RDC : Des autorités invitées à dissuader l’usage d’armes létales contre les manifestants par des sanctions sévères

Kinshasa, le 05 Octobre 2017 – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est indignée et profondément préoccupée par  des pertes en vies humaines régulièrement  enregistrées en RDC des suites de l’usage abusif et disproportionné des armes létales contre des manifestants pacifiques revendiquant leurs droits légitimes.  

Dans un communiqué officiel, la VSV recommande au Gouvernement d’Interdire l’usage des armes létales par les forces de l’ordre et de sécurité pendant les manifestations ; de Sanctionner sévèrement tout agent de l’ordre ou de sécurité qui ferait usage des armes létales à l’endroit des manifestants pacifiques, aux fins de lutter effectivement contre l’impunité ; d’Ouvrir une enquête indépendante sur la manifestation de la population contre l’insécurité à Bukavu  en vue d’établir les responsabilités et sanctionner les coupables conformément à la loi ; et d’indemniser les victimes pour tous les préjudices subis.

Déplorant le recours abusif d’armes létales, la VSV se réfère au dernier cas en date celle de la répression violente, sanglante et meurtrière par des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) d’une manifestation pacifique organisée par la population principalement les jeunes à Panzi, commune d’Ibanda, province du Sud-Kivu.

« La manifestation avait pour but de protester contre l’insécurité croissante dont la population est victime et de dénoncer certains éléments de la PNC soupçonnés d’être à la base de ladite insécurité. Le bilan provisoire fait  état des pertes en vies humaines dont un écolier ; de plusieurs blessés par balles dont  neuf (9) policiers grièvement ; de l’incendie   du commissariat de la police et du bureau du quartier de Panzi », rapporte le communiqué.

La VSV rappelle aux autorités congolaises que la liberté de manifestation publique est  garantie par la Constitution de la RDC ainsi que par les instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme et, par conséquent le gouvernement a l’obligation de garantir à toute personne, seule ou en groupe la jouissance et l’exercice de ce droit fondamental.

Pour la VSV, il est plus que temps de garantir l’exercice du droit à manifester en RDC afin de prévenir ou de mettre fin aux violences de toutes sortes qui sont à la base  de pertes en vies humaines et des actes de vandalismes souvent enregistrés à cause du recours disproportionné à la force de la part des forces de l’ordre et de l’utilisation abusive des balles réelles à l’encontre des manifestants pacifiques.

SYC

RDC : La VSV exige la libération immédiate de Joseph Bopupa, Président de la Société Civile de Bolomba (Equateur)

Kinshasa, le 04 Octobre 2017 – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement préoccupée par l’arrestation suivie de la détention au cachot de la Police Nationale Congolaise (PNC), le 29 septembre 2017, de monsieur Joseph BOPUPA, Président de la Société Civile de Bolomba sur ordre de l’Administrateur du Territoire de Bolomba, province de l’Equateur.

En effet, l’arrestation du Président de la Société Civile de Bolomba est relative à ses activités de promotion et défense des droits de l’homme dans cette partie de la République Démocratique du Congo. Ce dernier ne cesse de dénoncer au jour le jour les violations des droits de l’homme et autres abus qui se commettent à Bolomba, province de l’Equateur. Il sied de noter qu’avant son arrestation, M. Joseph BOPUPA s’était montré critique de la gestion de l’Administrateur du territoire de Bolomba.

Sur un autre registre, la VSV condamne avec la dernière énergie l’enlèvement, à Kinshasa,  de monsieur Emmanuel Cole, Président de l’ONG « Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP)», dans la nuit du 23 au 24 septembre 2017 par des éléments de la PNC.

Des éléments de la PNC en tenue et sans aucun titre ni autres documents  ont surgi au domicile de M. Emmanuel Cole qu’ils ont fouillé de fonds en comble. La victime a été amenée manu militari au bureau du Commissariat provincial de Kinshasa situé à côté de l’Institut Supérieur de Commerce (ISC)/Gombe où elle avait été placée en détention jusqu’au petit matin, et ce, avant d’être libérée sans autre forme de procès.

Il sied de relever que pendant la fouille de la maison de M. Emmanuel Cole, les éléments de la police dépêchés sur les lieux réclamaient son passeport et ses autres pièces d’identité.

C’est ici l’occasion de dénoncer les arrestations arbitraires, détentions illégales, enlèvements, menaces de mort et autres intimidations voire même des assassinats dont les Défenseurs des Droits de l’Homme (DDH) font l’objet dans le cadre de l’exercice de leurs activités de promotion et défense des droits de l’homme.

En tout état de cause, il est inadmissible que les Défenseurs des doits de l’Homme qui font un travail noble pour le bien-être de la personne humaine et le développement de la République Démocratique du Congo se sentent en insécurité permanente suite aux menaces de mort et autres intimidations dont ils sont victimes.

Pour la VSV, les autorités congolaises ont  l’obligation d’assurer une étroite collaboration avec les Défenseurs des droits de l’Homme et de garantir à ces derniers, la sécurité et la protection afin de leur permettre d’exercer en toute quiétude leur travail de promotion et  défense des droits de l’homme.

Eu égard à ce qui précède, la VSV exige des autorités congolaises:

  • La libération immédiate et sans condition de monsieur Joseph BOPUPA, Président de la Société Civile de Bolomba, province de l’Equateur ;
  • La collaboration étroite avec les Défenseurs des droits de l’Homme dans l’exercice de leur travail afin de garantir leur sécurité et protection conformément aux instruments régionaux et internationaux relatifs à la protection des DDH ratifiés par la RDCongo ; 
  • L’indemnisation de MM. Emmanuel Cole et Joseph BOPUPA pour les préjudices subis.

VSV (SYC)