RDC : Depuis New-York, Mbata, Tshisekedi, Katumbi, Nsapu et Anzuluni exigent une transition “sans Joseph Kabila”

New-York, le 19 septembre 2017 – C’est pour prévenir le vide juridique et le chaos qui se profilent à l’horizon face à la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard que Félix Tshisekedi, André Mbata Mangu, Moise Katumbi, Paul Nsapu et Floribert Anzuluni (représentant les signataires du Manifeste du Citoyen Congolais) ont exigé  une transition “sans Joseph Kabila” qui, estiment-ils, est devenu illégal et illégitime. Ils préconisent la conduite de cette transition par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles, lesquelles élections ne sont pas possibles ni avec Mr Kabila ni avec la CENI dans sa configuration actuelle”. Ces congolais ont fait cette déclaration conjointe à l’attention des représentants des peuples du monde réunis au sein de l’Assemblée générale de l’ONU à New-York. Ci-dessous, l’intégralité :

Nous, Félix Tshisekedi, André Mbata Mangu, Moise Katumbi, Paul Nsapu et Floribert Anzuluni

Considérant notre adhésion au “Manifeste du Citoyen Congolais” signé par la Société civile congolaise et les mouvements citoyens à Paris en date du 18 août 2017 et demandant une transition citoyenne sans Mr Joseph Kabila ;

Réunis ce jour à  New York en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unie  devant discuter notamment de la situation qui prévaut en République démocratique du Congo ;

Attachés au respect de la Constitution et à la mise en œuvre dans toutes ses dispositions de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016 qui avait été signé au Centre interdiocésain de Kinshasa sous la médiation des Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) ;

Attendu qu’aux termes de sa Résolution 2348 (2017) du 31 mars 2017, le Conseil de Sécurité avait endossé cet Accord et demandé notamment à Mr Joseph Kabila et à son Gouvernement d’organiser des élections libres et démocratiques au plus tard le 31 décembre 2017;

Vivement préoccupés par la recrudescence des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire notamment dans le Kasaï, le Katanga, l’Ituri, le Nord et le Sud Kivu, et par le rétrécissement de l’espace des libertés sur l’ensemble du pays ;

Notant avec préoccupation que la non-application de l’Accord par Mr Kabila et son Gouvernement est de nature à  remettre en cause tous les efforts déployés par la communauté internationale pendant les deux dernières décennies pour rétablir et maintenir la paix, l’unité nationale et l’intégrité territoriale du pays ;

Déclarons ce qui suit à l’intention des représentants des peuples du monde réunis au sein de l’Assemblée générale de l’ONU statuant sur la situation grave de la RDC:

1. Par sa mauvaise foi, sa responsabilité dans le non-respect de  la Constitution et de l’Accord du 31 décembre 2016 en vue de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, Mr Kabila s’est disqualifié en tant que Président de la République et cesse d’être un interlocuteur valable.

2. Pour prévenir le vide juridique et le chaos qui se profilent à l’horizon devant la perspective de la non-tenue des élections le 31 décembre 2017 au plus tard, exigeons  une transition sans Mr Kabila, devenu illégal et illégitime, conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont pas possibles ni avec Mr Kabila ni avec la CENI dans sa configuration actuelle.

3. Notre peuple reste attaché à sa Constitution et rejettera par tous les moyens pacifiques tout projet de calendrier électoral qui ne serait pas conforme à l’ Accord du 31 décembre 2016, et tout projet de référendum constitutionnel tendant à déverrouiller les dispositions intangibles de la Constitution relatives au nombre et à la durée du mandat du Président de la République à travers la caporalisation de la Cour constitutionnelle car le peuple congolais comme tous les autres peuples du monde a un droit inaliénable à la démocratie, au développement et à la paix. L’article 64 de la Constitution impose à tout Congolais  le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la Constitution.

4. Tout en les remerciant pour leurs efforts, notamment à travers la Résolution 2348 (2017), demandons à la communauté internationale, spécialement les membres du Conseil de Sécurité qui portent la principale responsabilité dans le maintien et la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales, de s’assumer pleinement au regard de la détérioration constante de la situation en République démocratique du Congo, en vertu des pouvoirs que leur confère le Chapitre VII de la Charte de l’ONU.

Fait New York aux États-Unis d’Amérique, ce lundi 18 septembre 2017.

RDC : Le MINAFFET devrait rapporter «sans délai» sa mesure annulant le passeport semi-biométrique

Lubumbashi, le 19 septembre 2017 – Dans une lettre ouverte adressée, Justicia Asbl prie au Ministre des Affaires Etrangères et Intégration Régionale de rapporter son communiqué officiel annonçant au public qu’à dater du 16 Octobre 2017, les passeports congolais semi-biométriques encore en circulation n’auraient plus cours légal sur toute l’étendue de la République. Constatant que rien  ne peut justifier la prise d’une telle mesure aux conséquences incalculables, cette Association lui demande de la retirer son communiqué de la circulation sans délai ni condition.

Justicia Asbl fait remarquer que cette mesure est vexatoire et risque de porter dangereusement atteinte aux libertés de circulation et de mouvement tant à l’entrée qu’à la sortie du pays.

Pour Justicia Asbl, cette mesure devrait être annulée et retirée de toute circulation pour des raisons suivantes :

  1. Le communiqué prive les congolais détenteurs des passeports en cours de validité d’un droit qui leur est reconnu ;
  2. Il annonce la saisie forcée et irrégulière des passeports pourtant valides en vue de contraindre les citoyens à se procurer d’autres passeports, alors que rien ne peut justifier cet empressement et harcèlement. En même temps, le communiqué n’annonce aucune mesure concrète pour empêcher la circulation des mêmes passeports à l’étranger ;
  3. L’ancien Ministres des Affaires Etrangères, Monsieur Raymond Tshibanda avait assuré que les détenteurs des anciens passeports les garderaient jusqu’à leur expiration avant de s’en procurer d’autres ;
  4. Justicia Asbl soutiendrait toute action en justice entreprise par toute personne qui serait victime de votre mesure de saisie forcée des passeports au cas où il en résulterait des préjudices et prévient que vous engagerez votre responsabilité individuelle.

Pour Justicia Asbl, le Ministre des Affaires Etrangères devrait plutôt s’investir à revoir à la baisse le prix du passeport congolais qui se compte parmi les plus chers au monde, et de faciliter la procédure de leur obtention. Car, précise – t – elle, certains requérants attendent depuis des semaines, voire des mois la livraison de leurs passeports.

SYC

RDC : 109 abonnés de la Centrale de Matebe dénoncent le coût exorbitant du courant électrique (Lettre)

Goma, le 19 septembre 2017 – Dans une lettre adressée au Directeur Provincial de l’ICCN du Nord – Kivu avec ampliations à toutes les autorités, 109 abonnés de la Centrale de Matebe ont dénoncé le coût exorbitant du courant électrique leur vendu par Virunga SARL. Ils reprochent à cette société chargée d’assurer la gestion de la centrale hydroélectrique de leur avoir exigé l’achat obligatoire d’un compteur dont le coût est évalué à plus de 300$ sans aucun compromis préalable. Aussi, le coût mensuel de cette électricité variant de 20 à 30$, rien que pour 4 ampoules, ne tient pas compte à la situation socio-éconmique de la population de cette partie du pays. Ci – dessous, l’intégralité de la lettre :

Objet : Cri d’Alarme

A Monsieur le Directeur Provincial de l’ICCN à Rumangabo

Monsieur le Directeur,

Nous voulons profiter de cette occasion pour vous remercier de la mise en place du projet de la centrale hydroélectrique de Matebe d’une capacité de 12,8 Mégawatts, qui nous donne l’espoir pour le développement de notre milieu, mais aussi contribue à réduire la pression sur notre Parc National des Virunga. Nous venons aussi vous présenter notre situation entant qu’abonnés du courant électrique de la Centrale de MATEBE, dont vous êtes l’initiateur.

Nous voulons, vous rappeler que nous sommes une population rurale dépendante essentiellement des produits de nos champs dont vous connaissez la valeur en termes d’argent. Bref : la situation socio-économique est difficile ici chez nous à Rutshuru.

Nous voulons également vous dire que : nous avons consentis d’énormes sacrifices économiques pour nous abonner à ce courant, suite au tarif qui nous avait été présenté et, chacun y avait souscrit selon sa possibilité (3A, 6A, 10A, 16A, …)

A notre grande surprise, à partir de ce mois d’août 2017, tout a changé, nous nous sommes retrouvés dans une situation qui ne nous permet plus de jouir du courant de la centrale hydroélectrique de MATEBE, suite à certaines difficultés dont voici quelques unes :

  1. L’achat obligatoire d’un appareil (compteur) de plus de 300$ sans aucun compromis de notre part (client) et dont vous ne vous êtes pas rendu compte de notre capacité de paiement ;
  2. Nous avons repris l’utilisation de la braise, alors que vous nous avez remis des réchauds pour nos cuisines afin de réduire la pression sur le Parc National des Virunga ;
  3. Comparativement au courant du BPD (Mondo Gusto), nous constatons que Virunga Sarl nous facture le triple sur la consommation du Kw/h soit 119 FC chez BPD contre 345,3FC chez Virunga Sarl ;
  4. Certains ménages dont le Cash Power est déjà installé ne sont plus en mesure de continuer à s’alimenter avec l’électricité suite à ce système de Cash Power qui coute trop cher, comme indiqué ci-haut et que la consommation minimale mensuelle par ménage varie entre 20 à 30$, ceci pour l’éclairage seulement de 4 à 6 ampoules économiques de 11 et 12 W ;
  5. Pour ceux qui ont déjà payé 60$ ou 30$ pour une période de six mois, pourquoi ne pa respecter la convention prévue ? Ils se sont vu imposé le compteur Cash Power avant de terminer leur acomptes sur la somme versée au compte de Virunga Sarl ; contrairement à l’esprit de la lettre sans numéro du 17 Juillet 2017 qui ne précise pas aussi la date limite du versement de ce montant demandé. Ceci est considéré comme une escroquerie car, nous ne savons plus par quel moyen nous allons récupérer notre argent, alors que nous nous retrouvons sans électricité depuis plusieurs jours ;
  6. Il n’y a plus des bureaux de représentations du service commercial proches où nous pouvons nous adresser en cas de besoin.

En fin, Monsieur le Directeur, tout en espérant que nos réclamations vont trouver un échos favorable à votre égard, nous vous prions d’instruire les responsables d’exécution de ce projet de la société Virunga Sarl, dont vous êtes l’initiateur à restaurer rapidement l’ancien système qui nous avait attiré pour adhérer à l’électricité de Virunga Sarl en se désabonnant à nos anciennes initiatives des courants électriques (Mondo Giustio, IDEMA, BETAM, Groupes, Panneaux, et.) que nous regrettons maintenant, suite au conditions qui deviennent de plus en plus difficiles chez Virunga Sarl.

Fait à Rubare, le 4 Septembre 2017

 

109 abonnés de la Centrale Hydroélectrique de MATEBE

Transmis copie pour information à :

  • L’Honorable Président de l’Assemblée Provinciale du Nord-Kivu
  • Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu
  • Son Excellence Monsieur le Ministre Provincial de l’Energie du Nord-Kivu
  • Aux Honorables Députés Nationaux de Rutshuru à Kinshasa
  • Aux Honorables Députés Provinciaux de Rutshuru à Goma
  • Monsieur l’Administrateur du Territoire de Rutshuru à Rutshuru
  • L’Honorable Mwami, Grand Chef Coutumier de la Chefferie de Bwisha à Rutshuru
  • Madame la présidente de la Coordination Territoriale de la Société Civile de Rutshuru à Rutshuru
  • Monsieur le Directeur Gérant des Virunga Sarl à Rumangabo
  • Aux Organisations Non Gouvernementales militants pour la protection de l’Environnement œuvrant au Nord-Kivu (Toutes)