RDC : Human Rights Watch réclame des sanctions ciblées contre Kanyama, Amisi Boshab et Kalev

Moins d’un mois avant la date butoir du 19 décembre marquant la fin de la limite des deux mandats du président Joseph Kabila autorisés par la constitution, celui-ci n’a toujours pas clairement déclaré si et quand il quittera ses fonctions.

Parallèlement, la répression du gouvernement contre les activistes pro-démocratie, l’opposition, les manifestants et les médias s’est intensifiée à une vitesse alarmante. Le soi-disant « dialogue national » – qui a reporté les élections au moins jusqu’en avril 2018 – et la nomination de Samy Badibanga, issu de l’opposition, comme Premier ministre n’ont pas permis d’apaiser les tensions. L’Église catholique poursuit ses efforts de médiation pour atteindre un accord politique plus inclusif, mais le temps commence à manquer.

Si le président Kabila reste au pouvoir après le 19 décembre sans annonce publique claire d’une date pour son retrait du pouvoir et sans un large consensus sur l’organisation d’une période de transition jusqu’aux élections, il existe un risque que des manifestations éclatent et que les forces de sécurité répondent avec une force excessive. Le pays pourrait s’enfoncer dans une violence généralisée et dans le chaos.

Les partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo devraient être mobilisés aux plus hauts niveaux pour éviter ce scénario. Ils devraient mettre en place des sanctions ciblées contre les responsables impliqués dans les abus pour montrer que la répression a des conséquences réelles et pour dissuader de nouvelles violences.

Les sanctions ciblées imposées par les États-Unis à l’encontre de plusieurs fonctionnaires impliqués au premier plan dans les violences contre les manifestants ont eu un effet dissuasif et ont secoué les personnes concernées. Mais l’impact pourrait être bien plus important s’ils ciblaient davantage de hauts responsables du gouvernement et des services de renseignements – et si l’Union européenne et le Conseil de sécurité de l’ONU prenaient également des mesures.

En octobre, l’UE a annoncé qu’elle « utilisera[it] tous les moyens à sa disposition » contre les personnes responsables de graves violations des droits humains, qui incitent à la violence ou qui « [font] obstacle à une sortie de crise consensuelle, pacifique ». L’UE devrait maintenant passer des menaces à l’action et imposer des sanctions ciblées, notamment des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, à l’encontre des hauts fonctionnaires congolais responsables de la répression violente.

Dans une résolution adoptée le 15 novembre avec un large soutien des deux partis, la Chambre des représentants américaine a appelé l’administration Obama à imposer des sanctions supplémentaires à l’encontre des responsables en RD Congo qui « empêchent d’avancer vers une transition démocratique pacifique par des élections crédibles qui respectent la volonté du peuple ». Dans un courrier datant de lundi dernier, Human Rights Watch a également appelé le président Barack Obama à prendre cette mesure avant de quitter ses fonctions.

Nos recherches ont permis d’établir que les personnes suivantes ont joué des rôles primordiaux dans la répression, et devraient faire l’objet de sanctions : Kalev Mutond, directeur de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Évariste Boshab, vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, le général Ilunga Kampete, commandant de la Garde républicaine, le général Gabriel Amisi (surnommé « Tango Four »), commandant de l’armée dans la région occidentale du pays, et le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la police à Kinshasa.

L’UE, les États-Unis et les Nations Unies devraient signifier clairement à Kabila que la violation des droits du peuple congolais a un prix élevé – avant qu’il n’y ait d’autres effusions de sang et qu’il ne soit trop tard pour changer de cap.

Ida Sawyer

Chercheuse senior sur la RD Congo

Ci – joint le lien de l’article : https://www.hrw.org/fr/blog-feed/la-rd-congo-en-crise#blog-296894

RDC : Des mouvements citoyens annoncent à Kimbuta la campagne « Bye Bye Kabila » ce samedi à Kinshasa

URGENT ! – La coalition des mouvements citoyens Lutte pour le Changement (LUCHA), Filimbi, Compte à rebours et Ekoki vient de saisir, ce jeudi 24 novembre 2016, l’autorité urbaine pour lui tenir informer de l’organisation de leur campagne « Bye Bye Kabila » en vue de sensibiliser les Kinois sur les articles clés de la constitution de la RDC.

Conformément à l’article 26 de la Constitution sur la tenue des manifestations politiques, cette coalition s’apprête à sensibiliser les kinois, à travers une distribution des flyers sur les articles clés de la Constitution portant sur les Droits et Devoirs constitutionnellement garantis.

« Cette sensibilisation sur terrain couvrira plusieurs endroits de la ville de Kinshasa, à savoir : « Rond point Ngaba, Lemba super, Rond-Point Victoire, Marché central de Kinshasa et Rond-Point Kintambo Magasin », ont – ils informé au gouverneur de la Ville André Kimbuta.

Ils espèrent que ce dernier prenne des mesures utiles pour l’encadrement susceptible de leur garantir l’exercice de leur droit  ce samedi 26 novembre 2016 à partir de 10 heures locales.

Par ailleurs, la coalition invite l’autorité urbaine à se joindre à elle dans cette action républicaine en se rangeant du coté du peuple souverain.

SYC

Ci – jointe : La lettre d’information

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RDC : La VSV invite les autorités à repousser à 21 heures l’interdiction de circulation des Wewa à Kinshasa

(Kinshasa, le 22 novembre 2016) – La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)  est vivement préoccupée par la décision prise lundi 14 novembre 2016 par le Commissaire Provincial de la Police Nationale Congolaise (PNC/Kinshasa), monsieur Célestin Kanyama Cishiku, interdisant les motocyclistes « Wewa » de circuler au-delà de dix-huit (18) heures à Kinshasa.

Curieusement, cette décision qui aurait été annoncée au cours d’une parade devant des policiers au Commissariat Provincial de Kinshasa, n’a jamais été notifiée auparavant  aux motocyclistes ni à la direction de l’Association Nationale des Initiateurs et Propriétaires des Taxis-Moto du Congo (ANIPTMC). De même, il est surprenant qu’aucune autorité ne s’assume à ce jour quant à l’initiative ayant conduit à la prise la décision sus évoquée. Pour le Commissaire Provincial de PNC/Kinshasa,  cette décision qui serait venue de la « Hiérarchie » vise à sécuriser les personnes y compris les motocyclistes eux-mêmes.

Cependant, la VSV est au regret de constater que sur terrain, la décision portant interdiction de circulation des motocyclistes après dix-huit heures est plus à la base  de l’insécurité, de tracasseries et du calvaires dont la population et surtout les femmes et jeunes filles font l’objet. Des sacs, des sommes d’argent et autres biens de valeur sont  ravis la nuit ces derniers jours au grand dam des piétons. De nombreuses personnes  éprouvent d’énormes difficultés pour se déplacer et rejoindre leurs domiciles après dix-huit heures voir vingt heures craignant pour leur sécurité en marchant à pied et passent la nuit loin  de leurs familles. Des jeunes délinquants se réjouissent de la décision précitée qui est pour eux une bonne aubaine car déclarent-ils,  avec les motos de nombreuses victimes leur échappaient.

De même du côte de la PNC, de nombreux  éléments de la police profitent de la décision d’interdiction pour ravir des motos qu’ils ne retournent à leurs propriétaires que moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. D’autres motos disparaissent dans la foulée au détriment de motocyclistes et de leurs propriétaires contraints au chômage.

En effet, entre le soir du lundi 14 et samedi 19 novembre 2016 quinze (15) cas répertoriés des victimes dont les motos ont été ravies et portées disparues ont été enregistrées.

Pour rappel, en août 2015, environ cinq cents (500) motocyclistes ou propriétaires des motos confisquées auraient versé chacun cinquante mille Francs Congolais (50.000 Fc, soit plus de 50 $US) pour le retrait d’une moto confisquée et bénéficier d’une plaque minéralogique.

Pour la VSV bien que la mesure d’interdiction des motocyclistes soit motivée par des raisons sécuritaires, cependant elle semble peu efficace et nécessite  des mesures d’accompagnement dès lors qu’elle est à la base de l’augmentation du calvaire et de l’insécurité de la population habitant les quartiers non desservis par le transport en commun.

 En définitive, la VSV invite les autorités congolaises compétentes à :

–  ouvrir une enquête indépendante sur les vraies motivations d’une telle décision émanant d’une « Hiérarchie non autrement identifiée » ;

– mettre à pied d’œuvre des mesures d’accompagnement pour assurer effectivement la sécurité des motocyclistes, des usagers de la route, de la population et leurs biens ;

– identifier les victimes dont les motos sont ravies afin de les restituer à leurs propriétaires  après réparation de  tous les préjudices subis ;

– revoir l’heure d’interdiction de circulation des motocyclistes jusqu’au plus tard  vingt-une (21) heures.

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)