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RDC : EBOLA, la mise à quarantaine devrait se faire dans le respect strict des droits humains

Publié le : 8 June, 2018 à 14 h 26 min


Mbandaka, le 8 juin 2018 – Human Rights Watch a rappelé au gouvernement congolais son devoir de protéger les droits humains dans ses efforts de contrôler l’épidémie à virus EBOLA. Dans un message publié sur son blog, cette organisation internationale indique que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques exige que les restrictions aux droits humains imposées au nom d’une crise ou d’une urgence de santé publique soient conformes aux exigences de légalité, de nécessité et de proportionnalité.

“Des restrictions telles que la mise en quarantaine ou l’isolement des personnes présentant des symptômes doivent, à tout le moins, être prévues et exécutées conformément à la loi. Elles doivent être absolument nécessaires pour atteindre un objectif légitime, de la manière la moins intrusive et restrictive possible, en se fondant sur des preuves scientifiques, et avec une mise en œuvre ni arbitraire ni discriminatoire, d’une durée limitée, dans le respect de la dignité humaine et avec la possibilité d’être réévaluées. Lorsque des mesures de quarantaine sont imposées, les gouvernements ont l’obligation absolue de garantir l’accès à la nourriture, à l’eau et aux soins de santé”, précise Human Rights Watch.

Des efforts de mobilisation sociale qui élargissent la sensibilisation contre la maladie Ebola et les appels en faveur de limites volontaires aux libertés de mouvement, associés à un soutien social – y compris sous la forme de soins à domicile et d’aide alimentaire – peuvent être aussi efficaces que des mesures restreignant les besoins spécifiques de groupes défavorisés.

A cet effet, Human Rights Watch estime que la RD Congo et ses partenaires internationaux devraient veiller à ce que les gens aient accès à l’information et aux soins de santé et ne devraient restreindre les libertés individuelles ou la liberté de mouvement qu’en cas d’absolue nécessité et dans le respect des protections prévues par le droit international des droits humains.

« Dans le cadre de l’obligation faite au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour la prophylaxie et le traitement des maladies épidémiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels considère comme une obligation fondamentale la fourniture de l’éducation et l’accès à l’information concernant les principaux problèmes de santé au sein de la communauté, notamment les moyens de les prévenir et de les contrôler »

Le gouvernement congolais et ses partenaires internationaux devraient renforcer leur soutien aux organisations investies dans la sensibilisation aux problématiques de santé publique.

Alors que les personnels de santé ont l’obligation éthique de prendre soin de leurs patients, même si cela implique certains risques, le gouvernement a quant à lui l’obligation de fournir aux personnels de santé et aux autres intervenants une formation adéquate sur le contrôle des infections.

Human Rights Watch recommande aux autorités congolaises, avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, de veiller à ce que les professionnels de santé et autres intervenants soient rapidement rémunérés et que des programmes de protection sociale soient mis en place à l’intention des familles de fonctionnaires ayant perdu la vie ou qui sont tombés malades dans le cadre de leurs efforts pour atténuer la crise.

Aussi, devraient – ils veiller à ce que les efforts de prévention prennent en compte la vulnérabilité spécifique des femmes, que celles-ci puissent obtenir des renseignements relatifs à la prévention et à la riposte contre l’épidémie.

Et d’insister : “Que tout obstacle à l’obtention des soins – notamment financiers et culturels – soit éliminé, et que les femmes soient associées à la réponse à la crise, que ce soit au niveau communautaire ou national”.

SYC