, cette mesure intervient dans un contexte dominé d’une part, par l’étouffement et la répression brutale des manifestations publiques à l’instar des marches pacifiques organisées par le Comité Laïc de Coordination Catholique réprimées brutalement les 21 janvier et 25 février 2018 et celles organisée par les femmes de la nouvelle société civile brutalement réprimées le 15 Mai 2018.

Et d’autre part, par le refus des certains clubs de football du Kasaï–Oriental de la poursuite du championnat national de la Vodacom Ligue 1, dans sa phase retour, ce qui demeure une atteinte aux droits et libertés des manifestations et aux loisirs au Kasaï–Oriental.

« Il y a lieu de relever que cette mesure, non seulement va en l’encontre des prescrits de différents instruments juridiques internationaux relatifs à la promotion et la protection des droits de l’homme ratifiés par la RDC et publiés au journal officiel de notre pays, en l’occurrence les articles 24 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, 21 du pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 et 11 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1986, mais aussi constitue une violation grave des droits constitutionnellement garantis par la Constitution de la RDC du 18 février 2006 telle que modifiée par la Loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la RDC du 18 février 2006 », précise le communiqué.

Le Centre d’Etudes et de Formation Populaires pour les Droits de l’Homme qui condamne ces atteintes aux droits et libertés publiques recommande ce qui suit :

AU GOUVERNEMENT PROVINCIAL ET AUTORITÉ URBAINE

  • De respecter la constitution de la République Démocratique du Congo ainsi que les différents instruments juridiques internationaux relatifs à la promotion et la protection des droits de l’homme ratifiés par la République Démocratique du Congo et publiés au journal officiel de notre pays dans toutes leurs dispositions et par l’effet, lever la mesure portant suspension de toutes les manifestations publiques et activités sportives à travers la ville de Mbuji-Mayi ;
  • De promouvoir l’exercice et la jouissance des droits et libertés reconnus à la population par les différents instruments juridiques internationaux ratifiés par notre pays ainsi que la Constitution du 18 février 2006.

A LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME, COORDINATION DU KASAÏ– ORIENTAL

  • De jouer pleinement son rôle qui consiste à veiller à la promotion et la protection des droits de l’homme sur toute l’étendue de son ressort.

SYC