RDC : Interdiction d’une réunion publique, coupure du signal de RFI et brouillage de Radio Okapi condamnés par 33 ONG

(Kinshasa, le 06 novembre 2016) – La Coalition de 33 ONG pour le respect de la Constitution (CRC) condamne l’interdiction du meeting public du Rassemblement des forces politiques et sociales, la coupure du signal de RFI et le brouillage de Radio Okapi et arrestation et détention arbitraires de plusieurs militants de l’UDPS par les autorités à Kinshasa.

Le Gouvernement a maintenu l’interdiction du meeting public projeté par le Rassemblement des forces politiques et sociales à Kinshasa le 05 novembre 2016 en dépit des appels pressants lui lancés par les ONG et les Nations Unies. Il a déployé un important dispositif des éléments de la police et de l’armée notamment autour de la résidence de M. Etienne Tshisekedi, président du Rassemblement des forces politiques et sociales, du siège de l’UDPS, et sur le boulevard triomphal en face du stade de martyrs choisi par l’UDPS pour son meeting.

Tous les mouvements d’entrée et sortie à la résidence de M. Etienne Tshisekedi étaient interdits, quelques membres de l’UDPS y ont été arrêtés. Des gaz lacrymogènes ont été tirés par la police pour disperser les militants qui tentaient de s’y approcher. Plusieurs personnes ont été blessées dont M. Luyindula Mvulu. Sur le lieu du meeting, des policiers et militaires y ont joué de match de football sans arrêt jusque tard dans la soirée.

Tôt le matin du 05 novembre, le Gouvernement a fait couper le signal de  RFI à Kinshasa et Lubumbashi, et brouiller la Radio Okapi à Kinshasa.

La veille du meeting, la police a arrêté deux militants de l’UDPS à la résidence de M. M. Kabose sans mandat d’amener, ni de perquisition. Il s’agit de Tshienda Tshilunda et Héritier Bongalangu alias Mokato. M. Kabose a rapporté à la Coalition de 33 ONG que sa maison a été pillée, plusieurs de ses biens emportés dont 400 usd. Sa femme et ses enfants mineurs  qui avaient réclamé leurs téléphones ont été terrorisés. Qu’à la même occasion, la police a arrêté ses trois voisins non autrement identifiés. Les cinq personnes sont détenues au cachot du commissariat provincial de la police de Kinshasa. La police a annoncé « de les faire traduire devant le tribunal en flagrance le lundi 07 novembre 2016 ».

A Lubumbashi, le Maire de la Ville a interdit le meeting du Rassemblement des forces politiques et sociales prévu le 12 novembre 2016 au motif que « Le Gouvernement de la République a, par le biais du Vice Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur a pris la décision de suspendre toutes les manifestations publiques à caractère politique, et ce, sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo », affirme-t-il dans sa lettre no 1356/BUR.MAIRE/VILLE/L’SHI/2016 du 03 novembre 2016.

« Nous protestons contre ces actes qui constituent une atteinte au droit à la manifestion et réunion publiques, au droit à l’information, au droit à la sureté humaine, au droit à la propriété privée, à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et d’opinions, et à la liberté de mouvement », a déclaré Me Georges Kapiamba, Coordonnateur de la CRC.

« Le Gouvernement doit respecter ces droits fondamentaux garantis par la Constitution et les instruments juridiques internationaux ratifiés par la RDC », a-t-il conclu.

La CRC condamne l’interdiction du meeting du Rassemblement des forces politiques et sociales du 05 novembre à Kinshasa ainsi celui du 12 novembre à Lubumbashi, la coupure du signal de RFI et le brouillage de Radio Okapi, l’arrestation arbitraire notamment de membres de l’UDPS et la violation de domicile et l’extorsion de biens de M. Kabose.

Elle demande au Gouvernement, de lever la mesure d’interdiction générale des manifestations et réunions publiques à travers toute l’étendue de la RDC, de rétablir le signal de RFI et cesser le brouillage de Radio Okapi, faire libérer toutes les personnes arrêtées et restituer les biens de M. M. Kabose.

Elle recommande vivement, au Conseil de Sécurité des Nations Unies, partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RDC d’infliger des sanctions ciblées contre les responsables gouvernementaux qui ont ordonné ou encouragé les violations des droits de l’homme précitées.

SYC

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