RDC : 19 septembre, des réactions en dix tweets

 

 

RDC : Des recommandations pour mettre fin à la répression et promouvoir des principes démocratiques

Pour Human Rights Watch, prendre des mesures fortes aujourd’hui pour faire face à la situation en RD Congo pourrait aider à dissuader la perpétration d’autres abus, contrôler les forces de sécurité lors des manifestations à venir, et mettre davantage de pression sur le Président Kabila pour respecter la constitution et accepter de se retirer à la fin de son mandat, et empêcher une crise plus large. 

Aux représentants du gouvernement et forces de sécurité congolais :

  • Permettre à tous les congolais, notamment aux organisations de la société civile et aux partis d’opposition, d’organiser des manifestations pacifiques et d’autres activités politiques sans perturbation ;
  • Libérer tous les prisonniers politiques et mettre fin aux poursuites engagées pour des motifs politiques à l’encontre de personnes qui exercent leurs droits fondamentaux de liberté d’expression, d’association et de rassemblement  pacifique ;
  • Enquêter et poursuivre comme il convient ceux responsables de graves violations des droits humains, quels que soient leur position ou leur rang ;
  • Ouvrir tous les médias qui ont été fermés de manière arbitraire, et garantir que l’accès à l’information, dont celle provenant des médias indépendants internationaux, des plateformes de réseaux sociaux, et des communications par messages texte, n’est pas bloqué ;
  • Permettre aux défenseurs des droits humains congolais et internationaux de travailler en RD Congo sans entraves.

Aux dirigeants des partis politiques congolais :

  • Ne pas inciter à la violence ou à la haine ; condamner l’usage de la violence par des membres de partis politiques et prendre les mesures appropriées pour y mettre fin.

À la mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) : 

  • Déployer des casques bleus dans les zones proches des manifestations politiques pour aider à prévenir toute violence potentielle dans le cadre du mandat de la mission de protéger les « civils se trouvant sous la menace de violences physiques … dans le cadre des élections » ;
  • Assurer un déploiement rapide de casques bleus dans les zones où la violence politique pourrait éclater ;
  • Mettre en place des plans détaillés pour protéger les activistes, les défenseurs des droits humains, les journalistes, et les politiciens en danger ;
  • Continuer à diffuser de puissants messages publics et privés dénonçant la répression politique et d’autres graves violations des droits humains ; exhorter le gouvernement à libérer immédiatement tous les prisonniers politiques, mettre fin aux poursuites engagées pour des motifs politiques, ouvrir les médias fermés de manière arbitraire, garantir le respect du droit de rassemblement pacifique, permettre aux défenseurs des droits humains congolais et internationaux de travailler sans entraves, et garantir que ceux responsables de graves violations des droits humains sont tenus de rendre des comptes comme il convient.

Aux bailleurs de fonds internationaux de la RD Congo, notamment l’Union européenne et ses États-membres, les États-Unis et les Nations Unies :

  • Dénoncer publiquement la répression politique continue et les graves violations des droits humains commises à l’encontre de ceux qui se sont exprimés contre la tentative d’extension de la présidence du président Kabila au-delà de la limite de deux mandats inscrite dans la constitution ou s’y sont opposés ;
  • Exhorter le gouvernement à libérer immédiatement tous les prisonniers politiques, mettre fin aux poursuites engagées pour des motifs politiques, ouvrir les médias fermés de manière arbitraire, garantir le respect du droit de rassemblement pacifique, permettre aux défenseurs des droits humains Congolais et internationaux de travailler sans entraves et garantir que ceux responsables de graves violations des droits humains sont tenus de rendre des comptes comme il convient ;
  • Mettre en œuvre des sanctions ciblées, dont des interdictions de voyage et des gels d’avoirs, contre les principaux responsables de la violente répression et des graves violations des droits humains commises en RD Congo depuis 2015 à l’encontre des voix dissidentes. Il faudrait accorder une attention particulière aux hauts fonctionnaires du gouvernement, des services de renseignement, et des forces de sécurité impliqués dans de graves violations des droits humains ;
  • Retirer immédiatement l’appui ou l’approbation de tout dialogue qui n’inclurait pas tous les principaux partis politiques en RD Congo, serait incompatible avec la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies et avec la constitution congolaise, et à tout résultat qui ne serait pas largement accepté par le public congolais ;
  • Soulever des inquiétudes concernant les violations des droits humains commises par l’Agence nationale de renseignements (ANR), notamment la détention arbitraire prolongée d’activistes et d’opposants politiques ; demander que les observateurs des droits humains, y compris les membres du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), aient un accès sans entraves à tous les centres de détention de l’agence de renseignements ;
  • Soulever des inquiétudes concernant le détournement du système de justice à des motifs politiques, et suspendre l’aide au secteur de la justice congolaise jusqu’à constatation d’une amélioration concrète de l’indépendance du pouvoir judiciaire ;
  • Utiliser vos positions d’actionnaires de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, et de la Banque africaine de développement pour inciter les institutions à n’apporter d’appui direct au budget de la RD Congo que si le gouvernement se conforme aux exigences constitutionnelles de limite de mandat et organise des élections présidentielles dans un délai court ;
  • Suspendre l’appui aux forces de sécurité impliquées dans des violations des droits humains dans le contexte de manifestations ou de campagnes politiques, ou du processus électoral ;
  • Communiquer clairement au gouvernement congolais que le non-respect de la Constitution congolaise sur les mandats présidentiels, les élections, et la passation des pouvoirs dans les délais requis, aura de graves conséquences pour les relations bilatérales et multilatérales ;
  • Collaborer avec d’autres partenaires internationaux en vue d’élaborer un plan clair et complet d’aide au financement d’élections en RD Congo, et en communiquer largement l’existence, une fois qu’existeront un calendrier crédible et la volonté politique manifeste de procéder à des élections, de manière à ce que l’absence de ressources ne constitue pas un obstacle aux élections prévues par la constitution.

À l’Union africaine, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), et la Chine et autres états exerçant une influence :

  • Encourager le Président Kabila à se conformer à la limite de deux mandats prévue par la constitution et permettre des élections nationales crédibles et une passation de pouvoirs pacifique ;
  • Favoriser, avec d’autres partenaires internationaux, un dialogue constructif en RD Congo conduisant à un processus électoral crédible et juste dans le respect de la constitution du pays et le droit international relatif aux droits humains.

Au Conseil des droits de l’homme de l’ONU :

  • Établir un mécanisme indépendant, par exemple un expert indépendant ou une équipe d’experts indépendants du Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour rassembler les faits et communiquer de manière régulière les violations des droits humains dans le contexte de manifestations ou de campagnes politiques, ou du processus électoral, et disposant de moyens de réaction rapide ;
  • Mandater des débats interactifs renforcés sur la RD Congo lors des sessions du Conseil des droits de l’homme en 2017, notamment avec les organismes compétents de l’ONU et les parties prenantes, en vue d’étendre l’examen de la situation des droits humains en RD Congo au-delà des discussions actuelles ;
  • Demander des rapports thématiques élaborés par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, notamment sur la répression politique et la violence dans le contexte de manifestations ou de campagnes politiques, ou du processus électoral, qui seraient axés sur des domaines particulièrement préoccupants ;
  • Organiser un débat d’urgence pendant la 33session du Conseil des droits de l’homme, ou une session spéciale, si la situation se dégrade encore.

À la Procureure de la Cour pénale internationale :

  • Suivre la situation en RD Congo, visiter le pays, et publier une déclaration rappelant aux responsables que la Cour a compétence sur la RD Congo et surveille étroitement l’évolution de la situation.

Pour consulter le rapport, veuillez voir plus bas et ci-joint, ou en ligne ici :https://www.hrw.org/fr/report/2016/09/18/la-republique-democratique-du-congo-au-bord-du-precipice-mettre-fin-la-repression

RDC : Les Etats-Unis dénoncent l’obstruction physique et l’agression verbale de Tom Perriello

Les États-Unis se disent indignés par « l’obstruction physique » et « l’agression verbale » dont a été victime son Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, Tom Perriello, alors qu’il était sur le point de prendre son avion à l’aéroport de N’djili pour rentrer dans son pays le 18 septembre.

Dans un communiqué publié lundi 19 septembre, le Départ d’Etat américain fait savoir que M. Perriello était à Kinshasa pour dix jours pour rencontrer des représentants du gouvernement, de l’opposition, de la société civile et des acteurs internationaux pour encourager à la participation au dialogue qui respecte l’esprit de la constitution et qui vise à parvenir à un consensus sur la tenue d’élections.

Le communiqué précise que Tom Perriello, « une figure bien connue à Kinshasa », a été bloqué et menacé verbalement dans une zone de l’aéroport de N’djili qui est sécurisé par les autorités congolaises.

« Le Gouvernement des Etats-Unis proteste contre ce traitement de son envoyé dans les termes les plus forts possibles », fait savoir le Département d’Etat américain.

Les États-Unis estiment que les personnes qui sont responsables de violence ou de répression doivent être tenus responsables, et restent prêts à imposer des sanctions ciblées supplémentaires, ajoute le communiqué.